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Alep : l'Organisation des Nations Unies sert-elle encore à quelque chose ?

INVITÉS RTL - Béatrice Giblin, géographe et directrice de la revue "Hérodote" et François Nicoullaud,
ancien ambassadeur de France en Iran, livrent leur analyse sur la paralysie que l'on observe au sein de l'ONU face au drame humanitaire en Syrie.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, le 31 octobre 2016
Le Conseil de sécurité de l'ONU, le 31 octobre 2016
Bombardements à Alep : l'Organisation des Nations Unies sert-elle encore à quelque chose ?
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Alep : l'Organisation des Nations Unies sert-elle encore à quelque chose ?
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Yves Calvi & Philippe Peyre

Cela fait des mois que l'on voit des images d'Alep sous le feu des bombardements, des mois que l'on entend des témoignages de civils bouleversants. Mais pourtant, l'Organisation des nations unies (ONU) ne fait rien. Sert-elle encore à quelque chose ? "Elle sert à quelque chose quand les membres du conseil de sécurité, ceux qui prennent les décisions, sont d'accord et en particulier les cinq membres permanents qui ont le droit de veto", explique François Nicoullaud, ex-ambassadeur de France en Iran. Parmi ces membres permanents, deux pays majeurs : la Russie et États-Unis. "Quand les deux sont d'accord, l'ONU est efficace et elle peut agir. C'est une règle absolue. Quand ils ne sont pas d'accord, ça ne marche pas", indique François Nicoullaud. 



"Le problème c'est qu'ils souvent pas d'accord", note Béatrice Giblin, géographe et directrice de la revue Hérodote. "Dès que l'un des deux est engagé dans le conflit, il ne peut plus se régler", confirme-t-elle.  

Intervenir contre l'ONU ?

Face à cette paralysie de l'ONU, sommes-nous pour autant contraint d'assister à "la pire tragédie humanitaire du XXIème siècle", comme l'a qualifiée François Delattre, le représentant de la France au Conseil de sécurité mardi 13 décembre, sans que nous puissions rien y faire ? Pour Béatrice Giblin, la réponse est oui : "Puisqu'il faut que les permanents du Conseil de sécurité tombent d'accord", martèle-t-elle. Pour cette géographe, l'enjeu pour les nations unies se situe davantage dans la capacité à intervenir en amont : "Au fond, on sait qu'une fois qu'il y a un des trois grands membres qui est impliqué, les choses ne vont pas pouvoir se régler, particulièrement entre Russes et Américains. Il me semble que les capacités de l'ONU se situent dans les négociations antérieures", estime Béatrice Giblin.

Mais François Nicoullaud précise qu'il est toujours possible d'intervenir et ce, contre ou sans les nations unies. Il prend l'exemple de la dernière intervention en Irak en 2003 menée par Georges W. Bush : "Elle s'est faite sans l'accord des nations unies. Ça ne marche pas forcément comme on a pu le voir car cette intervention s'est soldée par un désastre", précise-t-il. "Sauf que ce n'était pas une intervention humanitaire en 2003", note Béatrice Giblin pour qui une intervention pourrait empirer le conflit : "On aurait peut être des réactions de la part de la Russie. On risquerait d'affronter une forme d'escalade où on ne sauverait personne et on aggraverait la situation". 

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