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Daesh, Aqmi... Quelles menaces terroristes au Sahel ?

ÉCLAIRAGE - Si l'État islamique a vu son Califat tomber en Syrie et en Irak après des années de combats, il continue d'attirer de nouveaux partisans qui lui prêtent allégeance. Notamment l'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS).

Un combattant de Daesh (illustration)
Crédit Image : DELIL SOULEIMAN / AFP

La menace terroriste islamiste est loin d'être vaincue. Très loin. Alors que la coalition internationale, menée par les États-Unis en Syrie et en Irak pour éliminer l'État islamique, crie victoire sur l'ennemi, ce dernier est pourtant loin d'être abattu. 

Si le Califat autoproclamé est en effet détruit sur place, l'idéologie attire toujours et l'organisation conserve une influence sur les autres jihadistes. D'autant qu'elle n'est pas anéantie militairement non plus, toujours présente au sud de Syrte, en Libye.

Au Sahel, alors que le G5 (avec la France) combat quotidiennement le terrorisme islamiste, les différents groupes se "tiennent la main" et vont "tout faire pour que le G5 Sahel ne s'installe pas". C'est le groupe qui se fait appeler "L'État islamique dans le Grand Sahara" (EIGS) qui l'a annoncé à l'AFP en début de semaine.

La menace Daesh

Ce groupe est dirigé par Adnan Abou Walid Sahraoui, qui était le chef des combats au Nord Mali en 2012. Sa branche a prêté allégeance à Daesh en 2015, et qui n'a été acceptée qu'en octobre 2016, comme l'explique à RTL.fr le journaliste à France 24 Wassim Nasr. C'est donc au nom de l'EI qu'il a revendiqué l'attaque contre un convoi de militaires français au Mali survenue le 11 janvier dernier.

La région du Sahel (en vert)
Crédit Image : Thibault Mazoufre / RTLNet

Son allégeance au groupe d'Abou Bakr al-Baghdadi marque la scission avec l'autre bras de l'organisation Al-Mourabitoun, dirigée par l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, depuis donné pour mort. En mars 2017, la fusion des quatre principales formations jihadistes est annoncée dans une vidéo : Ansar Dine, Qatiba Macina, Al-Mourabitoune et une branche malienne d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Iyad Ag Ghaly est le chef de cette nouvelle formation.

Ce regroupement se réunit sous le nom de "Nusrat al-Islam wal-Muslimin" ou "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans", comme l'explique Wassim Nasr.

Le Sahel dans le viseur d'al-Qaïda

Si les deux organisations se revendiquent de deux groupes différents, et opposés, la menace de Saharoui n'est pas à prendre à la légère.

Selon Wassim Nasr, auteur de L'État islamique, le fait accompli, si une "union n'est pas envisageable à cause des différences idéologiques tenaces" entre al-Qaïda et l'État islamique, "les relations personnelles entre les combattants peuvent éviter une confrontation directe entre les deux, ce qui les rend plus difficiles à traquer et plus dangereux".

Et la France est directement concernée par le danger. Dans un message audio partagé en septembre dernier, le chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri"menace la France d'Abidjan (Côte d'Ivoire) à Ouagadougou (Burkina Faso) jusqu'à l'Atlas et la Mauritanie". Il y consacre plus de la moitié du document. "C'est complètement nouveau", signale Wassim Nasr.

Boko Haram hors Sahel mais contre le G5

Si la menace n'est pas installée dans la zone du Sahel, les pays qui forment le G5 sont tout de même concernés par Boko Haram. Ces jihadistes, qui ont prêté allégeance à l'État islamique en mars 2015, sévissent dans la zone du Lac Tchad. 

Le lac Tchad
Crédit Image : Google Maps

En 2016, le chef Abubakar Shekau est écarté par Daesh de l'organisation rebaptisée État islamique en Afrique de l'Ouest. C'est Abou Mosab al-Barnaoui qui prend la tête du groupe. De son côté, Abubakar Shekau poursuit son entreprise jihadiste en devenant chef d'une faction qu'il rebaptise Boko Haram.

Sont donc concernés par cette menace : la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, qui forment le G5. La France est aussi engagée dans la lutte anti-terroriste sur place puisqu'elle vient en aide à ces pays.

En ce qui concerne l'établissement d'un nouveau Califatà la manière de celui établi en zone irako-syrienne par Daesh pendant 3 ans, "pas de risque de le voir naître au Sahel", selon Wassim Nasr.

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