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Air cocaïne : quatre Français condamnés pour trafic de drogue

Les quatre hommes, qui écopent de 20 ans de prison, clament leur innocence et dénoncent l'acharnement du procureur.

Pascal Fauret et Bruno Odos, les deux pilotes condamnés, le 4 février 2014 au tribunal de Higuey, en République Dominicaine (archive).
Pascal Fauret et Bruno Odos, les deux pilotes condamnés, le 4 février 2014 au tribunal de Higuey, en République Dominicaine (archive). Crédit : ERIKA SANTELICES / AFP
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et AFP

Trois des quatre condamnés français ont déjà annoncé qu'ils feront appel de cette décision. En République Dominicaine, la justice a condamné les quatre hommes, vendredi 14 août, à 20 ans de prison pour trafic de drogue. Dix Dominicains étaient également jugés et quatre d'entre eux ont été condamnés à des peines de 5 à 10 ans de prison.

L'affaire remonte à la nuit du 19 au 20 mars 2013, quand la police dominicaine, renseignée par les États-Unis, intercepte un Falcon 50 avec 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord, sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana. Pascal Fauret et Bruno Odos, pilotes d'avion, Nicolas Pisapia, passager, et Alain Castany, apporteur d'affaires (entremetteur lors d'opérations commerciales) ont été reconnus "coupables du crime d'association en vue de (...) posséder des drogues illicites", a lu la secrétaire du tribunal, à l'issue des délibérations qui ont duré 10 heures. Les quatre Français comparaissaient libres après 15 mois de détention provisoire dans un quartier de haute sécurité. Ils le resteront jusqu'à ce que la sentence soit définitive. Mais ils ne peuvent pas quitter le pays.

Les quatre accusés clament leur innocence

L'avocate des deux pilotes, Me Maria Elena Gratereaux, a annoncé qu'elle ferait appel, de même que Nicolas Pisapia. De son côté, Alain Castany a quitté la salle immédiatement après la lecture de la décision. Dans leurs plaidoiries, les avocats des quatre hommes ont tous demandé leur acquittement, alléguant que rien ne prouvait qu'ils savaient que de la drogue se trouvait à bord de l'avion. Mais, vendredi, le procureur Milciades Guzman a une nouvelle fois affirmé le contraire. Il assure que les valises contenant la drogue sont "arrivées par un trou percé dans le grillage (ceignant le tarmac) jusqu'à l'avion, en présence des pilotes".

Invités à s'exprimer une dernière fois devant leurs juges, les quatre Français ont chacun pris la parole vendredi. "Je veux simplement répéter une fois de plus que je suis innocent", a déclaré en espagnol Nicolas Pisapia, 40 ans, accusé par le procureur d'être le cerveau de l'opération. "Après deux ans, je n'ai entendu que des mensonges dans la bouche du ministère public", s'est défendu Alain Castany, 69 ans, qui travaillait avec la compagnie ayant affrété l'appareil. Bruno Odos, 55 ans, a affirmé vivre depuis 2013 un cauchemar, avant de répéter : "Je suis innocent de tout ce dont on m'accuse". Enfin, Pascal Fauret, 56 ans et père de quatre enfants, a évoqué "une triple catastrophe", professionnelle, économique et familiale.

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Le sénateur Olivier Cadic, représentant les Français établis hors de France, déplore la sentence dans un communiqué. Il critique "l'acharnement du procureur" et estime que "le ministère public n’a jamais pu démontrer l'implication ou la complicité" des quatre Français.

Un vol suspect dès décembre 2012

Dans la foulée de l'opération de police du 19 mars 2013, une quarantaine de personnes - agents des douanes, de la police et des services de sécurité aéroportuaires - avaient été arrêtées. La majorité d'entre elles ont été relâchées au fil des mois. En France, une enquête a également été ouverte après l'interception de l'avion en République Dominicaine. Dès janvier 2013, les gendarmes étaient sur la piste de "comportements suspects" de passagers d'un Falcon 50 ayant atterri un mois plus tôt à Saint-Tropez. Le 9 décembre 2012, un douanier en poste à Toulon, soupçonné aujourd'hui de complicité, était allé accueillir l'avion, avec à son bord Pascal Fauret, Bruno Odos et Nicolas Pisapia. Il avait fait entrer sur le tarmac deux véhicules, qui avaient emporté dix valises déchargées de l'appareil. Selon l'enquête, deux autres déchargements identiques avaient eu lieu en 2012. Un autre était prévu pour le 18 mars 2013. 

Depuis 2008, trois Françaises ont séjourné dans les geôles dominicaines, toutes affirmant que la drogue trouvée dans leurs bagages y avait été introduite à leur insu. Elles ont aujourd'hui recouvré la liberté, après parfois plusieurs années de détention. 

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