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Afghanistan : un attentat au camion piégé dévaste un quartier résidentiel à Kaboul

Un attentat au camion piégé perpétré le centre de Kaboul a fait au moins 15 morts et plus de 200 blessés vendredi, première attaque d'envergure dans la capitale afghane depuis la nomination du successeur du mollah Omar à la tête des talibans.

Un attentat à la voiture piégée a ravagé un quartier résidentiel de Kaboul dans la nuit du 6 au 7 août 2015
Un attentat à la voiture piégée a ravagé un quartier résidentiel de Kaboul dans la nuit du 6 au 7 août 2015
Crédit : AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Les témoins parlent d'une déflagration exceptionnelle, dans une ville pourtant habituée aux attentats. Au moins quinze personnes ont été tuées, et près de 240 autres ont été blessées, dans un attentat au camion piégé survenu tôt vendredi dans un quartier résidentiel de Kaboul, a-t-on appris auprès d'un porte-parole du président afghan Ashraf Ghani. 

Selon le Dr Wahidullah Mayar, porte-parole du ministère afghan de la Santé, de nombreuses victimes, dont des femmes et des enfants, ont dû être hospitalisées en raison des blessures provoquées par les éclats de verre des immeubles soufflés par l'explosion. 

Le bilan de l'attaque est passé dans la journée de vendredi de huit à 15 morts et plus de 240 blessés, "dont 47 femmes et 33 enfants", selon Sayed Zafar  Hashemi, un porte-parole du président afghan Ashraf Ghani, qui s'est lui-même rendu au chevet de blessés dans un hôpital géré par l'ONG italienne Emergency.

Appels au dons du sang pour soulager les hôpitaux

L'explosion, survenue vers 1h00 locale (20h30 GMT jeudi) dans un quartier résidentiel du sud-est de la capitale afghane, est due à "une voiture piégée", d'après le général Mohammed Ayoub Salangui, vice-ministre de l'Intérieur. "De nombreux enfants et femmes ont été tués et blessés. Les auteurs de cette attaque avaient l'intention de commettre un massacre", a jugé le général Abdul Rahman Rahimi, chef de la police de Kaboul. 

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L'explosion a détruit de nombreux immeubles d'habitation ainsi qu'un marché et creusé un énorme cratère d'environ dix mètres de profondeur non loin d'un bâtiment de l'armée, dans le quartier de Shah Shaheed, dans l'est de de Kaboul, selon des journalistes de l'AFP sur place. Des Afghans appelaient vendredi leurs compatriotes à donner leur sang pour soulager des hôpitaux débordés à la suite de cette attaque vivement condamnée par Ashraf Ghani.

L'attentat n'a pas été revendiqué par les talibans

En perpétrant un attentat-suicide dans un quartier d'habitation, les ennemis du peuple afghan ne récoltent que la honte", a-t-il déclaré, tandis que les enquêteurs de la police estimaient que le bâtiment militaire situé à proximité du lieu de l'attaque était en fait la cible des assaillants. 

Interrogé par l'AFP, Zabihullah Mojahid, porte-parole des rebelles talibans a dit ne pas être "au courant" de cette attaque, mais elle pourrait porter leur marque. Les rebelles talibans ont lancé une série d'attaques dans la journée de jeudi qui ont fait neuf morts à Kandahar (sud) et dans la province de Logar, à une centaine de kilomètres au sud de Kaboul. 

Les insurgés ne revendiquent généralement pas les attentats faisant des victimes civiles, même s'ils sont responsables de la plus grande partie des violences contre ces derniers, selon un rapport de la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) publié cette semaine.

Plus de 1.600 civils tués depuis le début de l'année

Dans le conflit qui ensanglante l'Afghanistan depuis la chute du régime des talibans en 2001, les civils payent le prix fort. La mission de l'ONU dans le pays (Unama) a révélé mercredi dans son rapport semestriel sur  le sujet que 1.592 civils avaient péri et 3.329 autres avaient été blessés dans des violences entre le 1er janvier et le 30 juin. 

C'est sans compter les victimes au sein de la police et de l'armée afghanes, qui doivent contenir seules une insurrection s'étendant désormais à la quasi-totalité de l'Afghanistan, et non plus au seul sud de ce pays. 

Les violences à Kaboul, Kandahar et dans le Logar constituent la première vague d'attaques d'envergure depuis la désignation du mollah Akhtar Mansour à la tête des talibans la semaine dernière, en remplacement de leur chef historique, le mollah Omar.

Les divisions des talibans au grand jour

La nomination du mollah Mansour a mis en lumière les déchirements internes qui traversent le mouvement taliban. Une frange de la rébellion, dont la famille du mollah Omar, a jugé expéditif le processus qui a mené à sa désignation et l'accuse d'être trop proche des autorités pakistanaises

Mais les talibans sont également impliqués dans des pourparlers de paix avec le gouvernement afghan, lancés début juillet au Pakistan et destinés à mettre fin au sanglant conflit qui endeuille l'Afghanistan. Pour faire face à l'insurrection, les forces de sécurité sont seules depuis décembre dernier et la fin de la mission de combat des troupes de l'Otan.

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