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Var : caché dans le confessionnal, le curé démasque celui qui pille la paroisse

Un curé du Var a décidé de planquer dans le confessionnal pour démasquer l'homme qui volait dans le tronc de l'église depuis des années.

Un prêtre dans une église (image d'illustration)
Un prêtre dans une église (image d'illustration) Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Des années de vol auront eu raison de sa patience. Excédé par des années de pillage d'un tronc de son église du Var, un curé a fini par planquer dans le confessionnal pour démasquer le coupable, puis l'a pris en filature pour le livrer à la police. "Ça faisait trois ans que quelqu'un pillait le tronc des cierges", raconte le père Hubert Blin, qui s'est transformé en véritable détective dans son église du Pradet, près de Toulon. "On avait un trou de près de 3.000 euros par an. Vous savez toutes les paroisses du monde fonctionnent avec les quêtes, les troncs, les dons pour les sacrements. En plus comme les temps sont difficiles...", explique le curé.

À bout de patience, il décide d'agir. "J'en ai eu assez. Les caméras amateurs, ça n'avait rien donné et nous n'avons pas les moyens de mettre de la vidéo-surveillance. Je me suis enfermé dans le confessionnal, le seul endroit où je peux voir et où l'on ne peut pas me voir. Ça a tout de suite marché", affirme-t-il. Les pillages se déroulaient toujours à l'heure du déjeuner, lorsque l'église est désertée. L'offensive se passe donc le 23 décembre. "Je me suis enfermé à 12h au confessionnal, quelques personnes sont venues faire des prières et l'homme est arrivé à 12h30".

Une technique qui rappelle celle de Bourvil

L'outil du voleur : "une languette en plastique avec une plaquette en plomb et du scotch double face puissant, le tout attaché à un fil de pêche". "C'est assez ingénieux, car une chicane à l'intérieur du tronc empêche en principe de remonter les pièces et les billets", note-t-il. La technique rappelle celle utilisée par Bourvil, dans le grand classique Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky, sur une entreprise familiale de pillage de troncs d'églises. "Je l'ai tancé vertement, je lui ai dit que c'était un voleur et je lui ai retiré un cinq euros encore collé à son système", précise le prêtre. Le voleur a sans doute un véritable "chapelet d'églises" où il opère, subodore-t-il.

Le pilleur, pris la main dans le tronc est mis dehors, mais le curé le suit discrètement tout en appelant la police, qui vient le cueillir. L'homme, qui s'est présenté comme un SDF de 67 ans, a été relâché le même jour par la police après confiscation de son outil de pêche. Il a assuré aux policiers qu'il s'était seulement livré à deux reprises à ce type d'activité. 

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