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Trois mois de prison avec sursis pour l'homme qui arrêtait les avions

Pierre-Emmanuel Neurohr a finalement écopé de trois mois de prison avec sursis et de 1.000 euros d'amende lundi devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Cet homme de 44 ans avait tenté d'empêcher deux avions de décoller à l'aéroport de Roissy. L'ancien employé de Greenpeace, devenu chômeur, dénonce la destruction du climat. "Dans quelques jours, je vais aller sur la piste de l’aéroport Charles-de-Gaulle pour bloquer la machine la plus destructrice qui soit en ce début de XXIe siècle. Vous êtes des génocidaires et serez dénoncés comme tels par l’Histoire et les générations futures. Et je vais me battre contre vous", avait-il prévenu sur le site du Parti de la Résistance dont il est le président-fondateur.

Des passagers en transit à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle en banlieue parisienne
Des passagers en transit à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle en banlieue parisienne Crédit : AFP/Archives, Fred Dufour
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La rédaction numérique de RTL
et Cindy Hubert

Deux actions coup sur coup

"On ne peut plus dire en 2012 'je suis écolo et je prends l'avion'", a dit Pierre-Emmanuel Neurohr, 44 ans, déterminé dans sa lutte contre le changement climatique. "Je ne veux pas me dire dans 50 ans 'je savais ce qui se passait et je n'ai rien fait'", a déclaré l'ancien salarié de Greenpeace aujourd'hui chômeur.

Le 6 juin, il a découpé la clôture de l'aéroport afin d'accéder aux pistes, puis il s'est placé devant un Airbus A320 pour l'empêcher de décoller. Interpellé, il a été mis en garde à vue puis a dit au juge des libertés et de la détention qu'il recommencerait le lendemain, ce qu'il a fait. Le 8 juin, il a donc enfreint le contrôle judiciaire qui lui interdisait de se rendre à Roissy, bloqué un nouvel avion, puis été interpellé à nouveau.

Pierre-Emmanuel Neurohr est aussi le président-fondateur du Parti de la Résistance. Il avait d'ailleurs rédigé un texte avant de passer à l'action à Roissy : "Je n’ai pas l’intention de faire une seule égratignure à la machine génocidaire que je veux arrêter, et je serai non-violent. Toute personne qui aurait recours à la violence aujourd’hui serait stupide et abjecte. Je vais me battre, de manière non-violente, parce que ma morale la plus basique ne me laisse pas le choix. Et aussi parce que je ne veux pas qu’il puisse être dit que le pays qui a vu naître Jean Moulin et Lucie Aubrac, que dans ce pays, aucun citoyen ne s’est battu contre le génocide qui commence sous nos yeux."

L'avion, car il n'y a "rien de plus polluant"

Il a été jugé lundi pour "entrave" à la navigation aérienne, "dégradation" et "intrusion dans une zone protégée". "Il faut interdire la machine avion", a-t-il dit au tribunal, affirmant qu'il n'y avait "rien de plus polluant". "Avec le problème du changement climatique, ce que je dis aujourd'hui va devenir demain une évidence pour beaucoup", a-t-il estimé.

"C'est au parlement de changer les lois", a rétorqué le président de la 14ème chambre du tribunal, Jean-Pierre Menabé. "Vos moyens de pression, vous les utilisez en infraction avec la loi", a ajouté le magistrat. Le tribunal a condamné le militant à 3 mois de prison avec sursis pour "entrave" et à 1.000 euros d'amende. Le parquet avait requis 3 mois de prison avec sursis avec mise à l'épreuve et l'interdiction de se présenter sur toute zone aéroportuaire. Il avait dénoncé "un comportement dangereux pour la sûreté aéroportuaire". Aéroports de Paris et Air France ne se sont pas constitués partie civile dans l'affaire.

"Je pense qu'il faut y retourner (bloquer les avions, ndlr), mais je ne sais pas si j'aurai le courage", a dit Pierre-Emmanuel Neurohr avant le jugement, rappelant qu'il risquait la prison ferme.

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Trois mois de prison avec sursis pour l'homme qui arrêtait les avions
Trois mois de prison avec sursis pour l'homme qui arrêtait les avions
Pierre-Emmanuel Neurohr a finalement écopé de trois mois de prison avec sursis et de 1.000 euros d'amende lundi devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Cet homme de 44 ans avait tenté d'empêcher deux avions de décoller à l'aéroport de Roissy. L'ancien employé de Greenpeace, devenu chômeur, dénonce la destruction du climat. "Dans quelques jours, je vais aller sur la piste de l’aéroport Charles-de-Gaulle pour bloquer la machine la plus destructrice qui soit en ce début de XXIe siècle. Vous êtes des génocidaires et serez dénoncés comme tels par l’Histoire et les générations futures. Et je vais me battre contre vous", avait-il prévenu sur le site du Parti de la Résistance dont il est le président-fondateur.
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2012-07-03 10:02:00
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