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Quand des professionnels sont payés pour flirter avec vous sur Tinder

Avec l'essor des applications de rencontre, s'est développé un nouveau business, celui des "assistants virtuels en matchmaking". Ces assistants sont payés pour flirter avec vous.

L'application Tinder (illustration)
L'application Tinder (illustration) Crédit : ISOPIX/SIPA
Éleonore de Marnhac
Éléonore De Marnhac
Journaliste

Que diriez-vous d'un Cyrano de Bergerac 2.0 pour flirter à votre place sur les applications de rencontre ? C'est ce que propose l'entreprise ViDA (Virtual Dating Assistants) qui offre ses services à des célibataires peu à l'aise ou qui n'ont pas le temps de chercher l'âme sœur sur les TinderBumble, et autres meetic

Pour 380 à 1.320 dollars par mois, vous pouvez payer des "Closers", chargés de faire la veille des profils pouvant vous intéresser et de discuter avec eux, et des "Profil Writers", ceux chargés de vous rédiger un profil attractif. La journaliste canadienne Chloe Rose Stuart-Ulin s'est plongée pendant plusieurs mois dans ce nouvel univers de la drague et raconte son expérience de "Closer" sur le site Quartz

Une formation de plusieurs semaines

N'importe qui ne peut pas endosser le rôle d'un client sur une application de rencontre. Pour pouvoir devenir "Closer", une formation de plusieurs semaines est nécessaire. Des "manuels de séduction en ligne" rédigés par le fondateur de ViDA, Scott Valdez, sont ainsi fournis aux "Closers" en devenir. Parmi les conseils de séduction : "les femmes veulent sortir avec des mâles alpha. Elles sont attirées par 'les chefs de meute' ". Selon lui, le "mâle alpha choisit. On ne le choisit pas." 

Une fois les manuels lus, le futur "Closer" doit répondre à de faux "match" avec son formateur. Et Chloe Rose Stuart-Ulin de raconter quelles furent ses erreurs pendant sa formation. "Mon erreur la plus fréquente était de poser des questions sur la carrière de la personne (...). 'Elle a l'air plus simple' me répondait mon formateur. Et mes questions sérieuses étaient remplacées par une conversation banale". 

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Une fois la formation terminée, le "Closer" peut prendre les identifiants du client et commencer à discuter en ligne avec ses matchs. Le "Closer" est ensuite payé à la commission, 1,75$ par numéro de téléphone obtenu. Un moyen de paiement qui pousse certains "Closers" à arrêter la conversation une fois le numéro de téléphone obtenu afin de maximiser leurs salaires. 

Un service pour des hommes de 30 ans avec une carrière

Le créateur de ViDA déclare avoir eu l'idée d'un assistant pour draguer en 2009, quand il n'avait pas assez de temps pour travailler et continuer de "matcher" en ligne. Un besoin qu'il n'était apparemment pas le seul à ressentir puisque l'entreprise compte aujourd'hui 80 employés et 2.500 clients. Et parmi eux, le client type est un homme âgé de 28 à 52 ans. La plupart d'entre eux ont des carrières prenantes et n'ont pas le temps de chercher l'amour sur des applications. "Et ViDA leur permet de déléguer cette partie de leur vie à des experts" explique le créateur de l'entreprise à Quartz.

Chloe Rose Stuart-Ulin a décidé d'arrêter l'expérience quand, faute de numéro de téléphones obtenus, le compte de son client a été donné à un autre "Closer". Ce dernier en a obtenus 7 en une nuit, sur des profils que la journaliste n'avait pas retenus. 

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