1 min de lecture Auto

L'Italie à vélo dépasse (presque) les autos

Qui l'eut cru dans un pays aux embouteillages légendaires ? Ces deux dernières années, les Italiens ont acheté plus de bicyclettes que de voitures, un phénomène dû à la crise, mais aussi à la prise de conscience qu'"une autre mobilité est possible". L'écart, encore symbolique en 2011 (moins de 2.000 unités d'écart), s'est sensiblement accru en 2012 : 1,606 million de vélos achetés contre 1,402 million de voitures.

Morgane Solignac Journaliste

La bicyclette plus résistante que la voiture

Avec un recul de 8,2% par rapport à 2011, les ventes de bicyclettes ont nettement mieux résisté à la crise que nombre d'autres secteurs, selon l'Ancma, la branche deux-roues du mouvement patronal Confindustria. A l'inverse, le secteur automobile s'est retrouvé pris dans ce que le bouillant patron de Fiat, Sergio Marchionne, qualifie de "Carmageddon", avec un effondrement des ventes de 20% en 2012.

La crise et une révolution

Des chiffres qui reflètent une crise du pouvoir d'achat après près de deux ans de forte récession, mais pas seulement, estime Giulietta Pagliaccio, présidente de la Fédération italienne des amis de la Bicyclette (Fiab)."La crise économique a eu des répercussions sur toute la vie des gens, y compris les déplacements. Mais c'est aussi une petite révolution en termes de style de vie. Nous rencontrons beaucoup de gens qui ont redécouvert ce moyen de locomotion, sa commodité, sa simplicité, sa rapidité pour les petits déplacements", affirme-t-elle.

Marquée par des décennies de lobby automobile appuyé, l'Italie est très en retard sur ses voisins en matière d'infrastructures publiques, surtout à Rome, ville "difficile", à la "politique de mobilité défaillante" et dans toute la partie méridionale en général, relève-t-elle. "Le pays est coupé en deux. Plus on va vers le sud, plus la situation est dramatique", déplore-t-elle.

Et pourtant, "les gens sont prêts à ce changement, même si bien sûr il y en a encore beaucoup qui ne réussissent pas à vivre sans auto, et iraient s'ils le pouvaient de la chambre à la cuisine en voiture. Les politiques en revanche sont très en retard, très craintifs, par peur de perdre des voix (...) sans vision urbaine à long terme", relève-t-elle.

Les politiques n'ont pas conscience de la valeur de la bicyclette

Piero Nigrelli, directeur du secteur cycles à l'Ancma, trouve lui aussi "désarmant (de voir) à quel point les politiques n'ont pas conscience de la valeur de la bicyclette". Il cite les 7 millions de cyclotouristes allemands, qui génèrent chaque année un chiffre d'affaires de 9 milliards d'euros. "En Italie, il suffirait de ressources modestes pour réaliser des pistes cyclables allant du nord au sud et d'est en ouest, et cela nous garantirait aussi la venue de touristes étrangers", relève-t-il. Pour l'heure, dans la patrie du Giro, la bicyclette demeure souvent perçue comme un équipement sportif et non comme un moyen de déplacement.

Un frémissement se fait cependant ressentir, notamment à Milan, où le système de bike-sharing "Bikemi", inspiré du Vélib parisien, est de plus en plus prisé, et où de nouvelles pistes cyclables sont en cours de réalisation. Dans la capitale économique italienne, plusieurs boutiques proposent des vélos spécialement conçus pour la vie urbaine, comme le modèle britannique Bromton, repliable en deux coups secs, et muni d'une poignée pour être traîné derrière soi comme une valise.

Lire la suite
Auto Italie Actu
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7761850498
L'Italie à vélo dépasse (presque) les autos
L'Italie à vélo dépasse (presque) les autos
Qui l'eut cru dans un pays aux embouteillages légendaires ? Ces deux dernières années, les Italiens ont acheté plus de bicyclettes que de voitures, un phénomène dû à la crise, mais aussi à la prise de conscience qu'"une autre mobilité est possible". L'écart, encore symbolique en 2011 (moins de 2.000 unités d'écart), s'est sensiblement accru en 2012 : 1,606 million de vélos achetés contre 1,402 million de voitures.
https://www.rtl.fr/actu/insolite/l-ialie-a-velo-depasse-presque-les-autos-7761850498
2013-05-31 04:00:00