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Coronavirus : aux Antilles, les carnavaliers défient les autorités

Si le défilé était autorisé en Guyane, il était interdit à Fort-de-France et Pointe-à-Pitre, mais les habitants ont parfois enfreint les règles.

Un véhicule de la gendarmerie française (illustration).
Un véhicule de la gendarmerie française (illustration). Crédit : DENIS CHARLET / AFP
Jérémy Billault et AFP

Chantant et dansant sous leurs déguisements, des habitants de Fort-de-France et Pointe-à-Pitre ont bravé cette semaine l'interdit de défiler lors du traditionnel carnaval pour cause de coronavirus, tandis qu'à Cayenne les habitants étaient enfin autorisés à défiler.

Les quatre jours gras clôturent toute la période carnavalesque aux Antilles et en Guyane.
Vêtues de rouge et de noir, près de 500 personnes ont défilé mardi soir dans les rues de Fort-de-France, dont les accès étaient pourtant fermés aux carnavaliers. Loup sur le nez mais sans masque sur la bouche, l'un d'eux confie à l'Agence France-Presse être venu "pour montrer aux autorités que ce n'est pas eux qui décident".

Ce carnaval est illégal. Chaque jour, depuis dimanche, ils sont des centaines à "courir le vidé". C'est ainsi que se nomment ces déambulations populaires traditionnelles. Coronavirus oblige, elles ont été interdites cette année. La ville a donc été fermée à la circulation tous les après-midis.

Échauffourées avec la gendarmerie

À la place, la mairie de Fort-de-France et plusieurs associations carnavalesques ont organisé un "carnaval autrement", dans l'enceinte du stade Pierre Aliker avec une jauge de 5.000 personnes par jour. Un événement rapidement boudé par le public au profit des carnavals illégaux.

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Mardi, plusieurs fourgons de gendarmerie avaient été positionnés devant les accès du centre de Fort-de-France pour empêcher le passage des carnavaliers, ce qui a donné lieu à quelques échauffourées, condamnées par le préfet.

Loin des heurts, les "vidés" ont continué. Chacun sait qu'il est dans l'illégalité et fuit les caméras, tenant à rester anonyme. "C'est notre tradition, notre carnaval c'est à nous. Leur stade ne nous intéresse pas !", déclare l'une des participantes, un peu à l'écart de la foule, tenant sa fille en bas âge par la main.

Au bord de la route, Juliette est sortie regarder le spectacle. À son âge, elle a déjà vu de nombreux carnavals. Celui-là la fait sourire: "on désobéit un petit peu. Nous sommes tellement habitués à notre carnaval et avec tous ces problèmes de Covid, les gens sont enfermés chez eux, ils sont brimés donc ils ont besoin de se défouler quand même".

À Pointe-à-Pitre, chef lieu de l'île de la Guadeloupe, une quarantaine de Guadeloupéens fêtaient eux-aussi mardi-gras au son d'un groupe de ka, la musique traditionnelle, dans une zone un peu isolée de la ville, bravant mardi soir l'interdiction des défilés.

"Le covid, on l'oublie"

"Plusieurs centaines de personnes", selon les médias locaux, s'étaient déjà rassemblées pour défiler lors du dimanche gras, provoquant l'ire de la préfecture qui a annoncé qu'elle allait lancer des poursuites. En Guyane, la préfecture avait interdit fin décembre les festivités carnavalesques, qui durent traditionnellement tout le mois de janvier et s'achèvent aux jours gras.

Cependant, comme la situation sanitaire s'est depuis améliorée, les services de l'État ont finalement autorisé les traditionnels défilés des jours gras en assouplissant les mesures, fournissant des masques et définissant des jauges.

Dans le cortège, les masques de singes étaient bien plus nombreux que les masques chirurgicaux préconisés. La plupart des participants l'avait baissé sur le menton, pour ceux qui le portaient. Quant à la jauge, "elle a parfois été dépassée", admet le sous-préfet Daniel Fermon, "mais ce cas de figure était prévu".

"Le covid, on l'oublie", crie un participant à travers son masque (de singe, pas chirurgical).
Pour Line, vêtue de rouge et cornes en plastique sur la tête, "c'est un soulagement de respecter la tradition, même si ce n'est qu'en partie". En effet, les dancings, autres composants du carnaval guyanais, restent fermés. La promiscuité qui plaît tant aux danseurs constituant un risque en cette période.

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