3 min de lecture Musique

Air au siège du Parti communiste ou quand l'électro s'invite dans une salle historique

NOUS Y ÉTIONS - Avec ses sonorités oniriques et futuristes, le duo versaillais a enchanté la voûte imaginée par Oscar Niemeyer au début des années 1970.

Les membres de Air subliment la scène du Parti communiste français le 26 juillet 2016 à Paris
Les membres de Air subliment la scène du Parti communiste français le 26 juillet 2016 à Paris Crédit : Cécile de Sèze / RTL.fr
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Quand l'architecture et la musique ne font plus qu'un. Ce n'est pas la Philharmonie de Paris, mais bien le siège du Parti communiste français, à Paris, qui a laissé sa robe historique au placard pour faire place aux douces notes poétiques et électroniques du groupe Air. Pour un concert très privé organisé par Arte (diffusé à la rentrée sur la chaîne), le duo français, accompagné de leurs deux musiciens, est venu enchanter la coupole qui trône place du Colonel-Fabien dans le 19e arrondissement. 

Rien à voir avec la politique, juste de la musique pour faire chanter cette voûte signée Oscar Niemeyer, l'un des grands architectes mondiaux, mort en 2012, faite de petits rectangles d'acier peints en blanc. Un décor parfait pour accueillir le spectacle lumineux offert par la mise en scène du groupe. La forme et la disposition de ces morceaux permettent des reflets de lumière de différents tons plus ou moins éclatants et participent au spectacle visuel qui s'est ouvert, mardi 26 juillet, sur les coups de 20h30.

Les petits rectangles d'acier d'Oscar Nemeyer
Les petits rectangles d'acier d'Oscar Nemeyer Crédit : Flickr / PRODamien Roué

Quand l'architecture moderne rencontre des notes futuristes

En entrant dans la salle de conférence historique, les spectateurs sont accueillis dans une ambiance bien différente des débats sur les acquis sociaux des ouvriers et des conférences de Robert Hue. Une lumière bleue tamisée offre au lieu une atmosphère onirique. Nous sommes prêts à rêver. Les chaises ont été retirées, les spectateurs se garent derrière les bureaux blancs disposés en rangées. Des tables sur lesquelles "il ne faut surtout pas s'asseoir car c'est ancien et fragile", prévient-on à l'entrée. 

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Les 200 privilégiés invités au concert ont presque tous respecté le dress-code : "portez du blanc". Du moins du clair. Et pour ceux qui n'auraient pas suivi la consigne, les organisateurs distribuent des tee-shirts gratuits, et oui "c'est communiste", plaisante-t-on. C'est bien ces seules rares références au contexte qui rappellent la réalité du lieu tellement la musique épouse les murs. C'est réciproque. L'architecture moderne colle avec les sonorités futuristes de Air.

Une salle en forme de sphère, comme une arène, qui permet une sonorisation impeccable. D'autant que sa taille profite à tous les spectateurs, qui même au fond, restent toujours proches des musiciens. 

Une expérience plus que musicale

Aux premiers sons, on comprend qu'il s'agira d'une véritable expérience, pas seulement musicale, mais sensorielle dans son ensemble. D'où le dress-code. Tous les musiciens sont entièrement vêtus de costumes immaculés, comme le public. Le rendu est superbe. Les lumières, froides, tièdes ou chaudes mais toujours tamisées, pouvaient ainsi se refléter partout. Parfois, la lumière est si puissante et transperce tellement les costumes blancs que Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, ainsi que leurs deux acolytes, disparaissent dans le décor pour laisser place aux instruments et remettre ainsi la musique à sa place, comme la seule star de la soirée.

Statiques, ces génies de la création n'ont pas l'air de profiter vraiment des particularités de la scène. Chacun à un coin respecte les limites de son espace et de son instrument. Tout est coordonné. Rien ne dépasse. Les différents tons de blancs qui se répondent et se confondent font oublier l'emblématique rouge du Parti communiste. La lutte a laissé sa place à l'art tandis que les titres cultes de Air, comme Sexy Boy, Venus, Alpha Beta Gaga, Highscool Lover ou Cherry Blossom Girl, s'enchaînent entre riffs de guitare, synthé puissants et déferlement de batterie. 

C'était la première fois qu'un groupe se produit pour un concert dans ce lieu d'exception qui a toutefois déjà servi à autre chose qu'à la politique. Alain Souchon y a tourné l'un de ses clips, Et si en plus y a personne, Prada ou encore Jean Paul Gaultier y ont fait défiler leurs créations, Michel Gondry y a posé sa caméra pour L'Écume des jours... Quelques scènes de la série Trepalium y ont été filmées. Après cette performance musicale et lumineuse, d'autres groupes pourront peut-être profiter de cette salle si particulière. 

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