1 min de lecture Faits divers

Ils achetaient des femmes en Serbie pour réaliser des cambriolages

Douze personnes ont été mises en examen en France après le démantèlement mardi d'un réseau international de cambrioleurs. D'abord achetées en Serbie à leurs familles par des criminels, elles ont ensuite été acheminées vers la France pour servir de cambrioleuses et dévaliser par centaines des résidences principales et secondaires. Le réseau a été démantelé dans la banlieue lilloise en début de semaine.

Un "mercato " des voleuses

En majorité Tziganes serbes, ces personnes ont été mises en examen notamment pour traite des êtres humains en bande organisée et vol ou tentative de vol en bande organisée, a indiqué au cours d'une conférence de presse Virginie Girard, vice-procureur de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lille, en charge de l'enquête. Huit d'entre elles ont fait l'objet de mandats de dépôt.
  
L'enquête, qui a commencé début 2012 dans la région lilloise, a permis de mettre en évidence une organisation criminelle internationale axée autour d'un clan qui achetait et hébergeait des jeunes femmes -toutes majeures- en vue de cambriolages.
  
"Les voleuses de premier niveau étaient achetées à la famille, en Serbie, dans le cadre d'un pseudo-mariage. Elles étaient revendues ensuite pour former d'autres équipes", a expliqué le lieutenant-colonel Eric Matyn, commandant de la section de recherches de Lille de la gendarmerie nationale.

"Il y avait une sorte de mercato de voleuses, avec une évolution des prix: si la voleuse était moins bonne, c'était 40.000 euros. L'agent traitant suivant pouvait monter jusqu'à 70.000 euros si elle avait réalisé les objectifs qui lui avaient été assignés", a-t-il détaillé.
 
De la petite voleuse au tournevis jusqu'au receleur

"Si la voleuse était repérée, le clan la reprenait et la mettait pendant deux ou trois mois à l'abri dans une maison dédiée, avant d'être remise dans le circuit ou revendue", a-t-il précisé, parlant d'un "réseau très structuré de professionnels".
  
Certaines de ces jeunes femmes subissaient des violences physiques et leur passeport était confisqué. Seize personnes avaient été arrêtées mardi -douze en France, en régions lilloise et parisienne, trois en Belgique et une en Allemagne- et trois autres font l'objet d'un mandat d'arrêt européen.
  
"On est allé de la petite voleuse avec son tournevis jusqu'au receleur", un Belge d'origine géorgienne interpellé à Anvers, en Belgique, a expliqué le lieutenant-colonel Matyn.

Les cambrioleurs agissaient dans toute la France, mais aussi en Allemagne et en Belgique en s'appuyant sur "une diaspora linguistique -ils parlent romani", a-t-il expliqué. "Ils ont déjà eu maille à partir avec la justice belge et ils sont venus à Lille pour remonter leur réseau", a-t-il ajouté.

Un important butin a été saisi: plus de 200 montres de luxe, 14 kilos d'or -composés essentiellement de bijoux-, des objets de luxe, 40.000 euros en liquide, représentant un préjudice de plusieurs centaines de milliers d'euros rien que pour la France. Des véhicules de grosses cylindrées, achetés avec l'argent des méfaits, ont également été confisqués.

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