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Grèce : lourdes pertes à venir pour les banques créancières

Les banques créancières de la Grèce vont devoir se préparer à des pertes beaucoup plus importantes que prévu, d'au moins 50%. L'objectif est simple : espérer sauver de la faillite le pays qui dans l'immédiat a obtenu vendredi la promesse d'un prêt international crucial après l'adoption de mesures d'austérité draconiennes. Réunis à Bruxelles, les ministres ont de facto entériné les conclusions d'un rapport peu encourageant qui leur a été remis par les experts de la "troïka" des bailleurs de fonds de la Grèce (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Ce document estime en effet que les banques créancières de la Grèce devront effacer au moins la moitié de la dette du pays pour ne pas avoir à accroître considérablement le montant des prêts promis au pays par ses bailleurs de fonds. C'est que l'on appelle une décote.

La décote, mauvaise nouvelle pour les créanciers

Une "décote" est le terme financier employé à propos de la dépréciation de la valeur des prêts contractés par des créanciers, dans ce cas les banques privées et fonds d'investissements qui détiennent de la dette publique grecque.

Les ministres de la zone euro se sont concrètement entendus pour négocier avec les banques une décote d'au moins 50%, contre un objectif de 21% décidé le 21 juillet avec le secteur bancaire.
  
Avec une décote de 50% du secteur privé, le deuxième programme de soutien financier public promis le 21 juillet à la Grèce devrait toutefois être encore légèrement revu à la hausse avec des prêts publics (Europe et FMI) de 114 milliards d'euros, contre 109 milliards d'euros programmés à l'époque.

Pour maintenir l'enveloppe de 109 milliards d'euros inchangée, il faudrait porter la décote à 60%, selon les calculs des experts.

En tout état de cause le deuxième plan de sauvetage de fin juillet, venant après le premier d'un montant de 110 milliards d'euros décidé au printemps 2010, va devoir être réaménagé.

Un nouveau volet d'aide débloqué


Réunis à Bruxelles pour préparer le premier sommet européen de dimanche, les ministres des Finances des 17 pays de l'Union monétaire ont d'abord donné leur accord pour débloquer la sixième tranche du prêt pour la Grèce - 8 milliards d'euros - tiré du premier plan de sauvetage au pays décidé au printemps 2010. Ce plan s'élève à 110 milliards d'euros au total.
  
L'enveloppe est co-financée par les Européens, à hauteur de 5,8 milliards d'euros, et le Fonds monétaire international (FMI) qui doit encore donner son aval. Ce versement, resté pendant longtemps en suspens, est prévu dans la première quinzaine de novembre et permettra à Athènes de ne pas se retrouver en cessation de paiement dans l'immédiat.

L'institution de Washington devrait rendre un avis positif début novembre. Sa directrice, la Française Christine Lagarde, va faire une recommandation en ce sens, selon une source proche du dossier.

Il ne s'agit toutefois que d'une avancée minime compte tenu de l'ampleur des difficultés de la Grèce.

Les pays de la zone euro planchent en parallèle sur un chantier beaucoup plus vaste : une participation nettement plus importante que prévu des banques dans le cadre du second plan d'aide à la Grèce, décidé dans son principe en juillet et portant sur des prêts publics de 109 milliards d'euros.

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