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Gérard Longuet : "20.000 dossiers de soldats examinés au cours de l'enquête"

VIDEO - Le ministre de la Défense répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Gérard Longuet a indiqué qu'au cours de l'enquête sur les tueries de Toulouse et Montauban, 20.000 dossiers de soldats avaient été examinés. "Nous avons regardé 20.000 dossiers de soldats", a-t-il dit sur RTL. "La première idée était : peut-être une vengeance, peut-être une rancune". "Les informations liées au jihad ont été également épluchées. C'est le croisement des informations liées à ce que nous pouvons connaître et le travail d'examen des fichiers des adresses Internet des interlocuteurs de la première victime qui a permis de se rapprocher", selon lui. Des morts auraient-ils pu être évités ? "Je ne le pense pas, sauf à transformer la France en Etat policier", a répondu le ministre.

Gérard Longuet sur RTL le 21 mars 2012
Gérard Longuet sur RTL le 21 mars 2012 Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Gérard Longuet.

Gérard Longuet : Bonjour.

L'auteur présumé des sept assassinats survenus à Toulouse et Montauban, est donc traqué par le RAID depuis 3 heures ce matin. Disposez-vous de dernières informations, Gérard Longuet ?

Les mêmes que les vôtres !

 Rien de plus ?
L'opération n'est pas terminée.

L'opération n'est pas terminée.

Les mêmes que les vôtres. Peut-être une réflexion : fierté et modestie.
- Fierté  parce qu'il y a un très bon travail des services de Police.
- Modestie parce qu'il y a eu des morts et on se pose toujours la question de savoir qu'est-ce qui aurait pu être évité ?

On aurait pu éviter certains morts ?

Je ne le pense pas, sauf à transformer la France en un Etat policier. Je ne le pense pas.

Ce jeune homme a un profil particulier. Il aurait séjourné, à une ou plusieurs reprises, à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan. Il a 24 ans. Il est de nationalité française. Il a été repéré, vous le confirmez, par les Services secrets ?

C'est exactement ce que je voulais dire en disant : nous n'avons pas un Etat policier. Nous essayons de nous informer. Vous savez qu'il y a à l'extérieur, des Services qui dépendent du ministère de la Défense qui regarde ce que font les Français à l'étranger ; et il y a à l'intérieur, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, dont je voudrai saluer l'engagement et l'efficacité, un Service qui suit.

Mais nous sommes dans un Etat de droit. Un Français n'est pas, à première vue , "coupable".

Le premier meurtre a eu lieu le 11 mars, à Toulouse. Et ce jeune homme n'a pas fait l'objet d'une filature, d'une surveillance plus resserrée quand on a compris que le militaire tué avait participé à des opérations en Afghanistan ?

Non.

Il n'y a pas eu de...

Le Maréchal des Logis, Imad Ibn Ziaten  n'avait pas participé à des opérations en Afghanistan ; c'était un parachutiste de qualité mais qui n'était pas particulièrement exposé.

Les deux autres, à Montauban, avaient participé aux opérations en Afghanistan ?

Les services de l'un avaient été, il y a quatre ans, en Afghanistan, dans une opération parfaitement civile. Mais dans un premier temps, nous avons cru ; et surtout au soir de Montauban, j'étais avec les soldats du 17ème Régiment du Génie que c'était l'Armée qui était en quelque sorte... Et très rapidement, on s'est rendu compte, hélas, que ce n'était pas seulement l'Armée mais c'était la société française qui faisait l'objet d'un défi.  Et ce défi ? La société française a réagi ; je voudrais m'incliner devant les morts, qui sont sept morts de trop.

Le suspect avait pris contact par Internet avec sa première victime, le premier Militaire assassiné à Toulouse, le 11 mars, puisque lui-même voulait vendre une moto ; et il semble que parmi les éléments qui ont permis l'identification du Suspect figure l'adresse ip, puisque cette adresse informatique...

... C'est exact.

... était celle du frère du suspect, c'est ça ?

C'est, en effet, l'information qui a été donnée, notamment par le Parquet qui a la responsabilité de l'enquête judiciaire.
En fait, l'élément  déclenchant a été le jeudi soir de l'assassinat de Montauban, la découverte par les services de Police judiciaire de l'identité de l'arme, entre celle qui avait frappé à Toulouse et celle qui avait frappé à Montauban. Et à cet instant, s'est déclenché un énorme effort de mobilisation. Près de 200 enquêteurs qui ont fait un travail... Nous avons regardé 20.000 dossiers de soldats.

Vous savez que la première idée était de se dire : peut-être un règlement de compte ? Peut-être une rancune ? Peut-être une... ? Voilà. Et nous avons examiné 20.000 dossiers ; c'était en perte de temps ; mais c'est le devoir de criblage de l'ensemble des informations. Les informations liées au Jihad ont été également épluchées. C'est le croisement des informations liées à ceux que nous pouvons connaître et au travail d'examen des fichiers des adresses Internet des interlocuteurs de la première victime du Maréchal des Logis-Chef qui ont permis de se rapprocher de ...

... Mais là aussi, il a fallu beaucoup de jours visiblement pour identifier l'adresse informatique ?
 
Non. Il faut du temps ; mais ça a été fait au plus vite ; au plus vite. C'est hélas toujours trop lent.

La surveillance des personnes qui vont en Afghanistan, qui reviennent ensuite en France, doit-elle être plus sérieuse, renforcée après cet épisode ?

Alors, elles ne vont pas en Afghanistan ; elles vont au Pakistan...

... Ou au Pakistan, oui. A la frontière.

Elles sont naturellement... Elles font l'objet de suivis. Cette personne, manifestement, ne s'était en rien signalée d'une façon ou d'une autre.

Pensez-vous qu'il faille procéder différemment dorénavant vis-à-vis de ces personnes-là, Gérard Longuet ?

C'est la question de l'Etat de droit. Nous pouvons, en effet, considérer chaque Français comme suspect. Ce n'est pas notre culture, peut-être faut-il être plus exigeant pour tous ceux qui sont à l'extérieur. Je souhaiterais à ce moment-là que nous soyons appuyés par l'ensemble des consciences éclairées du pays.

Vous serez tout à l'heure... On verra sans doute... Y aura-t-il un débat à propos de toutes ces questions que soulève cette affaire dramatique ?

Je vais vous dire. C'est un débat très légitime. La République a le devoir de se défendre et  a le devoir de respecter un Etat de droit.

 Et il faut trouver le bon équilibre ?

Et il faut trouver le bon équilibre.

Vous serez tout à l'heure, Gérard Longuet, au côté du Président de la République à Montauban, où se déroulera la cérémonie d'hommage aux trois militaires assassinés. Cinq candidats à l'élection présidentielle ont également décidé de participer à cette cérémonie : François Hollande, Marine Le Pen, François Bayrou, Eva Joly et Nicolas Dupont-Aignan. Ceci vous paraît-il normal ; ou ceci vous gêne-t-il, Gérard Longuet ?

Je veux dire, l'Armée est très sensible au fait que des personnalités s'intéressent à elle. Et si elles peuvent s'y intéresser durablement et utilement, nous n'en serons que plus heureux, nous les militaires.

Gérard Longuet, ministre de la Défense, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.

2012 et vous

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VIDEO - Le ministre de la Défense répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Gérard Longuet a indiqué qu'au cours de l'enquête sur les tueries de Toulouse et Montauban, 20.000 dossiers de soldats avaient été examinés. "Nous avons regardé 20.000 dossiers de soldats", a-t-il dit sur RTL. "La première idée était : peut-être une vengeance, peut-être une rancune". "Les informations liées au jihad ont été également épluchées. C'est le croisement des informations liées à ce que nous pouvons connaître et le travail d'examen des fichiers des adresses Internet des interlocuteurs de la première victime qui a permis de se rapprocher", selon lui. Des morts auraient-ils pu être évités ? "Je ne le pense pas, sauf à transformer la France en Etat policier", a répondu le ministre.
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2012-03-21 09:42:00
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