1 min de lecture Silvio Berlusconi

Clooney et Cristiano Ronaldo témoins au procès de Berlusconi

Du bon monde pour le défendre de son "bunga bunga". L'acteur américain George Clooney et le footballeur portugais Cristiano Ronaldo seront appelés à témoigner en défense de l'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi dans le procès Rubygate pour prostitution de mineure et abus de fonction, a annoncé le tribunal de Milan mercredi.

Silvio Berlusconi
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La rédaction numérique de RTL

Au total, la Cour a accepté 78 témoins pour la défense du magnat milliardaire et 136 témoins pour l'accusation, dont 32 jeunes femmes qui auraient participé à des fêtes osées dans les résidences du Cavaliere. Pendant le procès, elle peut toutefois décider selon l'avancée des débats qu'il n'est pas nécessaire de les convoquer tous.

La venue des "people" à ce procès était prévue par la défense de l'ex-chef d'Etat italien. Ainsi, en mars dernier,
un avocat du cabinet Ghedini-Longo annonçait : "Nous avons proposé comme témoins, entre autres, George Clooney mais aussi les ministres Franco Frattini (des Affaires étrangères, ndlr), Mara Carfagna (de l'Egalité des chances, ndlr) ou Maria Stella Gelmini (de l'Education, ndlr)".

"L'affaire du RubyGate"

Jugé "peu crédible" ces dernières semaines par plusieurs hauts dirigeants, Silvio Berlusconi est par ailleurs le premier président du Conseil en exercice à être poursuivi par la justice. Accusé entre autres de corruption et d'évasion fiscale, il a toujours refusé de se démettre de ses fonctions pour assurer sa défense, une situation impensable dans les pays du nord de l'Europe.

Plus embarrassant encore, il est poursuivi pour prostitution de mineure et abus de pouvoir, pour des relations sexuelles présumées avec une Marocaine surnommée "Ruby la voleuse de coeurs", mineure au moment des faits.

Diaporama Ruby

Fin de l'immunité mais...

Depuis qu'il a quitté son poste de Premier ministre, Silvio Berlusconi est privé de certains avantages liés à sa fonction et ne peut compter que sur son immunité de député pour affronter ses procès.
 
Mais, une loi adoptée lors du précédent gouvernement Berlusconi (2001-2006) rend exceptionnelle l'incarcération des plus de 70 ans, n'envoyant en prison que ceux ayant commis des crimes de sang, mafieux ou liés au trafic de drogue. Elle devrait permettre au Cavaliere d'éviter le sort de l'un de ses prédécesseurs, Bettino Craxi, qui dut s'exiler jusqu'à sa mort en Tunisie pour échapper aux prisons italiennes.

***Retour sur la vie extraordinaire du Cavaliere


Un sens aigu des affaires


Né le 29 septembre 1936 dans une famille de la petite bourgeoisie milanaise, il a hérité de son père, employé de banque, un sens aigu des affaires qu'il a démontré dès l'adolescence en monnayant son aide à ses camarades de classe, selon ses propres récits.

Intelligent et imaginatif, il est aussi doté d'un ego sans pareil, avouant un complexe de supériorité. Son orgueil a d'ailleurs pris un coup le 23 octobre lorsque le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont échangé en public des sourires moqueurs à ses dépens. Une humiliation pour celui qui se présente comme "le meilleur président du Conseil de l'Histoire de l'Italie".

Jeune homme, Silvio Berlusconi travaille comme animateur de boîtes de nuit et sur des bateaux de croisière, chantant et racontant des histoires drôles. Vendeur d'aspirateurs à la fin des années 50, il obtient en 1961 une licence en droit, puis emprunte de l'argent à la banque de son père pour fonder les "Chantiers milanais réunis".

Immobilier, médias, football

Commence une irrésistible ascension à partir de l'immobilier qui déclenche des interrogations sur l'origine de sa fortune, à propos de laquelle il est toujours resté flou. La holding familiale Fininvest comprend de nombreuses sociétés, dont trois chaînes de télévision, la maison d'édition Mondadori et le club de football Milan AC.

Elle a permis à Silvio Berlusconi d'occuper pendant dix ans le premier rang des grandes fortunes en Italie avant que les aléas boursiers ne le fassent un peu reculer, mais toujours dans les cinq premiers. En 1994, le Cavaliere (titre honorifique décerné par le président en reconnaissance de son travail) se lance dans la politique. En quelques semaines, il monte Forza Italia (Allez l'Italie!), parti formé essentiellement de cadres de la Fininvest.

Un parcours politique chaotique

Allié aux néo-fascistes du Mouvement social italien (MSI) de Gianfranco Fini et aux populistes de la Ligue du Nord d'Umberto Bossi, il remporte les élections d'avril 1994. Lâché par ces derniers, son gouvernement s'écroule après sept mois.  En 2001, il reconquiert le poste de chef du gouvernement qu'il occupera jusqu'en avril 2006, une durée sans précédent dans l'après-guerre.

Usé par ces cinq années de pouvoir, il est battu d'extrême justesse aux législatives par son éternel rival à gauche, Romano Prodi, qui se montre incapable de garder sa coalition unie, permettant à M. Berlusconi une revanche éclatante deux ans plus tard, en 2008, et un troisième poste de chef du gouvernement.

Ancien vendeur d'aspirateurs, chanteur et animateur de boîtes de nuit, il a dévoilé ses tourments amoureux dans une série de chansons en vente chez tous les disquaires de la péninsule et a confié à ses compatriotes avoir eu recours à des liftings.

Tout récemment, il laissait son médecin personnel faire quelques confidences sur ses prouesses sexuelles supposées, malgré un cancer de la prostate et son âge avancé.

Des déclarations toujours plus douteuses

Ses écarts de langage, gaffes et autres dérapages sont légion. Le 26 septembre 2001: quinze jours après les attentats aux Etats-Unis, il estime qu'"on ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscient de notre suprématie, de la supériorité de la civilisation occidentale" 
 
En mars 2006: il assure que la Chine de Mao faisait "bouillir des enfants pour servir d'engrais dans les champs" . En mai 2007: il traite les abstentionnistes en Sicile d'"handicapés mentaux" 
 
En novembre 2008, en visite officielle à Moscou, Silvio Berlusconi qualifie Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, de "jeune, beau et même bronzé".

En avril 2009, il conseille aux rescapés du tremblement de terre de l'Aquila, hébergés provisoirement sous des tentes, de "prendre ça comme un week-end de camping".

En novembre 2010, aux prises avec un scandale sexuel impliquant une mineure, Ruby, il déclare qu'"il vaut mieux avoir la passion des belles femmes qu'être gay" .

En février 2011, il déclare qu'il "ne veut pas déranger" son ancien allié Mouammar Kadhafi, en train de réprimer violemment les premiers mouvements de contestation en Libye...

Pendant longtemps, ses sorties d'un goût douteux -il est difficile de lutter contre le viol "car il y a trop de belles filles italiennes"...-, son goût assumé pour les très jeunes femmes - son nom est désormais associé au "bunga-bunga", nom donné à un jeu érotique qu'il aurait pratiqué dans des soirées torrides dans ses villas - n'ont pas entamé sa popularité.

Mais elles ne faisaient plus rire les Italiens. Selon les derniers sondages, sa cote de popularité avait chuté à 22%. Symbole du malaise, en décembre 2009, un déséquilibré lui jette une reproduction de la cathédrale de Milan en plein visage, lui fracturant le nez et deux dents.



Les plus belles sorties de Berlusconi en vidéos, c'est par ici :


Quand Silvio pousse la chansonnette, en français, avec la chanson "Pigalle"



Silvio et les femmes, florilège :



Silvio, ou la "classe incarnée"



Le "Top 10" de Silvio Berlusconi :



Quand Berlusconi parle football, en français, après un Milan AC - Man Utd en C1 :



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