4 min de lecture Voiture autonome

VIDÉO - Uber propose désormais des taxis sans chauffeur à Pittsburgh

Les clients les plus fidèles du géant des VTC peuvent commander sur leur smartphone l'une des quatre Ford équipées de lasers, caméras et capteurs qui sillonnent la ville de Pennsylvanie.

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Uber Passengers Testing Self-Driving Cars
Benjamin Hue
Benjamin Hue
et AFP

C'est une première qui pourrait faire des petits dans tous les États-Unis. Un signe de plus que la révolution des transports est en marche. Après deux années de préparation, le leader américain du transport de particuliers, Uber, a lancé mercredi 14 septembre à Pittsburgh (Pennsylvanie) un service de location de véhicule sans conducteur. En l'état, seule une petite flotte de quatre véhicules, bardés de lasers, de caméras et de capteurs leur permettant de s'orienter dans un environnement urbain, va prendre à son bord des clients fidèles du service dans cette ville de 2,6 millions d'habitants de la côte est des États-Unis. 

Certes, le passager ne sera pas seul. Dans un premier temps, un technicien sera assis à la place du conducteur, sans toucher le volant, à côté d'un second observant le comportement du véhicule. Mais l'entreprise espère très vite passer à un seul technicien embarqué. Lors d'une démonstration à la presse mardi, un journaliste de l'AFP a pu constater que les véhicules trouvaient leur chemin sans grande difficulté, dans une ville où il n'est pas simple de circuler.

Avec ses collines escarpées, ses vieilles rues étroites et ses autoroutes en pagaille, Pittsburgh déroule un terrain autrement plus signifiant pour un test que la cité-État de Singapour, où la start-up nuTonomy a coiffé Uber au poteau en lançant en août un service embryonnaire de taxis autonomes dans une petite partie facilement navigable de l'archipel.

Ce lancement est l'aboutissement de deux années d'entraînement sur les routes de Pennsylvanie pour les voitures autonomes d'Uber. Une douzaine de Ford hybrides, reconnaissables à la machinerie perchée sur le toit du véhicule, devraient rapidement venir gonfler la flotte des quatre véhicules pionniers. Dans un avenir proche, Uber veut aussi utiliser une flotte du suédois Volvo, qui incarne mieux qu'aucune autre marque l'image de sécurité sur la route. Les deux entreprises travaillent d'arrache-pied dans l'ancienne capitale mondiale de l'acier.

Tous les constructeurs sont sur les rangs

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Les voitures autonomes sont l'un des secteurs les plus en pointe dans la recherche automobile, les constructeurs rivalisant d'annonces pour présenter des voitures capables de se conduire et de se diriger toutes seules. L'américain Ford ou l'allemand BMW se sont récemment fixé l'objectif d'une production en série en 2021. L'américain Tesla commercialise lui déjà une berline, la "Model S", avec des équipements très avancés en la matière, toutefois en question après un accident mortel en Floride. Il ambitionne aussi à plus long terme de créer un réseau de voitures autonomes utilisable à la demande. 

Outre les constructeurs traditionnels, des géants de l'internet comme Alphabet (Google) ou Apple sont également sur les rangs. Sa capacité à collecter et exploiter les quantités faramineuses de données sur les routes et les conditions de circulation accumulées par les chauffeurs de son service traditionnel au long de milliards de kilomètres parcourus ont donné à Uber un avantage déterminant sur ses concurrents. "Nous avons l'un des groupes les plus puissants du monde en terme d'ingénierie de conduite autonome, tout comme l'expérience tirée de la gestion d'un réseau de covoiturage et de livraisons dans des centaines de villes", a souligné mercredi dans un blog Travis Kalanick, fondateur d'Uber.

Augmenter les profits et réduire la mortalité sur les routes

La voiture autonome correspond mal à l'image que l'on se fait d'Uber, un service basé sur une application téléchargeable sur le téléphone portable qui a permis à des millions de conducteurs de gagner de l'argent en "faisant le taxi" sans avoir besoin d'investir dans une coûteuse licence. La corporation se bat d'ailleurs pied-à-pied pour endiguer Uber. Mais le test de Pittsburgh laisse penser que le but ultime est de créer une flotte de taxis sans chauffeur du tout

"La conduite autonome est au coeur de la mission d'Uber", estime Anthony Levandowski, vice-président chargé de l'ingénierie chez Uber. Cela reste un objectif lointain, s'empressent de préciser les responsables de l'entreprise. Ils envisagent une cohabitation entre voitures classiques et autonomes pendant encore longtemps.

Pour Travis Kalanick, le but ultime c'est de faire en sorte que les routes soient plus sûres. "Nous savons que les Ubers autonomes ont un potentiel énorme pour accomplir notre mission et améliorer la société: réduire le nombre d'accidents de la route, qui tuent 1,3 million de personnes par an, libérer 20% de l'espace urbain mangé par les places de stationnement pour des milliards de voitures et réduire les embouteillages qui font perdre des milliers de milliards d'heures par an", a-t-il affirmé. Pour l'heure, Uber affirme que ses voitures autonomes n'ont pas eu d'accident. Mais l'entreprise a formé ses techniciens-accompagnateurs à cette éventualité. Elle leur paraît inéluctable.

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