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Un smartphone ou une application ne peuvent pas protéger les échanges de photos dénudées

Une marque japonaise a commercialisé un smartphone à la pointe du contrôle parental qui promet de supprimer automatiquement les photos et vidéos dénudées. Des applications proposent des protections pour les échanges privés. Mais toutes ces solutions sont facilement contournables.

Une femme utilise son smartphone (illustration).
Une femme utilise son smartphone (illustration). Crédit : Daria Nepriakhina
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Comme un clin d’œil à l'affaire qui bouscule la scène politique française depuis une semaine, une marque japonaise a commercialisé le 14 février dernier un smartphone qui empêche son propriétaire d'envoyer des photos dénudées. Vendu l'équivalent de 200 euros dans l'archipel nippon, le Tone e20 est destiné aux adolescents. Il comprend pour cela des fonctionnalités logicielles de contrôle parental avancées. 

Le mobile est notamment équipé d'une intelligence artificielle qui fonctionne avec l'appareil photo. Chaque photo ou vidéo capturée par l'utilisateur est analysée par le logiciel qui annule leur enregistrement dans la bibliothèque de l'appareil s'il détecte de la nudité. Ce filtre intelligent peut aussi être associé à une fonction pour prévenir les parents lorsqu'une tentative de "nude" est repérée. Il peut être désactivé si un adulte souhaite utiliser l'appareil.

Le fabricant ne précise pas si cette protection concerne l'ensemble de la partie logicielle du smartphone ou si elle est seulement appliquée à l'application photo. Dans cette éventualité, elle serait facilement contournable en utilisant l'appareil photo d'une application tierce, comme Snapchat ou Instagram par exemple.

Le risque zéro n'existe pas

En France, aucun smartphone ne propose une option de contrôle aussi pointue. Mais les systèmes d'exploitation des appareils iOS et Android permettent de limiter l'accès à certaines applications et réseaux sociaux et de bloquer l'accès au téléphone à certaines heures. Des filtres pour les mineurs sont aussi mis à disposition des parents par les opérateurs et des applications dédiées.

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D'une manière générale, aucune technologie n'est aujourd'hui en mesure de garantir à 100% la confidentialité de messages ou images à caractère sexuel envoyés à un tiers. Ces pratiques numériques sont pourtant de plus en plus répandues au sein de la population. Selon un sondage Ifop publié le 18 février, 14% des Français ont déjà envoyé des "nudes". Une proportion qui grimpe à 31% pour les 18-25 ans.

L'auto-destruction des messages proposée par des applications comme Messenger ou WhatsApp n'empêche pas de réaliser une capture d'écran. Et même une application comme Telegram, qui propose à la fois l'autodestruction automatique des messages et le blocage des captures, peut être contournée en filmant l'écran de son téléphone avec un autre appareil.

Réfléchir avant d'envoyer un contenu compromettant

Il faut avoir à l'esprit que tout contenu envoyé à un tiers est susceptible d'échapper à son propriétaire, même s'il est adressé à une personne de confiance et de façon consentie. Pour protéger sa vie intime en ligne, le plus sûr reste encore de n'envoyer aucune image susceptible de vous compromettre si elle venait à être diffusée publiquement.

La vie privée est une liberté protégée par la loi française. L'article 226-2-1 du code pénal sanctionne la diffusion de paroles ou images à caractère sexuel prises dans un lieu public ou privé de deux ans d'emprisonnement et 60.000 euros d'amende. Les personnes s'estimant victimes de "revenge porn" doivent prévenir les autorités et réunir des preuves dans la mesure du possible.

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