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Un exercice de simulation d'astéroïde finit par la destruction de New York

Plusieurs centaines de scientifiques se sont livrés à un exercice de simulation afin de préparer un scénario de menace d'astéroïde sur la Terre.

L'astéroïde Bénou photographié par la Nasa, le 16 novembre 2018
L'astéroïde Bénou photographié par la Nasa, le 16 novembre 2018 Crédit : HO / NASA/Goddard/University of Arizona / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

New York, ville détruite par un astéroïde. Un scénario catastrophe fort heureusement hypothétique pour le moment, mais c'est le résultat d'un exercice international de simulation d'impact qui a eu lieu vendredi 3 mai. Lors des précédentes cession, la Côte d'Azur (2013), Dacca au Bangladesh (2015) et Tokyo (2017) avaient subi le cataclysme. 
 
Malgré huit ans de préparations, les humains ont tenté de dévier l'astéroïde mais ont échoué. L'exercice est devenu un rendez-vous régulier de la communauté internationale dite de "défense planétaire". Cette année, il a débuté lundi à Washington avec un scénario précis. 

En effet, l'alerte concernait un astéroïde de 100 ou 300 mètres de diamètre repéré. Les calculs, grossiers au début, donnaient une probabilité de frappe sur la Terre d'environ 1%, à la date du 29 avril 2027. Durant les trois jours suivants, les 200 scientifiques ont planché sur le sujets

Envoyer des vaisseaux "impacteurs"

Spécialistes des situations d'urgence, des astronomes ou encore des ingénieurs recevaient tous les jours de nouvelles informations. Ils formulaient alors des propositions et attendaient ensuite les décisions des maîtres du jeu conçu par un ingénieur aérospatial de la Nasa, explique l'AFP. 

Au fil des mois, la probabilité que l'astéroïde se fracasse sur la Terre est passée à 10%, puis à 100%. La Nasa décide d'envoyer une sonde, en 2021, pour observer de près la menace. En décembre 2021, les astronomes sont formels : l'astéroïde se dirige droit sur la région de Denver (Colorado), qui sera totalement détruite. 

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Les grandes puissances spatiales (États-Unis, Europe, Russie, Chine, Japon) décident de construire six vaisseaux "impacteurs" : des sondes qui doivent frapper l'astéroïde pour dévier sa trajectoire. La fabrication prend du temps, il faut coordonner les orbites et les impacts ne sont prévus qu'en août 2024.  

Finalement, trois impacteurs réussissent à frapper l'astéroïde. Mais un morceau de 60 mètres continue à foncer vers la Terre. Les États-Unis envisagent d'envoyer une ultime mission avec une charge nucléaire qui aiderait à dévier le rocher, ce qui avait sauvé Tokyo au dernier exercice, mais des désaccords politiques stoppent le projet. Il ne reste plus qu'à se préparer. 

Des problèmes factuels soulevés

Six mois avant, on affine la zone d'impact : la région de New York. Deux mois avant, les astronomes sont certains : le bolide va détruire la ville. Il va entrer dans l'atmosphère à 69.000 kilomètres par heure et exploser à une quinzaine de kilomètres d'altitude au-dessus de Central Park. L'énergie explosive sera 1.000 fois celle d'Hiroshima.  

Le souffle détruira tout dans un rayon de 15 kilomètres (la zone "de non survie), rapportent les scientifiques. Manhattan sera un champ de ruines. Les vitres exploseront jusqu'à 45 km à la ronde. Les dégâts s'étendront jusqu'à 68 km. 

Ce genre d'exercice montre que les problèmes soulevés sont infinis. Comment évacuer dix millions de personnes ? Les ouragans réguliers ont montré la difficulté de la tâche. "Deux mois ne suffiront peut-être pas à évacuer. Il y aura des colonnes de camions de déménagement", s'emporte Brandy Johnson, représentante des "habitants en colère". 

Qui paiera ? Qui accueillera les réfugiés ? Comment protéger les installations nucléaires et chimiques, les œuvres d'art ? Et comment se comporteront les citoyens face à une situation de fin du monde ? "Si vous savez que votre maison sera détruite dans six mois, continuez-vous à rembourser votre emprunt ?", demande Victoria Andrews, du bureau de défense planétaire de la Nasa. 

Les participants ont longuement débattu des questions d'assurances et juridiques: les États-Unis ont sauvé Denver, mais ils ont détruit New York par inadvertance. "Dans cette situation, selon le droit international, les États-Unis, en tant que pays lanceur, seront dans l'obligation d'indemniser, même s'ils ne sont pas en faute", dit Alissa Haddaji de Harvard, coordinatrice d'un groupe de quinze avocats du droit spatial créé pour répondre à ces questions. 

Un télescope pour repérer les astéroïdes ?

L'exercice est bien sûr extrême : "C'est très peu probable", dit à l'AFP Paul Chodas, l'ingénieur américain qui l'a conçu. "Mais nous voulions que tous les problèmes soient exposés et débattus". Des astronomes en ont profité pour défendre le projet de télescope spatial NeoCam, qui permettrait de mieux repérer les astéroïdes et de réagir plus tôt en cas de menace. 

In fine, malgré les discussions détaillées sur l'apocalypse, une certaine excitation régnait à cette conférence de passionnés d'astéroïdes. Si un tel astéroïde menaçait de s'écraser un jour sur notre planète, "ce serait un événement international intéressant pour les scientifiques, n'est-ce pas ?", relève Brandy Johnson. 

Le prochain exercice aura lieu en 2021 à Vienne. Paul Chodas n'exclut pas que l'Europe soit cette fois dans la ligne de mire. 

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