3 min de lecture Coronavirus

StopCovid n'a pas été installée en douce par le gouvernement sur votre téléphone

Des sénateurs ont relayé une fausse information qui entretient une confusion entre l'application gouvernementale censée identifier les expositions au Covid-19 et le système mis en place par Apple et Google.

L'application StopCovid doit identifier les expositions au coronavirus sur les smartphones
L'application StopCovid doit identifier les expositions au coronavirus sur les smartphones Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Non, le gouvernement n'a pas préinstallé par défaut StopCovid sur votre smartphone. Des publications Facebook et des sites complotistes prétendent depuis quelques jours que l'application a été installée automatiquement et en toute illégalité sur un certain nombre de téléphones à l'insu de leurs propriétaires. "Incroyable, ils osent tout !", s'est par exemple indigné le sénateur Les Républicains Alain Houpert sur Twitter, en partageant un article indiquant la marche à suivre pour désinstaller l'outil. L'ancien sénateur de Paris Yves Pozzo di Borgo a également relayé cet article de désinformation.

Cette "fake news" se fonde sur une confusion entre deux systèmes bien distincts : d'une part, l'application de traçage numérique du gouvernement français, d'autre part, le système de notifications des expositions au Covid-19 mis au point par Apple et Google à destination des autorités publiques à travers le monde. 

Depuis les dernières mises à jour d'Android et iOS, une option "Notification d'exposition au Covid-19" a fait son apparition dans les iPhone et les smartphones utilisant le système d'exploitation de Google. Cette fonctionnalité est une boîte à outils : elle a été mise au point par les deux géants américains afin de permettre aux gouvernements des Etats qui le souhaitent de développer des applications de traçage des contacts qui bénéficient de toutes les autorisations nécessaires pour fonctionner dans l'architecture d'iOS et d'Android mais aussi d'une interopérabilité entre les deux systèmes. 

Ce n'est pas une application, ni un système de traçage à proprement parler. Ce réglage autorise simplement un iPhone ou un smartphone Android à utiliser le Bluetooth pour détecter des identifiants anonymes d'autres appareils qui utiliseraient une application basée sur cette infrastructure (qu'il faudrait télécharger volontairement). Son usage est facultatif : il est possible de le désactiver.

Le téléchargement de StopCovid sera volontaire mardi

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Ce n'est pas la même chose que StopCovid. Pour des motifs de souveraineté numérique, le gouvernement français a justement fait le choix de ne pas s'appuyer sur la plateforme d'Apple et Google pour développer son application. StopCovid repose sur un autre protocole technologique, mis au point par l'Inria, et les développeurs français ont dû mettre en place un certain nombre d'astuces pour passer outre les limitations liées à l'utilisation du Bluetooth dans Android et iOS. 

Si la fin de son processus de validation s'achève sans encombre, StopCovid sera disponible en téléchargement mardi midi sur les magasins d'application de l'iPhone et d'Android. Son installation ne pourra être le fruit que d'un acte volontaire de la part des utilisateurs de smartphones. Même si le gouvernement encourage fortement son utilisation, afin de détecter plus précocement les nouvelles chaînes de transmission du virus, il n'a pas le droit de la rendre obligatoire ni de la subordonner à un quelconque avantage, comme l'a rappelé la Cnil dans son dernier avis.

Le vrai problème : pas de compatibilité avec les applications étrangères

En parallèle à la France, une vingtaine de pays ont fait le choix d'utiliser le protocole développé par Apple et Google pour leur propre application nationale. On retrouve notamment l'Italie, la Suisse, les Pays-Bas, l'Irlande mais aussi l'Allemagne, qui développait une infrastructure commune avec la France dans un premier temps avant de saisir la main tendue par Apple et Google. 

Les applications mises au point par ces pays auront l'avantage d'être interopérables entre elles : elles pourront fonctionner indépendamment des frontières et continuer d'être utiles pour essayer de détecter les nouvelles contaminations générées par les mouvements des voyageurs estivaux. Les utilisateurs de StopCovid pourront aussi télécharger les applications développées par ces pays, mais elles ne pourront pas s'échanger d'informations entre-elles.

C'est la deuxième fois en quelques jours que StopCovid fait l'objet de fake news relayées par des politiques. Lors de son examen à l'Assemblée nationale, le 27 mai, Jean-Luc Mélenchon avait repris à son compte une rumeur circulant sur les réseaux sociaux selon laquelle StopCovid récoltera la liste des contacts des utilisateurs pour mieux les espionner alors que l'application n'accède ni à la liste des contacts ni aux fonctions de géolocalisation des smartphones sur lesquels elle est installée pour fonctionner.

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