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À San Diego, la reconnaissance faciale n'a permis aucune arrestation en 7 ans

Le dispositif de reconnaissance faciale testé par les forces de l'ordre depuis 2013 n'a mené à aucune arrestation ni poursuite. Ces résultats incitent à s'interroger sur l'efficacité de cette technologie controversée que la France souhaite expérimenter cette année.

La Californie a interdit l'usage de la reconnaissance faciale par les services de police pour trois ans
La Californie a interdit l'usage de la reconnaissance faciale par les services de police pour trois ans Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

L'expérimentation massive de la reconnaissance faciale par la police de San Diego a des résultats pour le moins mitigés. En sept ans, le dispositif utilisé par les forces de l'ordre de la deuxième ville de Californie n'a conduit à aucune réussite concrète, rapporte le site américain Fast Compagny dans un article daté du 9 janvier. Et en l'absence d'un suivi précis par les services répressifs de la ville, il est compliqué d'évaluer l'efficacité réelle de ces outils pourtant présentés comme une aubaine pour prédire les crimes.

Depuis leur introduction en 2013, les services chargés de l'application des lois de la ville ont compilé plus de 65.000 analyses faciales de suspects par le biais de 1.300 smartphones et tablettes pour les comparer à une base de données régionale contenant les profils de 1,8 million de personnes recherchées. En moins de deux secondes, le système pouvait établir des liens sur la base de la forme des oreilles, des cheveux ou de la couleur de peau.

Un porte-parole des forces de l'ordre a déclaré à Fast Company qu'il n'était, faute de statistiques, pas en mesure d'identifier un cas où cette technologie aurait débouché sur une arrestation ou des poursuites. Les policiers préféreraient utiliser le système de reconnaissance des empreintes digitales, qui interroge une base de données nationale. Le dispositif a été abandonné fin 2019, lorsque l'État de Californie a interdit l'utilisation de cette technologie par les services de police pour trois ans. 

À l'heure où le gouvernement français milite pour essayer la reconnaissance faciale dans l'espace public, à des fins sécuritaires notamment, ces résultats incitent à s'interroger sur l'efficacité de cette technologie controversée. Des études ont démontré que ces outils sont coupables de biais raciaux et ont tendance à identifier à tort les personnes de couleur plus souvent que les personnes blanches. Ses détracteurs soulignent aussi les risques qu'ils font peser pour les libertés individuelles.

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