3 min de lecture La tête dans les étoiles

Station spatiale internationale : à quoi sert-elle ?

LA TÊTE DANS LES ÉTOILES - Depuis 1998, elle tourne autour de nos têtes à 400 km d'altitude. Mais que font dans la station spatiale internationale les astronautes qui s'y relaient ?

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À quoi sert la Station spatiale internationale ? Crédit Image : HO / NASA / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Sophie Jousselin
Sophie Joussellin
Journaliste RTL

Les séjours des astronautes dans la Station spatiale internationale (ISS) ne sont pas des voyages d'agrément.

Comme le rappelait notre dernier spationaute national Thomas Pesquet dans une vidéo de l'AFP, tournée depuis l'ISS : "On n'envoie pas les astronautes dans l'espace pour qu'ils soient contents. Moi, ça me fait plaisir, mais personne ne me ferait cette fleur, juste pour moi. On le fait parce qu'on est convaincus que ça sert à quelque chose". 

À bord, les astronautes occupent la moitié de leur temps à mener des expériences scientifiques. En 2015, soit un an avant son départ, le spationaute Français connaissait déjà le programme. "On va étudier les alliages en orbite parce qu'on a accès, dans la Station, à des propriétés physiques qui, sur Terre, sont masquées par la gravité", expliquait-il alors. 

Comment le corps évolue-t-il sans gravité ?

L'autre thème c'est la physiologie : comment le corps se comporte-t-il dans l'espace ? Pour Patrick Baudry, on n'a plus rien à apprendre dans ce domaine. "À la fin de la Station Mir, on savait vraiment tout ce qui était indispensable pour la santé de l'Homme dans l'espace".

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On sait notamment que l'organisme prend un coup de vieux. "On dit qu'un séjour de 6 mois dans l'espace, sur les artères, c'est comme si on prenait 20 ans", détaille Sébastien Barde, sous-directeur Science et Exploration au Centre national d'études spatiales (Cnes). "Mais ce qui est surtout très intéressant, c'est qu'une fois qu'on revient au sol, on revient à l'état d'équilibre. Et c'est en observant le mécanisme naturel de guérison qu'on peut essayer de mettre au point des traitements".

Se préparer pour Mars

Dans une vidéo du CNES, Thomas Pesquet explique sa séance de sport quotidienne : "Dans l'espace, on flotte toute la journée. On est obligés de faire 2h30 de sport par jour pour limiter la perte osseuse et la perte musculaire". 

Dès son retour de l'ISS, le spationaute devait subir des prélèvements de petits bouts de muscle pour voir s'i leur structure avaient évolué, expliquait, quelques heures avant son retour, Brigitte Godart du CNES. Elle était le médecin du Français pendant sa mission. "Sa biopsie a été réalisée avant son vol et doit être réalisée après (...) Normalement, on voit un changement dans la structure musculaire".

Aujourd'hui, alors qu'on envisage les voyages vers Mars, on ne sait pas si un astronaute restera en forme pendant 3 ans. "Il faut qu'il arrive sur Mars en bonne santé, qu'il puisse travailler sur Mars à peu près 6 mois, et qu'il revienne en bonne santé", précise Sébastien Barde. "Peut-être que sur 3 ans, ce ne sera pas possible, car la dégradation sera telle que si les os sont complètement dégradés, parce qu'ils ne servent à rien, il faudra peut-être reproduire de la gravité artificielle".

Éloignés de tout, et de tout le monde

Et en exerçant un suivi des astronautes après leur retour, les scientifiques ont déjà des inquiétudes. "On a constaté, sur certains astronautes, des dégradations des nerfs optiques qui semblent irréversibles", continue le sous-directeur Science et Exploration du Cnes.

D'autant plus qu'il n'y a pas que le physique qui pose question pour ces vols lointains. Il y a aussi tout l'aspect psychologique. "Qu'est-ce qu'il faut faire pour que des gens ne se tapent pas dessus au bout d'un certain temps ? Je ne connais pas d'exemple où des gens sont restés aussi longtemps ensemble dans un milieu confiné, loin de tout. Il faut s'imaginer qu'une fois qu'ils seront sur Mars, ils verront la Terre comme nous on voit Mars, c'est-à-dire un petit point".

Des simulations de vie sur Mars sont réalisées régulièrement pour mesurer les futures difficultés des voyages lointains dans l'espace. En 2010, un équipage de 6 personnes est resté 520 jours enfermée dans 5 modules installés dans la banlieue de Moscou.

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