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Pourquoi la Nasa prépare une nouvelle génération de combinaisons spatiales

L'agence spatiale américaine a dévoilé les combinaisons que revêtiront la première femme et le prochain homme à fouler la surface lunaire dans le cadre du programme Artémis 3 d'ici à 2024.

La Nasa a présenté les futures combinaisons des astronautes du programme Artémis 3.
La Nasa a présenté les futures combinaisons des astronautes du programme Artémis 3. Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Plus souples, plus confortables et plus inclusives : la Nasa a présenté mardi les combinaisons que revêtiront la première femme et le prochain homme sur la Lune lors de la nouvelle mission habitée à la surface de l’astre sélène prévue d’ici à 2024 dans le cadre du programme Artémis 3. Lors d’une conférence de presse organisée le 15 octobre au siège de l’agence spatiale américaine à Washington, les ingénieurs ont dévoilé les contours des prototyopes sur lesquels ils travaillent depuis des années pour améliorer les précédents équipements qui datent des missions Apollo (1969-1072).

Les combinaisons spatiales sont conçues comme de véritables vaisseaux monoplaces personnalisés. Elles répondent à des exigences de sécurité très strictes. Elles ont la lourde tâche de maintenir les astronautes en vie dans l’espace en leur apportant toutes les protections contre un environnement hostile et les ressources essentielles que leur offrent la Terre et son atmosphère. Elles doivent notamment leur fournir de l’oxygène, éliminer le dioxyde de carbone, recycler l’air, réguler leur température interne et les protéger des radiations.

À l’heure actuelle, les combinaisons portées par les équipages de la Station spatiale internationale répondent à un cahier des charges vieux de 40 ans. Appelées Extravehicular Mobility Unit, ou EMU, elles se composent de plusieurs pièces pour bras, jambes et torses que les astronautes peuvent mélanger et assortir et se déclinent en cinq tailles, très petite, petite, moyenne, grande et très grande. Mais elles ne prennent pas en compte les différences entre les corps des hommes et des femmes. Ce qui explique pourquoi les sorties dans l’espace sont plus éprouvantes pour ces dernières, comme l’expliquait l’astronaute Peggy Whitson dans une interview

Conçues pour durer quinze ans, la plupart des combinaisons sont toujours en circulation aujourd’hui en raison des restrictions budgétaires qui ont empêché la Nasa de développer de nouvelles pièces. La plupart des petites tailles ne sont plus disponibles, ce qui contraint la Nasa à sélectionner les futurs astronautes en fonction de leur gabarit en plus de leurs qualifications et de leur expérience. Cela explique aussi pourquoi la première sortie dans l’espace d’un équipage 100% féminin a finalement dû être annulée en mars car la Nasa n’était pas en mesure de préparer à temps suffisamment de parties hautes de la combinaison de taille "M" après un changement de dernière minute.

Des astronautes plus libres de leurs mouvements

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Pour atteindre son ambitieux objectif de conquérir Mars en utilisant la Lune comme un banc d’essai, l’agence doit donc mettre à jour ses combinaisons afin que des astronautes de toutes tailles et de tous genres puissent explorer ces nouveaux horizons. Deux nouveaux costumes ont ainsi été dévoilés mardi. Le premier, Orion Crew Survival Suit, léger et de couleur orange, servira à l’équipage de la capsule Orion reliant la Terre et la Lune. Le second, baptisé xEMU, sera utilisé par les astronautes pour fouler le sol lunaire.

Ces combinaisons nouvelle génération se veulent résolument plus flexibles pour permettre aux astronautes d’accomplir des tâches plus complexes que leurs prédécesseurs. Plus libres de leurs mouvements, ils pourront lever les bras au-dessus de leur tête, se baisser plus facilement pour ramasser des minerais lunaires et marcher à la surface de l’astre sans risquer de trébucher, ce que ne permettent pas les combinaisons actuelles. Pour convenir à toutes les tailles, les combinaisons seront constituées à partir des analyses en 3D des corps des astronautes.

Une grande partie de la combinaison sera constituée de pièces modulaires facilement échangeables pouvant être configurées avant ou après une sortie dans l’espace à bord de l'ISS, en orbite lunaire ou martienne sans avoir à repasser par la Terre. À l’intérieur, le fameux bonnet "Snoopy" qui coiffe les astronautes pour leur permettre de communiquer sera remplacé par un équipement audio à commande vocale plus moderne, avec des micros disposés sur la partie supérieure du torse captant automatiquement la voix de l'astronaute, et moins propice à la transpiration. L’ensemble des équipements de télécommunication sera mis à jour avec de nouvelles caméra HD et des liaisons sans-fil à haute vitesse.

La conception des futures combinaisons s’appuiera aussi sur les enseignements tirés des missions Apollo sur la Lune pour mieux résister à la poussière lunaire et aux températures extrêmes qui règnent sur son sol, oscillant entre 250 et moins 250 degrés Fahrenheit. Encore en cours de développement, elles devraient être testées dans l’espace d’ici à 2023, un an avant le retour programmé des astronautes américains à la surface de notre satellite naturel.

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