4 min de lecture High-tech

"Pokémon Go", le jeu mobile qui affole (et fait marcher) les Internautes

ÉCLAIRAGE - Le célèbre jeu pour Game Boy revient dans une version pour smartphone en réalité augmentée permettant d'attraper des Pokémons quasiment pour de vrai.

>
UK: Pokémon GO - Get Up and Go! Crédit Image : The Pokemon Compagny |
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Les Pokémons sont de retour. Presque partout. Et quasiment pour de vrai, cette fois. Les créatures stars du jeu vidéo japonais pour Game Boy écoulé à plus de 250 millions d'exemplaires depuis la fin des années 1990 sont l'objet d'un étonnant retour de flamme à la faveur d'une application pour smartphone, Pokémon Go. Lancée le 7 juillet sur les plateformes de téléchargement iOS et Android aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Japon, elle est déjà en passe de devenir un phénomène massif outre-Atlantique, où les médias parlent de "nouvelle obsession" des Américains, déjà plus nombreux à courir après des Pokémons qu'à dégoter des rendez-vous sur Tinder.

Pokémon Go reprend les grandes lignes du jeu de rôle culte des années 2000. Le joueur doit trouver, capturer, faire évoluer, combattre ou échanger des Pokémons au sein d'un vaste monde arpenté par d'autres dresseurs animés par les mêmes desseins. À ceci près que les petites créatures ont investi le monde réel. Grâce à la caméra et aux fonctions de géolocalisation du smartphone couplées à une technologie de réalité augmentée, le dresseur en herbe n'évolue plus dans un univers fictif mais dans son véritable environnement. 

Le joueur se déplace sur une carte comme sur Google Maps au gré de points d'intérêts, les Poké Stop, des zones abritant des objets utiles tels que les Pokéballs, indispensables à la capture des petites bête, et peut voir surgir un Pokémon à n'importe quel moment. Lorsqu'il rencontre un Pokémon, le joueur le voit s'afficher dans son smartphone au sein du monde qui l'entoure. À l'inverse du jeu vidéo, le joueur doit quitter son canapé (à moins de ruser) et se démener physiquement pour dénicher des spécimens qui ont autant de chances de se trouver au fond de sa salle de bain qu'à l'autre bout de la ville.

Une thérapie pour les personnes dépressives ?

En moins d'une semaine, le jeu est devenu l'une des applications les plus téléchargées du magasin d'Android et ses utilisateurs y passent plus de temps que sur WhatsApp, Instagram, Messenger ou Snapchat et quasiment autant que sur Twitter, révèle une étude de SimilarWeb. Les utilisateurs ont rapidement partagé leur expériences sur les réseaux sociaux, se montrant tantôt enthousiastes, tantôt perplexes face à l'apparition de Pokémons sauvages dans leur environnement. Un ex-marine américain combattant en Irak contre l'État islamique a même publié une photo le montrant en passe de capturer un Carapuce sauvage sur la ligne de front.

À lire aussi
La faille est apparue sur le modèle Galaxy S10. Samsung recommande d'effacer toutes ses empreintes à l'intérieur du téléphone. High-tech
Galaxy S10 : Samsung recommande de supprimer ses empreintes après une faille

On prête plusieurs bienfaits à l'application qui aurait un impact positif sur la santé mentale et physique en poussant les joueurs à sortir voir des amis, faire du sport et explorer leur ville. Les témoignages de personnes dépressives ou introverties tout à leur joie d'avoir enfin une raison de sortir de chez eux fleurissent sur la toile

De son côté, Nintendo se frotte les mains : le virage mobile amorcé par l'entreprise ces derniers mois est concluant. L'action du groupe s'est envolée de plus de 20% à la Bourse de Tokyo dans la foulée du très bon démarrage de l'application. Et le phénomène n'est pas prêt de s'arrêter. Nintendo prévoit déjà de commercialiser un bracelet Pokemon Go qui s'allumera et vibrera lorsqu'un Pokemon est à proximité. De quoi faire gonfler les 40 milliards d'euros de revenus déjà générés par l'univers Pokémon.

Quand le virtuel et le réel se rencontrent

Face au succès de l'application, les serveurs de Nintendo ont rencontré quelques difficultés qui ont contraint la firme à repousser sa sortie mondiale. Il faudra encore patienter quelques semaines avant d'en profiter en France, à moins de se créer un compte iTunes enregistré dans l'un des pays où il est déjà disponible, comme l'explique cet article. Ce qui n'empêche pas des versions non officielles d'être déployées, certaines d'entre elles contenant des virus qui permettent aux hackers de prendre le contrôle du téléphone de la victime pour récolter ses données personnelles. 

Le jeu a déjà charrié son lot de situations baroques ou inquiétantes. Aux États-Unis, des voleurs ont tiré profit de la fonction de géolocalisation du jeu pour commettre plusieurs vols à main armée dans des banlieues du Missouri. Les malfrats auraient réussi à attirer les victimes en posant des Poké Stop dans des endroits isolés. Les policiers d'une région du nord de l'Australie ont dû rappeler sur Facebook que les joueurs n'avaient pas besoin de pénétrer à l'intérieur du commissariat pour capturer les Pokémons comme le suggérait l'application. À Brisbane, à New York et ailleurs, des badauds ont capturé des scènes étonnantes montrant des rassemblements de joueurs le nez rivé sur leurs portables à la recherche de Pokémons sauvages.

"Le jeu a touché une corde sensible"

Niantic, la start-up incubée au sein de Google Alphabet à l'origine de Pokémon Go avec Nintendo et la Pokémon Compagny a exhorté les joueurs à demeurer "conscients de leur environnement" afin qu'ils ne mettent pas en cause leur sécurité et celle des autres, en jouant en conduisant par exemple. Des problèmes de riche, en somme, déjà rencontrés par une autre application addictive à la croissance fulgurante. En attendant la sortie mondiale du jeu, le PDG de Niantic s'est dit quelque peu surpris du succès fulgurant de sa création : "Nous pensions que le jeu serait populaire, mais là, clairement, il a touché une corde sensible", a-t-il expliqué à Business Insider.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
High-tech Jeux vidéo Mobile
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants