3 min de lecture Internet

Neutralité du net : John Oliver salué après la décision américaine

L'humoriste britannique John Oliver est salué pour son rôle dans la décision américaine d'assurer la neutralité du net.

Un homme surfe sur internet à Pékin, le 15 juin 2009 (archives). AFP / FREDERIC J. BROWN
Un homme surfe sur internet à Pékin, le 15 juin 2009 (archives). AFP / FREDERIC J. BROWN Crédit : AFP
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Alors que la FCC, le régulateur des télécoms aux État-Unis a adopté une réglementation assurant la neutralité d'internet, le présentateur britannique de la chaîne américaine HBO, John Oliver, est salué pour son rôle dans cette décision. 

Pour une fois dans votre vie, canalisez votre colère de manière utile

John Oliver
Partager la citation

C'était un dimanche de juin 2014. Ce soir-là, à 23h00, le comédien anglais souffle un grand coup et sur une musique grandiloquente, s'adresse solennellement aux internautes. "Pour une fois dans votre vie, canalisez votre colère de manière utile" en oubliant les vidéos de bébés et la cellulite des actrices, dit-il aux quatre millions de téléspectateurs de son émission satirique "Last Week Tonight with John Oliver", sur la chaîne cablée HBO.

Assurer l'accès de tous à internet

Et de les appeler à inonder de courriels la FCC, le régulateur des télécoms aux Etats-Unis. L'humoriste à l'accent "brummie" de sa ville natale, Birmingham, venait d'expliquer pendant un quart d'heure hilarant, la nécessité très sérieuse de la 'net neutrality', l'accès à la toile pour tous. "Les deux seuls mots anglais qui promettent d'être encore plus ennuyeux, sont +avec (le chanteur) Sting+ (au générique)", ironisait-t-il.

>
Last Week Tonight with John Oliver: Net Neutrality (HBO)

Jeudi, la FCC, effectivement inondée après l'émission - son site a un temps explosé -- a adopté une nouvelle réglementation pour empêcher un internet à deux vitesses, menacée depuis de recours en justice. Nombreux sont ceux qui vendredi en donnaient crédit au comique anglais.

La popularité de John Oliver explose

À lire aussi
Un clavier d'ordinateur (illustration). pédophilie
Démantèlement sans précédent d'un site pédophile, 300 arrestations dans 38 pays

"Les millions de commentaires ont été de manière écrasante inspirés par Oliver. La FCC aurait plus difficilement pris une telle décision sans son intervention", assure Aram Sinnreich, professeur de journalisme de la Rutgers University (New Jersey).

La popularité de John Oliver, dont l'émission vient d'entamer une deuxième saison, a explosé en 2013, quand il a remplacé au pied-levé Jon Stewart sur Comedy Central. L'humoriste vedette avait décidé de prendre un congé de son émission-culte "The Daily Show", une parodie de journal, pour réaliser un film.

Succès grandissant de son émission

"Je ferais tout pour lui, que ce soit animer cette émission ou se débarrasser d'un cadavre", avait alors dit John Oliver. HBO, qui vient de lui assurer deux saisons supplémentaires, lui avait proposé sa propre émission de 30 minutes, au succès depuis grandissant.

Derrière un bureau de présentateur, en tenue banale costume-cravate et lunettes de cadre supérieur, John Oliver a déjà cloué au pilori, avec des arguments clairs, documentés et de façon formidablement drôle, les vitamines, la militarisation de la police américaine, la corruption dans le foot, le bus rose du Labour Party ou les filles en bikini du Sports Illustrated.

Le symbole de la critique des médias et de la politique

"Il y a un 'Effet John Oliver' qui a un impact dans la vraie vie", titrait récemment le magazine Time. Et de citer des dons pour les femmes ingénieurs, une proposition de loi sur la transparence en politique dans l'Etat de Washington, jusqu'à une annonce du ministre de la Justice Eric Holder sur les pouvoirs de la police.

"Jon Stewart avait porté très haut la critique de l'information à la télévision et des hommes politiques", dit Lance Strate, professeur de communication de la Fordham University à New York, "Oliver l'a encore amplifiée". Les deux humoristes "font le travail que la presse devrait faire, en dénonçant les contradictions et l'hypocrisie des politiques, du monde des affaires et des nouveaux médias", dit-il.

Malin, spirituel, charmant, mordant

"Beaucoup d'Américains adorent l'humour anglais", renchérit Paul Booth, qui enseigne les médias et le cinéma à DePaul University à Chicago. Depuis Chaplin, Stan Laurel (de Laurel et Hardy), après Peter Sellers ou les Monty Python, "John Oliver rassemble ce qui se fait de mieux dans l'humour anglais. Il est malin, spirituel, charmant, se moque de lui-même, mais il peut aussi être très américain, mordant et partial", dit-il.

L'ancien étudiant de Cambridge a démarré sa carrière de comique en Grande-Bretagne avant de franchir l'Atlantique pour auditionner en 2006 pour le "Daily Show". Il en est devenu "le correspondant britannique". Marié depuis à une Américaine, il dit aimer la TV-réalité, semble ne pas apprécier l'Iowa et déteste les massages : "L'idée qu'un étranger vous oblige physiquement à vous relaxer m'est insupportable", disait-il récemment à Vanity Fair.

Et résume impeccablement la mission de l'humour et de son émission : "Si vous voulez faire quelque chose de diabolique, faites-le dans quelque chose d'ennuyeux. Apple pourrait publier tout Mein Kampf (le livre-programme d'Adolf Hitler) dans son accord d'utilisation d'iTunes et vous cliqueriez 'J'accepte, j'accepte, j'accepte...'".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Internet États-Unis Télévision
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants