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Mission Apollo 11 : 50 ans après, quelles sont les prochaines missions lunaires ?

Cinquante ans après les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune, l'humanité n'est pas allée plus loin. Mais un nouvel âge d'or de la conquête lunaire se dessine.

Armstrong sur la Lune au cours de la mission Apollo 11 le 21 juillet 1969
Armstrong sur la Lune au cours de la mission Apollo 11 le 21 juillet 1969 Crédit : NASA
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Il y a quarante ans, le 16 juillet 1969, une fusée Saturn V quittait la Terre depuis le pas de tir Pad 39-A d'un Centre spatial Kennedy de Cap Canaveral en plein effervescence. À son bord, trois astronautes, qui s'apprêtaient à entrer dans l'histoire, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins. Cinq jours plus tard, le 21 juillet, Neil Armstrong posait le pied sur la Lune et devenait le premier homme à fouler le satellite naturel de la Terre sous les yeux de 600 millions de téléspectateurs ébahis. Avec cette fameuse phrase, passée à la postérité : "Un petit pas pour l'homme, un bon de géant pour l'humanité".

Un demi-siècle plus tard, l'humanité n'est pas allée plus loin que la Lune, dont elle n'a plus foulé le sol depuis 1972. La chute de l'Union soviétique et les coûts prohibitifs des expéditions lunaires ont changé les priorités. L'homme s'est concentré sur la maîtrise de l'orbite basse de la Terre à travers la Station spatiale internationale (ISS) et la conquête lunaire s'est essoufflée avec la fin du programme Apollo.

Mais depuis quelques années, un nouvel âge d'or de la conquête lunaire semble se profiler. Sous l'impulsion de nouveaux acteurs privés aux moyens démesurés, la Lune revient au goût du jour et, avec elle, la perspective de voir à nouveau des astronautes en scaphandre l'arpenter avec la Terre en toile de fond lors de la prochaine décennie. 

Passage obligé vers la nouvelle frontière martienne à conquérir, la Lune est au coeur d'une bataille acharnée entre les États-Unis et la Chine et tout un lot de puissances spatiales désireuses d'y prendre leurs quartiers. Le terrain lunaire apparaît comme le laboratoire idéal pour entraîner des astronautes et acquérir des connaissances en vue de futures missions martiennes.

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Dans cette nouvelle course à la Lune, les États-Unis déjà tracé leur feuille de route. Alors que Barack Obama avait annulé le programme Constellation de son prédécesseur Georges W. Bush prévoyant un retour des Américains sur la Lune, Donald Trump a décidé d'envoyer à nouveau des hommes à la surface de notre satellite naturel en 2028 avant d'accélérer le calendrier en mars dernier pour fixer l'échéance à 2024

Le programme Artemis remplace Apollo avec au coeur de la stratégie la "porte de l'espace profond", ou Deep Space Gateway, la plateforme orbitale lunaire qui doit succéder à la Station spatiale internationale pour constituer la première infrastructure permanente humaine à proximité de la Lune. Mais la Nasa ne possède pas encore de fusée pour transporter ses astronautes sur la Lune ni d'alunisseur pour s'y poser. Un partenariat public-privé a été mis en place pour accélérer leur développement. Un premier vol d'essai non habité est programmé l'année prochaine.

La Chine sur la face cachée de la Lune

Dans le sillage des États-Unis, la Chine accélère le tempo. L'empire du milieu est devenu en début d'année la première nation à se poser sur la face cachée de la Lune, faisant la démonstration des immenses progrès de sa puissance spatiale. La Chine espère s'installer durablement à la surface de la Lune pour exploiter ses ressources et y envoyer un humain d'ici la fin de la prochaine décennie.

L'an prochain, deux nouvelles sondes chinoises doivent se rendre sur la face visible de l'astre, cette fois, pour recueillir des échantillons, et au pôle Sud de la Lune pour explorer le cratère Shackleton où les scientifiques veulent vérifier si l'hydrogène détecté sur place peut être exploité pour installer une base lunaire. 

L'Europe et la Russie à la traîne

Les ambitions de l'Europe sont plus modestes. L'Agence spatiale européenne a signé en début d'année un contrat avec ArianeGroup pour étudier la faisabilité de faire alunir un atterrisseur d'ici cinq à six ans pour monter des opérations minières sur la Lune. L'ESA compte aussi s'appuyer sur des coopérations internationales, notamment autour du Deep Space Gateway qui pourrait devenir un véritable"village" lunaire sur le modèle de la Station spatiale internationale (ISS).

Un demi-siècle après l'affront subi lorsqu'elle s'est fait devancer par les États-Unis dans la conquête de la Lune, la Russie entretient l'espoir d'y envoyer des cosmonautes russes au début des années 2030 et ambitionne d'y installer directement une base. En attendant, l'agence russe Rocosmos va collaborer avec les Américains sur le projet de station orbitale lunaire, mettre en place un observatoire de la Lune et du système solaire et tenter de retrouver le crédit entamé par la série de déconvenues survenues ces derniers mois.

De nouveaux acteurs lorgnent sur la Lune

L'objectif Lune est aussi poursuivi par un certain nombre de puissances spatiales émergentes. Israël a failli réussir son pari de faire alunir un atterrisseur sur la face cachée de la Lune en avril, mais la sonde développée par une société israélienne privée s'est écrasée à la surface de l'astre

L'Inde espère aussi placer une sonde spatiale en orbite de la Lune avant d'y déposer un atterrisseur. Mais la mission Chandrayaan-2 a pour l'instant été reportée à plusieurs reprises. La Corée du Sud et le Japon sont aussi dans les starting-blocks avec des projets de lancement d'atterrisseur à horizon 2020/2021. Enfin, des entreprises privées comme SpaceX ou Blue Origin lorgnent aussi sur la Lune pour y envoyer des touristes et exploiter ses ressources.

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2019-07-20 10:28:00
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