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Le mentorat entre femmes, la clé de la réussite pour votre vie pro comme perso ?

Céline Lazorthes, Aurélie Jean et Shelley Zalis, rencontrées à VivaTech, sont trois femmes qui pratiquent, à leur manière, le mentorat entre femmes. Elles nous confient l'importance de cet engagement pour l'égalité.

Le mentorat, la clé de la réussite ?
Le mentorat, la clé de la réussite ? Crédit : iStock / Getty Images Plus
Arièle Bonte
Arièle Bonte
Journaliste

Vous pensez que le mentorat est réservé à une élite ? Que sans réseau, les bonnes connaissances ou connexions, vous ne pourrez pas trouver la perle rare qui vous fera avancer dans votre domaine d'expertise ? Rangez ces idées reçues. De plus en plus de femmes comprennent l'importance d'aider les autres femmes à progresser aussi bien dans leur carrière que dans leur vie professionnelle. 

C'est le cas de beaucoup d'expertes invitées à prendre la parole lors de conférences durant l'édition 2018 de VivaTech qui s'est tenue du jeudi 24 au samedi 26 mai à Paris. Certaines d'entre elles le font de manière informelle ou, au contraire, ont monté des structures permettant de faciliter la transmission des savoirs. Rencontre avec trois femmes qui vont vous donner envie de trouver à votre tour une mentore sur laquelle compter.

Il y une place spéciale en enfer pour les femmes qui n'aident pas les autres femmes

Madeleine Albright
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"Il y une place spéciale en enfer pour les femmes qui n'aident pas les autres femmes". Quand on lui demande ce qu'elle pense du mentorat entre femmes, Céline Lazorthes cite d'emblée cette phrase prononcée lors d'un événement par Axelle Tessandier. Elle-même l'a empruntée au discours de l'ancienne secrétaire d'État, Madeleine Albright, lors d'un discours prononcé en février 2016 en soutien à la candidate à la présidentielle des États-Unis, Hillary Clinton.

Un modèle qui existe peu en France

Presque intransigeante, la fondatrice de Leetechi et de Mangopay explique à RTL Girls sa position en rappelant que les femmes sont sous-représentées dans le monde de l'entrepreneuriat (elles sont autour de 10%). "Les chiffres n'évoluent pas très bien depuis ces dix dernières années", souligne celle qui a fondé sa première entreprise il y a dix ans, à l'âge de 25 ans.

Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi et Mangopay
Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi et Mangopay Crédit : Arièle Bonte pour RTL.fr
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Même point de vue pour Aurélie Jean. Elle a découvert le concept du mentorat lorsqu'elle est arrivée à l'Institut de technologie du Massachusetts, aux États-Unis. Là-bas, "la notion de role model est très forte pour les filles mais aussi pour les garçons", explique-t-elle à RTL Girls

"La plupart des individus ont besoin, sans le conceptualiser de la sorte, de se projeter en d’autres individus pour s’imaginer prendre telle ou telle voie, et de façon général d’élargir le champs des possibles, ajoute Aurélie Jean. "En France, ce modèle existe peu encore. J’ai personnellement deux mentors ici, vers qui je me tourne très fréquemment quand j’ai des questions, leur aide est précieuse, ils se reconnaîtront !"

Mentorat informel ou structures spécialisées

Pour "forcer un peu le destin" et rattraper le retard des femmes dans le monde du numérique, et plus largement du travail, Céline Lazorthes affirme que "toutes les femmes qui ont cette capacité à aller de l’avant dans ces secteurs doivent être des locomotives pour les autres femmes. Cela peut passer par les réseaux, le mentorat, les incubateurs de startups comme Willa ou encore des initiatives personnelles", détaille Céline Lazorthes qui a choisi de son côté de parier sur le mentorat informel. 

Apéros, dîners en petit comité, événements organisés par l'association StartHer... Céline Lazorthes prend toujours (à de rares exceptions près) le temps de rencontrer ou d'échanger avec les jeunes entrepreneuses qui la sollicitent pour un projet en cours de développement.

Je pense qu’en tant que scientifiques nous avons un rôle à jouer dans la société

Aurélie Jean
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"Dans mon quotidien, selon les occasions, je n’hésite pas à raconter ce que je fais à des personnes que je rencontre", ajoute Aurélie Jean. "Je pense qu’en tant que scientifiques nous avons un rôle à jouer dans la société en expliquant ce qu’on fait et comment on le fait", explique celle qui s'engage en moyenne une fois par mois sur des conférences et autres rencontres "pour parler de [son] expérience, des sciences numériques ou du code informatique en général".

Aurélie Jean ne s'en tient pas là et multiplie les supports. Son mentorat passe aussi par la rédaction d'articles comme par son statut de marraine de la première promotion de l'école IA Microsoft, en collaboration avec Simplon. Cette formation est ouverte à 24 élèves de 19 à 39 ans, "en reconversion professionnelle, éloignés de l’emploi ou décrocheurs scolaires", comme l'explique le site de Microsoft.

Aurélie Jean au salon Viva Technology, édition 2017
Aurélie Jean au salon Viva Technology, édition 2017 Crédit : Arièle Bonte / RTLnet

Réécrire les règles du jeu dans la vie pro et perso

Avec son CV long comme le bras, Shelley Zalis a quant à elle carrément dédié une grande partie de sa carrière à aider les femmes à concilier vies professionnelle et personnelle. CEO de The Female Quotient, elle est également la fondatrice de The Girls' Lounge, créé il y a deux ans.

Cette association organise notamment des rencontres et conférences partout dans le monde pour aider les femmes à "trouver leur voix" tout en tentant de réécrire les règles du jeu de l'égalité dans le monde du travail. "Si on aide les femmes sans fixer de nouvelles règles, elles vont quand même continuer à trébucher", confie cette Américaine à RTL Girls

Shelley Zalis applique la méthode du "mentorat dans le moment". Pour elle, il ne s'agit pas de se trouver un ou une mentore à vie mais de pouvoir compter sur une ou plusieurs femmes selon le moment de son parcours. "Il n'y a pas de bonne formule dans le mentorat", affirme-t-elle.

La dirigeante américaine en est persuadée : le mentorat professionnel est un excellent moyen de s'affirmer et de s'émanciper également dans sa vie personnelle. "Nous n'avons qu'une vie. Il n'y a pas de séparation entre vie pro et perso". Les deux sont liées et les récompenses se trouvent des deux côtés.

Shelley Zalis, CEO de The Female Quotient et fondatrice de The Girls' Lounge
Shelley Zalis, CEO de The Female Quotient et fondatrice de The Girls' Lounge Crédit : Arièle Bonte pour RTL.fr

Une relation gagnante-gagnante

"Je suis toujours fascinée par le courage et la créativité des plus jeunes", confie Céline Lazorthes. "Il faut du courage pour monter un projet, être fou ou naïf ! Aujourd'hui, j'ai presque la peur de l'adulte".

Aurélie Jean de son côté tire du mentorat un sentiment de valorisation très personnel : "Cela m’apporte énormément, je pose à ma manière et à la hauteur de mes moyens une pierre à l’édifice à la construction de notre société. C’est important pour moi de contribuer techniquement mais aussi socialement à notre société", raconte-t-elle. 

Nous avons toujours eu l'habitude d'être seules et c'est très désagréable

Shelley Zalis
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Shelley Zalis ne cesse de son côté de partager ses expériences et de recevoir celles d'autres femmes. "Nous avons toujours eu l'habitude d'être seules et c'est très désagréable" explique celle qui a passé une très grande partie de sa carrière à être la "seule dirigeante" dans son domaine. "Aujourd'hui nous avons tout un réseau et toute une communauté de merveilleuses femmes travaillant ensemble", ajoute la dirigeante pour qui la solidarité entre femmes est indispensable. "Plus que jamais", insiste-t-elle.

Pour trouver la perle rare qui saura vous conseiller, Aurélie Jean assure qu'il ne faut pas essayer de la chercher. "Mais augmentez vos chances de la rencontrer en parlant avec les personnes autour de vous, en vous ouvrant sur les autres et en devenant vous même mentor(e)", assure-t-elle.

"J’ai beaucoup appris sur moi-même en mentorant les autres, je mentore des jeunes filles des garçons, des femmes et des hommes, les voir grandir et évoluer est une grande fierté". Recevoir, puis donner, un modèle qui, comme celui des réseaux féminins, ne demande qu'à exister !

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