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Les oreillettes traductrices vont-elles faire tomber la barrière de la langue ?

Plusieurs entreprises ont lancé des écouteurs capables de traduire instantanément dans une langue une phrase prononcée dans une autre. Mais ces produits ont pour l'instant des limites importantes.

Les écouteurs Pixel Buds sont capables de traduire 40 langues à la volée
Crédit Image : AFP

Grâce aux progrès de l'intelligence artificielle, les langues n'auront bientôt plus de frontières. Plusieurs entreprises ont lancé des écouteurs capables de traduire instantanément dans une langue une phrase prononcée dans une autre. Ces appareils tirent profit du développement des réseaux neuronaux et des avancées de la reconnaissance vocale pour convertir en temps réel les langages d'une oreillette à l'autre. De quoi caresser le rêve de réaliser un jour le tour du monde en comprenant chaque peuple sans parler leur langue. Un premier pas vers une communication universelle, à mi-chemin entre le mythe de la tour de Babel et la science-fiction.

Des écouteurs sans-fil reliés à un logiciel

Plusieurs modèles d'écouteurs polyglottes de première génération ont déjà investi le marché américain. Le Clik de Mymanu (249 dollars) en mai 2016, les Pixel Buds de Google (159 dollars) depuis octobre 2017 et le Pilot de Waverly Labs (249 dollars), lancé en juin 2016 et disponible en prévente actuellement. Tous fonctionnent de la même façon. Ils s'utilisent comme des écouteurs sans-fil lambda et sont reliés au smartphone par Bluetooth. Ils embarquent des microphones qui captent la voix de l'interlocuteur. Un logiciel s'occupe de traduire les propos dans la langue voulue puis de transmettre la réponse aux oreillettes en retour.

Les écouteurs de Google utilisent le logiciel de traduction maison, Google Translate. Lorsque l'interlocuteur commence à parler, le logiciel se connecte aux serveurs de Google pour trouver la traduction adéquate. Les autres ont développé leur propre système, un secret qu'elles gardent jalousement, indiquait Les Échos début février. L'entreprise Waverly Labs assure être en capacité de traduire plus de 15 langues en temps réel avec ses oreillettes Pilot. Mymanu propose 29 langues et Google en revendique 40, du chinois au japonais, en passant par le grec.

Pas encore la fin des cours de langue

Outre le fait qu'ils sont seulement disponibles dans un nombre limité de pays anglo-saxons - on ignore quand la France pourra en profiter, ces premiers produits souffrent pour l'instant d'importantes limites. La traduction assurée par les écouteurs est encore loin d'être parfaite. Les oreillettes de Google ont les mêmes défauts que Google Translate et commettent les mêmes erreurs. Elles ont des problèmes de connectivité, une autonomie relative et nécessitent que les deux interlocuteurs les portent pour pouvoir bénéficier d'une traduction mutuelle. 

Enfin, les logiciels utilisés pour transformer les phrases captées par les micros en texte à traduire et les convertir en son dans une langue voulue nécessitent un accès à Internet pour accéder aux serveurs où ils puisent leurs réponses. Pas l'idéal pour un voyage à l'étranger. Ces lacunes devraient être comblées au fil du temps avec le développement de l'intelligence artificielle et des réseaux 5G. L'investissement d'autres acteurs de premier plan comme Apple ou Amazon, qui projette d'intégrer la traduction instantanée à son assistant virtuel intelligent Alexa, devrait également donner une nouvelle dimension à ce marché naissant.

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