3 min de lecture Connecté

Les États-Unis demandent aux touristes de déclarer leurs réseaux sociaux

Cette requête facultative a été ajoutée au formulaire en ligne ESTA, pour les citoyens des pays exemptés de visa, comme la France. Les militants des droits de l'Homme dénoncent une mesure liberticide.

Un agent des douanes américaines à l'aéroport international de Miami
Un agent des douanes américaines à l'aéroport international de Miami Crédit : AFP
BenjaminHuepro
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Le gouvernement américain veut connaître l'activité de ses touristes en ligne. Depuis le 20 décembre, les visiteurs désireux de se rendre aux États-Unis sans visa sont invités à communiquer leurs noms d'utilisateurs sur les réseaux sociaux dans le cadre de la procédure de demande d'ESTA (Electronic System for Travel Authorization), qui permet aux ressortissants d'une quarantaine de pays d'être exemptés de visa pour un séjour sur le sol américain inférieur à 90 jours. 

À la fin du formulaire, les voyageurs peuvent désormais signaler leur présence en ligne sur les plateformes les plus populaires, comme Facebook, LinkedIn, Twitter, VKontakte, YouTube ou Instagram. Cette ligne supplémentaire fait suite à une demande formulée en juin dernier par le gouvernement Obama auprès du Federal Register, l'équivalent du Journal officiel, afin de mieux identifier les voyageurs pouvant constituer une menace potentielle pour les États-Unis. 

La collecte des données relatives aux réseaux sociaux doit "améliorer le processus d'enquête" et "donner au département de la sécurité intérieure plus de clarté et de visibilité sur de possibles activités et connexions malveillantes", pouvait-on lire dans le projet gouvernemental.

À lire aussi
macOS Mojave est disponible depuis le 24 septembre Connecté
macOS 10.14 Mojave est disponible : les 7 nouveautés de la mise à jour du Mac
Les visiteurs de passage aux États-Unis sont invités à communiquer leurs identifiants sur les réseaux sociaux à la douane américaine
Les visiteurs de passage aux États-Unis sont invités à communiquer leurs identifiants sur les réseaux sociaux à la douane américaine Crédit : Capture d'écran

Une requête facultative aux contours incertains

Les touristes voyageant aux États-Unis sont exemptés de visa si leur séjour n'excède pas 90 jours. Ils doivent remplir une demande d'autorisation de voyage en ligne, dans laquelle il leur est demandé de renseigner leur état civil, leur numéro de passeport, leur activité professionnelle et leur adresse sur place. Le formulaire est ponctué par une série de questions visant à vérifier qu'ils ne représentent pas une menace pour la sécurité du pays. Ce contrôle est assorti d'une identification par empreintes digitales et un éventuel entretien lors du passage devant les douanes américaines.

La section "médias sociaux" est une option facultative et les voyageurs refusant de soumettre ces informations ne devraient pas se voir refuser l'entrée sur le sol américain pour l'instant. On ignore cependant comment les douanes vérifieront qu'un voyageur n'a pas déclaré un compte factice et comment elles réagiront face des comptes privés, auxquels elles n'ont pas officiellement accès. Le dispositif n'indique pas non plus si les informations recueillies par ce biais pourront être utilisées pour refuser l'entrée d'un ressortissant étranger identifié comme un activiste politique.

Un risque de dérives liberticides

À l'époque, la proposition avait provoqué une levée de boucliers des militants des droits de l'Homme et des entreprises technologiques. Le groupe de lobbying de l'Internet Industry Association, représentant des groupes comme Facebook et Google, avait condamné une mesure menaçant la vie privée et la sécurité des visiteurs concernés et surtout susceptible d'aboutir à la création de la plus grande base de données gouvernementales au monde, alors que près de 80 millions de personnes voyagent tous les ans aux États-Unis par l'intermédiaire de la procédure d'exemption de visa.

"Il y a très peu de règles encadrant la façon dont ces informations sont recueillies, stockées, diffusées à d'autres structures et il n'existe aucune directive sur la limitation de l'utilisation de ces informations par le gouvernement", regrette Michael W. Macleod-Ball, de l'Union américaine pour les libertés civiles. Les opposants craignent notamment que le dispositif cible particulièrement les communautés arabes et musulmanes, déjà soumises à des fouilles approfondies depuis le renforcement des mesures de contrôle aux frontières après le 11 septembre 2001.


Depuis le massacre de San Bernardino, le 2 décembre 2015, les autorités américaines ont aussi érigé le contrôle des réseaux sociaux au rang de priorité. L'enquête a démontré que les auteurs de l'attentat avaient laissé plusieurs messages en ligne attestant de leur radicalisation, alors qu'ils bénéficiaient d'un visa temporaire K1, permettant chaque année à quelques dizaines de milliers d'Américains de faire venir de l'étranger leur futur conjoint pour l'épouser sur le sol américain.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Connecté États-Unis Tourisme
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7786451387
Les États-Unis demandent aux touristes de déclarer leurs réseaux sociaux
Les États-Unis demandent aux touristes de déclarer leurs réseaux sociaux
Cette requête facultative a été ajoutée au formulaire en ligne ESTA, pour les citoyens des pays exemptés de visa, comme la France. Les militants des droits de l'Homme dénoncent une mesure liberticide.
https://www.rtl.fr/actu/futur/les-etats-unis-demandent-aux-touristes-de-declarer-leurs-reseaux-sociaux-facebook-esta-visa-7786451387
2016-12-26 18:46:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/MlfP3dzBNKIhMo9Mc2sTjg/330v220-2/online/image/2016/1226/7786456966_un-agent-des-douanes-americaines-a-l-aeroport-international-de-miami.jpg