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Les débris d'une fusée chinoise s'écrasent sur Terre après une descente non maîtrisée

Après une semaine en orbite, une fusée chinoise a effectué un retour sur Terre non maîtrisé. L'essentiel des débris se sont perdus dans l'océan mais des morceaux ont peut-être été retrouvés en Côte d'Ivoire.

La fusée Long-March 5 lors de son décollage à Wenchang
La fusée Long-March 5 lors de son décollage à Wenchang Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Les débris d'une fusée chinoise sont retombés sur Terre entre le 11 et le 12 mai à l'issue d'une descente non maîtrisée. Scruté par les observatoires du monde entier, l'engin de 18 tonnes s'est écrasé dans l'océan Atlantique au large de l'Afrique de l'Ouest mais des débris ont peut-être également terminé leur course dans des villages de Côte d'Ivoire. 

Aux dires des spécialistes, il s'agit de la chute incontrôlée d'un objet spatial la plus spectaculaire de ces 30 dernières années. Pour trouver la trace d'un événement comparable, il faut remonter à 1991 et le retour sur Terre de la station militaire soviétique Saliout 7, a commenté l'astrophysicien Jonatahn McDowell sur Twitter

La fusée Long-March 5 avait été lancée le 5 mai depuis la base de lancement de Wenchang sur l'île de Hainan, au sud de la Chine, un premier pas vers la construction d'une future station spatiale chinoise et d'éventuelles expéditions lunaires dans les prochaines années. Après une semaine en orbite, l'engin a pris la direction de la Terre et les scientifiques ont eu toutes les peines du monde à déterminer à quel endroit aillait atterrir le premier étage de sa fusée. 

En temps normal, dans le cadre d'un retour sur Terre contrôlé, les débris spatiaux terminent leur course au cœur de l'océan Pacifique, dans une immense bande de 24 millions de kilomètres carrés éloignée de toute terre, connue sous le nom de point NEMO. Des centaines d'appareils y dorment actuellement, dont la station Mir, depuis 2001. 

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Mais dans certains cas, lorsqu'un engin est inactif depuis un certain temps et se retrouve hors de contrôle des ingénieurs de vol, la redescente sur Terre peut ne pas être maîtrisée. Comme l'expliquait un spécialiste de la question à RTL.fr en 2018 à l'occasion du retour sur Terre de la station spatiale chinoise Tiangong-1, les rentrées incontrôlées des débris spatiaux sont difficiles à modéliser en raison de la dynamique complexe de la haute atmosphère.

"La précision d’une rentrée correspond à 10% du temps restant avant la rentrée. Dix jours avant, vous pouvez l'estimer à plus ou moins un jour. Un jour, c’est quatorze orbites. Dix jours avant, vous n’avez donc pas la moindre idée d’où ça peut retomber. La veille de la rentrée, vous avez une précision de l’ordre de 2 heures. 2 heures, c’est 60.000 km", soulignait Christophe Bonnal, expert des débris spatiaux au Cnes.

Des débris dans des villages en Côte d'Ivoire ?

Ces descentes incontrôlées présentent un risque limité car la Terre est essentiellement recouverte d'océans, de forêts et de déserts. Mardi, l'essentiel du premier étage de la fusée chinoise s'est désintégré au contact de l'atmosphère terrestre et ses débris se sont perdus en mer, au large de la côte de l'Afrique de l'Ouest, comme l'a confirmé l'US Air Force.  Mais plusieurs témoignages rapportent que des morceaux ont été retrouvés en Côte d'Ivoire

Un objet métallique non identifié d'une dizaine de mètres de long est par exemple tombé sur le village de Mahounou qui se trouvait dans la trajectoire de la fusée. Les médias locaux font aussi état d'une maison qui aurait été endommagée. Ces pièces doivent encore être authentifiées. Selon l'astrophysicien Jonathan McDowell, il s'agit probablement de morceaux de la fusée. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie locale. Aucune victime n'a été signalée.

Si le lien avec la station chinoise est avéré, la responsabilité de la Chine sera nécessairement engagée, rappelle Numerama. La Convention sur la responsabilité internationale pour les dommages causés par des objets spatiaux de 1972 stipule qu'un Etat "a la responsabilité absolue de verser réparation pour le dommage causé par son objet spatial à la surface de la Terre".

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