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La France veut faire la paix dans le cyberespace

Emmanuel Macron a lancé lundi 12 novembre un appel sur la sécurité dans le cyberespace. Alors que les attaques se multiplient, la France veut relancer les discussions internationales sur la gouvernance de l'Internet mondial pour éviter l'éclatement du réseau.

Emmanuel Macron à Station F le 9 octobre 2018
Emmanuel Macron à Station F le 9 octobre 2018 Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

La France veut éviter l'escalade des conflits informatiques. À l'occasion du 13e Forum sur la gouvernance de l'Internet, organisé sous l'égide des Nations unies jusqu'à mercredi à l'Unesco, à Paris, le président de la République Emmanuel Macron a lancé lundi 12 novembre un "Appel de Paris" afin de rassembler des États, des entreprises du numérique et des acteurs de la société civile dans un même élan de "soutien à un cyberespace ouvert, sûr, stable, accessible et pacifique". L'initiative vise à donner une nouvelle impulsion aux négociations internationales sur la paix et la sécurité dans le monde numérique, au point mort depuis l'an passé.

"Plus un jour ne se passe sans que l'on ne découvre une nouvelle campagne malveillante dans le cyberespace ou une nouvelle attaque informatique menée à des fins d'espionnage, de sabotage ou d'influence", a rappelé lundi matin le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian. Comme pour les armes nucléaires, "il faut des accords pour éviter éviter la guerre numérique qui serait catastrophique".

Ces dix dernières années, le cyberespace s'est imposé comme un nouveau théâtre de guerre pour les groupes criminels et les États qui l'utilisent à des fins d'espionnage, de guerre informationnelle ou de déstabilisation politique. Les actions visant des institutions étatiques, des sociétés civiles ou des entreprises privées sont de plus en plus régulières et spectaculaires. Elles dessinent un clivage entre les occidentaux d'un côté, et les services de renseignement russes, chinois ou nord-coréen de l'autre. Les États prennent ces questions au sérieux et consacrent des budgets de plus en plus importants aux recrutements de cybercombattants offensifs et défensifs.

La difficile application du droit dans le cyberespace

Mais le cyberespace se prête encore peu à l'application du droit international. Malgré des débuts prometteurs et un consensus obtenu en 2015, les initiatives de l'Onu ont échoué l'an passé sur fond de nouvelle Guerre Froide opposant les États-Unis et leurs alliés à la Chine, Cuba et à la Russie. En parallèle, de grandes entreprises du numérique comme Siemens ou Microsoft ont lancé elles aussi des initiatives pour protéger le cyberespace et leurs intérêts. Dans ce contexte de course à la régulation, Paris espère désormais faire converger les différentes positions autour d'une vision de la cyberpaix respectueuse des droits fondamentaux.

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"L'appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace", dont la version finale a été rendue publique lundi matin par l'Élysée, met ainsi en avant neuf objectifs pour limiter les piratages informatiques, les manœuvres de déstabilisation politique sur le Web, l'ingérence dans les processus électoraux, la proliférations des outils numériques dangereux et dissuader les acteurs privés de riposter aux attaques informatiques dont ils sont la cible par d'autres attaques destructrices. 

Sans les États-Unis, la Chine et la Russie

La France a finalement rassemblé plusieurs centaines de signataires autour de sa doctrine mais certains acteurs clé brillent par leur absence. Sur le plan institutionnel, une cinquantaine d'États soutiennent le projet, dont la totalité des États membres de l'Union européenne, déjà proches de la position française, et une vingtaine de nations des autres continents dont le Canada, la Corée du Sud, le Japon ou la Suisse. 

En revanche, la signature de certains des acteurs les plus influents du cyberespace manque à l'appel : la Chine et la Russie sont hors-jeu et les négociations avec les États-Unis n'ont pas abouti, tout comme Israël. 

L'appel de Paris a également réussi à fédérer une grande partie des acteurs clé du secteur privé. Microsoft, Facebook, Google, Siemens, Samsung, Cisco, IBM, HP, Nokia, Oracle, Orange CyberDefense, Intel ou Kaspersky ont paraphé le texte, tout comme Airbus, Nestlé, Total, Thales ou Engie.

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Emmanuel Macron a lancé lundi 12 novembre un appel sur la sécurité dans le cyberespace. Alors que les attaques se multiplient, la France veut relancer les discussions internationales sur la gouvernance de l'Internet mondial pour éviter l'éclatement du réseau.
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2018-11-12 13:31:00
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