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La cybercriminalité a coûté près de 250 millions d'euros aux Français en 2017

5.300 plaintes pour des faits de délinquance en ligne ont été enregistrées chaque mois en moyenne par la gendarmerie nationale l'an dernier. La majorité concerne des faits d'escroquerie.

Une cyberattaque a déjà touché plus de 150 pays à travers le monde, le 12 mai 2017.
Crédit Image : THOMAS SAMSON / AFP

La cybercriminalité continue de prendre de l'ampleur en France. Le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) a recensé l'an dernier 63.562 plaintes reçues par la Gendarmerie nationale pour des faits de délinquance en ligne. Soit 5.300 nouveaux faits de cybercriminalité en moyenne chaque mois à travers l'Hexagone.

Un nombre en augmentation de 32% par rapport à l'année précédente où 48.089 plaintes avaient été reçues. Le préjudice total causé par la délinquance en ligne est estimé entre 230 millions d'euros et 265 millions d'euros sur l'année. Un montant en nette hausse par rapport à 2016 où le dommage était estimé à un peu plus de 200 millions d'euros.

"Un certain nombre d'individus malhonnêtes a bien compris que la naïveté et le manque de connaissances techniques de nos concitoyens était une source de profit considérable", explique à RTL Futur le Colonel Nicolas Duvinage, commandant de l'unité d'élite informatique C3N chargée de débusquer les cybercriminels sur la Toile.


Forte hausse des escroqueries au support technique

La majorité des plaintes concerne des faits d'escroquerie sur Internet (70% du total). Viennent ensuite les piratages (10%), les atteintes aux personnes (10%) et d'autres contentieux (10%) comme le trafic de stupéfiants. Plusieurs phénomènes sont en plein essor.

Au-delà des escroqueries aux annonces immobilières (chèques en bois, chèques volés) et des arnaques aux sentiments (mandats cash, transferts d'argent), le C3N observe une forte hausse des escroqueries au faux support technique informatique, avec des noms de société et des numéros de téléphone extrêmement variés. 

"Vous naviguez tranquillement quand votre écran est pris par une annonce expliquant que l'ordinateur est infecté et qu'il faut appeler un numéro fixe pour le désinfecter. Les plus technophiles ne tombent pas dans le panneau mais la majorité des personnes pensent que la fenêtre est vraiment bloquée et finissent par appeler. Ils tombent sur une société usurpée et fournissent des informations bancaires pour télécharger un utilitaire de nettoyage, au mieux neutre, qui peut parfois contenir un logiciel espion", détaille le Colonel Duvinage.

Les escroqueries visent tout les profils

Le profil des victimes varie selon les contentieux. Les rançongiciels touchent essentiellement les PME. "Les grands groupes et les administrations sont mieux armés pour lutter. En revanche, les PME n'ont pas forcément d'équipe dédiée à la sécurité informatique et n'ont pas mis en place tous les moyens nécessaires à la protection", souligne le Colonel Duvinage.

Certains faits collent aux idées reçues. Le revenge porn touche massivement les femmes de 15 à 30 ans et la pédopornographie les mineurs. "Les escroqueries visent tout le monde : hommes, femmes, jeunes, vieux, diplômés ou non".

Si le nombre de plaintes reçues en gendarmerie a augmenté, le C3N n'est pas en capacité de communiquer sur leurs taux d'élucidation. "Les modes de remontées fonctionnent sur les plaintes et non sur l'aboutissement des dossiers", explique Nicolas Duvinage.

Le Colonel admet rencontrer un certain nombre de difficultés à résoudre les affaires impliquant des rançongiciels. "Mais elles ne sont pas propres à la France. On collabore avec les autorités des autres pays qui connaissent les mêmes soucis".

Le blanchiment d'argent en bitcoin dans le viseur

Le super gendarme se félicite des progrès réalisés depuis quelques mois par les services de police et de gendarmerie sur "les très grosses escroqueries à plusieurs centaines de milliers d'euros qui touchent les entreprises".

C'est plus compliqué pour les particuliers. "L'éclatement des procédures réparties aléatoirement sur le territoire ne va pas forcément attirer l'attention des magistrats et des enquêteurs", regrette-t-il. "Le défi est dans le traitement des escroqueries sérielles aujourd'hui".

Lors des prochains mois, le C3N accordera une attention toute particulière aux escroqueries au faux support technique et au blanchiment d'argent en bitcoin et autres monnaies virtuelles.

Mais le Colonel s'attend à voir surgir de nouvelles arnaques. "Maintenant que la presse et les chambres de commerce et d'industrie ont fait beaucoup de prévention sur les escroqueries au président, les escrocs mettent en place de nouvelles stratégies, sur les faux ordres de commande internationaux notamment".

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