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La 5G est-elle dangereuse pour la santé ?

La 5G va faire son arrivée en France à partir de 2020. Les opposants au déploiement de la 5G s'inquiètent d'un éventuel impact sanitaire lié à l'exposition aux ondes.

Réseau 5G (illustration)
Réseau 5G (illustration) Crédit : AFP
Nicolas Barreiro

Déjà instaurée dans plusieurs pays comme la Corée du Sud, les États-Unis, l'Estonie et Monaco, la 5G présente une révolution technologique au potentiel énorme. 

Cette nouvelle génération de couverture mobile va bientôt arriver en France. Les opérateurs commenceront l'opération à partir de 2020 et d'ici 2025, les deux-tiers du pays y aura accès. Il faudra ensuite attendre cinq années supplémentaires avant que la France entière puisse en profiter.

Cette nouvelle génération de réseau représente une révolution. Elle propose dix fois plus de débit que sa prédécesseure. Par exemple, il ne faudra que 10 secondes pour télécharger une vidéo de 1Go contre 7 minutes avec la 4G. Ainsi, la 5G devrait jouer un rôle primordial dans le développement des voitures autonomes, des robots connectés et de la télémédecine. 

Néanmoins cette innovation inquiète les plus sceptiques. Ceux-là s’appuient principalement sur deux études. D’une part, un rapport du National Technology Program (NTP), qui faisait le rapprochement entre une forte exposition aux ondes 2G et 3G et l’apparition de tumeurs au cerveau chez les rats mâles.

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Ils se basent également sur la décision de l’Organisation Mondial de la Santé (OMS) qui a classé ces champs électromagnétiques dans la catégorie des cancérogènes possibles pour l’homme.

Des études controversées

L'argumentaire le plus virulent contre le déploiement de la 5G est le fruit du 5G Appeal. Cette pétition lancée en 2017 réunit 245 docteurs et scientifiques exprimant leur préoccupation au sujet de l'accroissement de l'exposition aux champs  électromagnétiques. Ils demandent un moratoire afin de suspendre le déploiement de la 5G en Europe.

Les signataires du 5G Appeal s'appuient sur différentes sources. Dont le rapport du NTP, cité plus tôt. Or l’Anses avait émis des incertitudes vis-à-vis de cette étude, concluant qu’elle ne fournissait pas "un ensemble de preuves cohérent, fiable et généralisable pouvant servir de base à la révision des directives actuelles sur l’exposition humaine". En effet, les rats étaient soumis à une durée et un niveau d’exposition bien plus importants que les utilisateurs de smartphone.

Quant à la classification de l'OMS, les éléments classés comme "potentiellement cancérogène" n'ont pas de liens avérés avec le cancer. Il n'existe donc toujours pas de preuves concrètes de leur corrélation avec cette maladie. Les ondes électromagnétiques sont ainsi classées au même niveau que le fioul, le plomb mais aussi l'aloe vera ou les légumes en saumure, rappelle Le Monde.

Les reste des sources présente des problèmes similaires, rendant le 5G Appeal peu crédible. La communauté scientifique critique d'ailleurs certaines d'entre elles l'accusant notamment de refléter "les opinions ou convictions personnelles de leurs auteurs." Les signataires sont pour la plupart des militants anti-ondes, à l'instar du professeur Belpomme, un cancérologue visé par une procédure disciplinaire de l'Ordre des Médecins. 

Pas plus de risque que la 4G

De son côté, la Commission fédérale des communications (FCC) a également réalisé une étude à ce sujet. La FCC, une agence indépendante du gouvernement américain, est chargée de réguler les télécommunications et de fixer les limites de radiofréquences avec d'autres organismes de santé. 

Après 6 ans d'étude, l'organisme américain compte conserver les mêmes limites que celles qui sont d'usage depuis 1996, "nous estimons qu’il est approprié de maintenir les limites de radiofréquences actuelles, qui sont parmi les plus strictes au monde pour les téléphones cellulaires."

Elle ajoute également que la 5G ne présente pas plus de risque que le 3G ou la 4G, "les preuves scientifiques disponibles à ce jour n’appuient pas les effets nocifs sur la santé humaine dus à des expositions aux limites actuelles ou inférieures à celles-ci."

En France, les conclusions sont identiques. Pour l'Agence Nationale des Fréquences, le réseau 5G ne présente pas de danger pour la santé. "Les téléphones qui seront compatibles avec la 5G n’émettront pas davantage d'ondes que les smartphones actuels, qui se situent sous les seuils réglementaires", a assuré l'an dernier l'ANFR au site du magazine Capital.

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