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L'application de reconnaissance faciale du gouvernement bientôt déployée ?

ÉCLAIRAGE - La France pourrait déployer dans les prochaines semaines une application permettant aux citoyens de s'identifier sur les sites des services publics grâce à la reconnaissance faciale. Un projet qui suscite des réserves chez les défenseurs des libertés.

Le gouvernement veut utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les citoyens sur les sites administratifs
Le gouvernement veut utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les citoyens sur les sites administratifs Crédit : Interieur.gouv
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Va-t-on bientôt pouvoir s’identifier sur le portail des impôts, de la Caisse des dépôts ou sur le site de la CAF en présentant simplement son visage à son smartphone ? Séduisante pour les uns, effrayante pour les autres, la perspective n’a jamais semblé aussi proche.

Selon les informations du média américain Bloomberg, la France est sur le point de devenir le premier pays européen à offrir à ses citoyens la possibilité de s’identifier sur les sites administratifs et les services publics en utilisant une technologie de reconnaissance faciale sécurisée. Le programme Alicem (Authentification en ligne certifiée sur mobile) développé par le ministère de l’Intérieur et l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) pourrait être disponible dès le mois de novembre. Contacté par nos soins, le ministère n'a pas encore commenté l'information.

Actuellement en phase de test, le dispositif se présente sous la forme d’une application mobile à travers laquelle il serait possible de s’identifier pour accéder à plus de 500 services publics en ligne. Jusqu’ici, l’ouverture des portes des services administratifs en ligne est subordonnée au renseignement d’un identifiant et d’un mot de passe. La solution FranceConnect permet d’utiliser un compte unique pour vérifier son identité en ligne auprès de l’administration. 

Avec Alicem, il ne sera plus nécessaire de mémoriser plusieurs identifiants et mots de passe, explique le site du ministère de l’Intérieur.  Les personnes détentrices d’une pièce d’identité avec une puce biométrique, comme le passeport ou le titre de séjour, pourront faire vérifier leurs informations par l’application puis prouver leur identité en filmant une brève vidéo de leur visage sous plusieurs angles et en clignant des yeux. L’application comparera ensuite ces données avec celles de la puce pour valider ou non la création d’un compte donnant accès aux sites administratifs.

La reconnaissance faciale s'invite dans l'espace public

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Au-delà de l’avantage pratique que constituent ces démarches en lignes simplifiées, ce programme soulève des questions de confidentialité des données. En juillet, l’association de défense des droits sur Internet La Quadrature du Net a déposé un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler le décret autorisant le projet qui risque de participer, selon elle, "à la banalisation de la reconnaissance faciale" dans l’espace public avec le risque de la voir utilisée comme outil de surveillance

La Commission nationale de l’Informatique et des libertés (Cnil) s’interroge quant à elle sur la compatibilité d’Alicem avec les dispositions du Règlement européen de protection des données personnelles car les utilisateurs sont obligés d'accepter le traitement de leurs données biométriques pour utiliser le service, ce qui est contraire au principe de recueillement du consentement de l'utilisateur.

De son côté, le ministère de l’Intérieur assure que le système bénéficie d’un niveau de sécurité élevé et qu’il laisse aux utilisateurs "un haut niveau de maîtrise de leurs données" qui sont "enregistrées uniquement sur leur téléphone portable sous leur contrôle exclusif". La place Beauvau affirme qu’aucune donnée biométrique ne peut être partagée et que les vidéos de reconnaissance faciale créées à la création des comptes seront supprimées après la vérification.

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