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IPTV : le piratage du foot et des séries à petit prix qui inquiète les autorités

L'autorité de lutte contre le piratage Hadopi s'inquiète de l'essor de l'usage de l'IPTV en France. Ce mode de piratage par abonnement permet de visionner facilement des milliers de chaînes du monde entier pour quelques euros par mois.

Une femme devant sa télévision (illustration)
Une femme devant sa télévision (illustration)
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Moins de dix euros par mois pour profiter de toutes les chaînes de sport et de tous les bouquets de séries. L'IPTV est la nouvelle hantise de la Hadopi. Ces quatre lettres (Internet Protocol Television) désignent une nouvelle pratique en vogue chez les resquilleurs de contenus en ligne. 

Selon les constatations de la haute autorité de lutte contre le piratage, près d'un quart des internautes français regardent des programmes TV en direct via des flux illégaux. Si le live streaming et les flux proposés directement sur les réseaux sociaux via Facebook Live ou Periscope charrient le gros des fraudeurs, l'IPTV est en forte progression : 5% des internautes regardent des contenus en direct par ce biais.

L'IPTV gagne du terrain chaque année en France. De plus en plus facile d'accès, ce mode de piratage privé permet d'accéder à des milliers de chaînes du monde entier en haute définition en échange d'un abonnement facturé quelques euros par mois. Il suffit d'acheter un boîtier Android TV préconfiguré, accessible sur Internet et dans certaines boutiques, ou d'installer une application pour TV connectée, smartphone ou tablette pour accéder à une myriade de contenus sportifs, films et séries. Des alternatives gratuites financées par des publicités existent aussi sous la forme de playlists M3u mais les services proposés sont moins complets.

Comment fonctionne l'IPTV
Comment fonctionne l'IPTV Crédit : Hadopi

Une alternative à la fragmentation des offres légales

Face à la fragmentation des offres légales, l'IPTV est un peu le Graal des téléspectateurs qui ne souhaitent pas cumuler les abonnements et débourser une centaine d'euros par mois pour regarder les matches de Ligue des champions sur RMC Sports, la Ligue 1 sur Canal+ et visionner des séries sur Netflix et OCS. "Un an d'IPTV, ça revient pratiquement aussi cher que de cumuler trois abonnements à des bouquets pendant un mois", observe un abonné IPTV interrogé par la Hadopi.

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Selon la Haute autorité, 73% des utilisateurs réguliers de l'IPTV y ont recours au moins trois fois par semaine. Le phénomène s'est accéléré l'an passé à l'occasion de la Coupe du monde de football et l'arrivée de RMC Sport comme diffuseur de la Ligue des champions. Interrogé par Challenges, Médiamétrie s'attend d'ailleurs à voir le phénomène s'amplifier avec l'arrivée de Mediapro parmi les diffuseurs de la Ligue 1 l'année prochaine.

La croissance de ce type de pratique se fait évidemment au détriment des ayants droits. L'étude montre que 54% des utilisateurs d'IPTV illicite se sont déjà désabonnés d'un service légal. Mais elle fait aussi émerger un mode de consommation mixte. 87% des utilisateurs de l'IPTV bénéficient déjà d'un abonnement à une offre payante et 83% à un service de vidéo à la demande. 

Une pratique quasiment impossible à détecter

Les autorités semblent quelque peu démunies pour contenir la progression du phénomène. Contrairement au piratage peer-to-peer, il est impossible de détecter les internautes ayant recours à cette technologie. Les moyens techniques le permettant seraient trop intrusifs pour les usagers. Le seul levier dont disposent les forces de l'ordre est le démantèlement des groupes mafieux qui gèrent les infrastructures des offres d'IPTV, note le site spécialisé 01Net.

La Hadopi va donc se contenter de pousser les chaînes et les opérateurs de télévision à mieux communiquer auprès du public sur les inconvénients de ces services, comme l'absence de service après-vente pour résoudre les problèmes techniques, le risque de confier ses données personnelles à des inconnus, le financement potentiel de gangs mafieux derrière ce type d'activités et l'exposition à des virus informatiques.

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