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Insultes contre Marlène Schiappa : comment sont contrôlés les réseaux sociaux ?

ÉCLAIRAGE - Visée par des cagnottes humiliantes, des insultes et des menaces de mort, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes a porté plainte pour cyberharcèlement. Une nouvelle illustration de la difficile modération des réseaux sociaux.

Marlène Schiappa à l'Assemblée nationale le 12 décembre 2017
Marlène Schiappa à l'Assemblée nationale le 12 décembre 2017 Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP
Sophie Jousselin
Sophie Joussellin
et Benjamin Hue

Face au cyberharcèlement, les réseaux sociaux n'ont toujours pas trouvé la formule magique. Marlène Schiappa, a porté plainte pour cyberharcèlement après avoir été la cible de nombreux messages d'insultes, de photomontages sexistes et même menacée de mort à la suite de sa proposition d'identifier les donateurs de la collecte de fonds en soutien au boxeur Christophe Dettinger.

"Pute à Juifs", "Putain de l'Élysée", "Vous méritez de prendre un flash ball dans la tête"... La secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations a publié mercredi un florilège des noms d'oiseau et des menaces qu'elle a reçus sur Twitter ou Facebook. Marlène Schiappa entend bien faire appliquer la loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes adoptée cet été, dont elle est à l'origine, qui prévoit notamment jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende pour les auteurs de cyberharcèlement en groupe.

Cette affaire met à nouveau en lumière les difficultés rencontrées par les réseaux sociaux pour modérer les contenus haineux, violents ou insultants sans pour autant nuire à la croissance de leur audience et à l'engagement de leurs contenus.

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Des modérateurs contrôlent les contenus signalés

À part quelques exceptions, il n'existe pas de contrôle a priori sur Facebook ou Twitter. Personne ne lit les publications avant qu'elles ne soient publiées. Les réseaux sociaux ne jugent pas ce qui est écrit par leurs utilisateurs.

En revanche, si une publication leur est signalée parce qu'elle est jugée homophobe, raciste, pornographique ou qu'elle contrevient à un autre standard de la plateforme, elle sera contrôlée par des modérateurs humains. Si elle enfreint les règles, ces derniers pourront suspendre le compte incriminé ou le suspendre.

Ce modèle souffre de certaines limites. Les modérateurs humains, qui sont souvent employés par des sociétés externes, sont soumis à une importante pénibilité du travail. Ils doivent traiter de très grands volumes de litiges dans un temps limité. Une enquête récente du New York Times a montré que les 15.000 modérateurs de Facebook doivent juger si une publication est conforme aux règles de la plateforme en moins de dix secondes en moyenne.

Des outils automatiques à l'efficacité limitée

Pour améliorer leur modération, Facebook et Twitter utilisent de plus en plus de technologies d'intelligence artificielle qui leur permettent de repérer automatiquement des contenus problématiques avant qu'ils ne soient signalés.

Ces techniques sont particulièrement efficaces pour identifier les contenus sexuels, pédopornographiques ou en rapport avec la nudité qui sont très graphiques et facilement détectables par les algorithmes. Sur Facebook, 95% d'entre eux sont supprimés avant le signalement. Mais ces technologies éprouvent plus de peine à repérer des contenus complexes.

Longtemps accusé de laxisme dans la lutte contre le cyberharcèlement, Twitter s'est doté d'outils automatiques en 2017 pour repérer plus vite les messages diffusant des discours de haine ou ciblant des utilisateurs. Malgré ces efforts, les agresseurs bénéficient toujours d'une grande impunité sur les plateformes sociales, comme le prouve l'épisode vécu par Marlène Schiappa. Selon une étude d'Amnesty International publiée en décembre, les femmes politiques et les journalistes essuient des violences verbales toutes les 30 secondes en moyenne sur Twitter. 

Pour signaler un contenu illicite aux autorités : Pharos

Plus largement, il est possible de contraindre un réseau social à supprimer une publication ou fermer un compte. Il faut déposer une plainte en passant par exemple par la plateforme gouvernementale de signalement des contenus illicites Pharos. Dans ce cas, le contenu sera analysé au regard de la loi française. S'il est considéré comme illicite, la Justice pourra imposer à la plateforme de supprimer le contenu ou de suspendre le compte.

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2019-01-10 20:02:00
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