3 min de lecture High-tech

Huawei veut prendre l'autoroute des objets connectés

Après avoir lancé son système d'exploitation pour l'internet des objets, le géant chinois va commercialiser deux montres connectées dans les prochaines semaines.

William Xu, directeur de la stratégie et du marketing de Huawei
William Xu, directeur de la stratégie et du marketing de Huawei Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

L'internet des objets est le relais de croissance que ne veulent pas rater les géants des hautes technologies. Selon les prévisions des analystes du secteur, il devrait en effet s'écouler entre 100 et 200 milliards d'objets connectés d'ici une dizaine d'années. Le marché devrait tripler pour atteindre 1.700 milliards de dollars à horizon 2020. Fer de lance de la montée en puissance de l'industrie technologique chinoise et de l'internationalisation des entreprises du pays, Huawei entend bien prendre le train en marche.

Fondée à Shenzhen en 1987 par Ren Zhengfei, un ancien ingénieur de l'armée populaire de libération, la société chinoise déroule un CV tentaculaire. Après avoir triomphé des géants de la téléphonie d'hier Alcatel, Cisco ou Nokia dans les années 2000 pour devenir le deuxième équipementier mondial en télécommunications, le géant a pris la tête du marché mondial de la 4G et bataille avec ses compatriotes Xiaomi et Lenovo pour le podium des plus gros vendeurs de smartphones derrière Samsung et Apple. Il est aussi devenu l'un des principaux sponsors du PSG. Pour assouvir son appétit sans limite, Huawei mise sur la diversification.

Faire jeu égal avec Google et Apple

Forte d'un chiffre d'affaires de plus de 25 milliards d'euros et d'une croissance à deux chiffres, la firme a également investi dans une vingtaine de centres de recherche à travers la planète (dont l'un a été inauguré à Paris à la fin du mois de mars) qui emploient près de 1.500 personnes. En Chine, la moitié de ses 150.000 salariés sont affectés à la recherche et au développement sur son campus de Shenzhen, qui n'a pas grand chose à envier aux temples technologiques d'Apple ou Google. 

Après avoir été un fournisseur de smartphones sans marque dans les boutiques des opérateurs, Huawei a bousculé ses concurrents américains sur le marché européen avec une politique tarifaire agressive - quitte à mettre en oeuvre des méthodes discutables dans les premiers maillons de sa chaîne de production comme l'émission Cash Investigation l'a révélé au mois de novembre dernier. L'entreprise chinoise orchestre désormais sa montée en gamme dans le secteur des smartphones tout en nourrissant de grandes ambitions dans les objets connectés.

Un système d'exploitation et une montre intelligente sur les rails

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L'offensive de Huawei dans ce secteur stratégique a pris forme cette année avec le lancement d'un système d'exploitation ultra-léger (10 Ko), Lite OS pour connecter aux smartphones les milliards d'appareils connectés qui transiteront dans l'internet des objets dans la prochaine décennie. Un créneau déjà investi par Google (avec sa plateforme Brillo) et Samsung (avec son logiciel Tizen) sur lequel Apple est aussi attendu de pied ferme. Sur le versant produit, Huawei a déjà lancé le Talkband, un bracelet connecté à destination des joggeurs qui embarque un capteur d'activité et une oreillette bluetooth, proposé entre 160 et 200 euros.

Début mars, Huawei a présenté au Salon du mobile de Barcelone une montre intelligente capable de se muer en navigateur GPS, en capteur d'activité et en relais du smartphone. Développée avec des spécialistes de l'horlogerie traditionnelle, la H Watch arbore des finitions soignées, des matériaux élégants et un cadran en acier forgé dans lequel est logée une lentille en saphir de cristal qui attestent de la volonté du géant chinois de concurrencer le modèle d'Apple (vendu à partir de 399 euros) sur le segment premium.

Bientôt une gamme complète de wearables

Aucune date de commercialisation n'a pour l'instant été annoncée. Son prix fait également défaut. Un dirigeant de l'entreprise asiatique a jeté un froid en affirmant récemment que le produit aurait du retard sur le marché chinois à cause des difficultés rencontrées par les développeurs de la firme pour remplacer le système d'exploitation de Google - interdit de séjour dans l'empire du Milieu - par un logiciel maison. Ce qui n'empêche pas certains sites spécialisés de tabler sur une sortie au cours du mois de juillet.

Pour compléter sa panoplie et offrir une alternative à sa montre intelligente et son bracelet fitness, le Chinois a également annoncé la sortie au mois d'août d'un capteur d'activité étanche d'entrée de gamme, affiché à moins de 150 euros. Moins complet que la H Watch et le Talkband, le Honor Zero affiche un design sobre, un écran tactile circulaire en métal brossé et propose les fonctionnalités classiques du genre, le suivi de l'activité physique et du sommeil. De quoi couvrir un large spectre tarifaire et renforcer sa position d'outsider d'Apple, Google et Samsung.

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