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Google pourrait faire son retour en Chine dans une version censurée, après 8 ans

Le moteur de recherche devrait bientôt être de nouveau accessible depuis la Chine. Certains mots-clés et sites internet seraient filtrés pour répondre aux exigences du gouvernement chinois.

Google Chrome est le navigateur le plus utilisé au monde
Google Chrome est le navigateur le plus utilisé au monde Crédit : PixaBay
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

Cela faisait huit ans que Google était interdit en Chine. Le moteur de recherche pourrait désormais faire son retour dans une version censurée. Des tests sont en cours dans le pays et traduiraient sa possible réintroduction. Une situation qui ne plaît pas aux employés et aux défenseurs des droits de l'Homme.

Il revient désormais sous le nom de "Dragonfly" (libellule) dans une version adaptée aux exigences du gouvernement chinois. Ainsi, les termes concernant les droits de l'Homme, la démocratie, la religion et les manifestations intégreront une liste noire. L'application filtrera également les sites internet bannis par les autorités communistes. 

Néanmoins, malgré les démonstrations faites devant les responsables gouvernementaux chinois, l'entreprise américaine a refusé de confirmer le projet. "Nous ne commenterons pas des spéculations sur nos projets futurs", a déclaré Taj Meadows, porte-parole de Google en Asie.

Une "grande muraille électronique"

L'internet chinois censure notamment les réseaux sociaux et sites tels que Facebook, Twitter et Youtube, ainsi que de nombreux médias occidentaux. Face aux menaces, Google s'était ainsi retiré de l'internet chinois en 2010

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Des plateformes chinoises, telles que Weibo ou WeChat, font également l'objet d'un contrôle étroit, à cause de contenus jugés sensibles : voix critiques du régime, contenus religieux, scandales sanitaires, musique rap, dessins animés trop crus ou ragots sur des célébrités... 

Certaines entreprises ont malgré tout décidé de s'adapter aux volontés des autorités chinoises et de faire des concessions. C'est notamment le cas pour Microsoft, présent en Chine avec son moteur Bing.

Consternation et inquiétude

C'est le site web The Intercept qui a été le premier à révéler l'existence du nouveau programme sur-mesure. Selon lui, il serait destiné au système d'exploitation Android pour smartphones. 

Une situation consternante pour les employés du géant californien : "Cela a suscité pas mal d'angoisse en interne. Certains sont furieux de ce qu'on est en train de faire", précise une source anonyme à l'AFP. Le malaise des employés pourrait rendre complexe l'opération de réintroduction de Google en Chine. 

Récemment, une pétition, signée par plus de 4.000 salariés du géant américain, a demandé à Google de ne pas conclure de contrat avec l'armée américaine car ils jugeaient cette collaboration contraire aux valeurs de l'entreprise. 

Cette colère est largement partagée par les défenseurs des droits de l'Homme. Ainsi, Amnesty International, inquiet, a appelé l'entreprise à ne pas accepter un tel compromis : "Ce serait un jour noir pour la liberté du web si Google se soumettait aux règles extrêmes de la censure chinoise pour accéder à un marché" et "plaçait les profits devant les droits de l'Homme", a prévenu Patrick Poon, chercheur de l'ONG.

Google toujours présent en Chine

Malgré la censure de son moteur de recherche, Google n'a jamais disparu du continent chinois pour autant. Il propose encore "nombre d'applications mobiles" telles que Google Translate (traduction) ou FilesGo (transfert de documents). Il a également "réalisé des investissements significatifs avec des firmes chinoises comme JD.com" (colosse de l'e-commerce), indique Taj Meadows.

Le géant américain continue également d'engranger des revenus publicitaires dans le pays, où il compte actuellement trois bureaux et plus de 700 employés. Le déblocage du moteur de recherche a été précédé, l'année dernière, par celui de l'application Google Translate pour mobile. Google a aussi annoncé cet hiver l'ouverture d'un centre de recherche sur l'intelligence artificielle à Pékin.

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