2 min de lecture Propulsé

Fiodor, le premier robot humanoïde russe, en route vers la Station spatiale internationale

La fusée sera lancée ce jeudi 22 août. Fiodor doit arriver à l'ISS samedi et y rester dix jours, jusqu'au 7 septembre. Un séjour test en vue d'utiliser de telles machines pour explorer l'espace lointain.

Fiodor, le premier robot humanoïde russe.
Fiodor, le premier robot humanoïde russe. Crédit : Roscosmos space agency / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

Il a déjà son compte Instagram. Ce jeudi 22 août, Fiodor, le premier robot humanoïde russe va s'envoler à bord d'une fusée en direction de la Station spatiale internationale (ISS). Un séjour test en vue d'utiliser de telles machines pour explorer l'espace lointain. 

Fiodor, qui porte le numéro d'identification Skybot F850, doit décoller à bord d'une fusée Soyouz à 06h38 heure de Moscou depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan. Il doit arriver à l'ISS samedi et y rester dix jours, jusqu'au 7 septembre. 

Le robot corps anthropomorphe argenté mesure 1,80 mètre de haut et pèse 160 kilos. Fiodor est un prénom russe mais sa transcription anglaise, Fedor, correspond également à l'acronyme de "Final Experimental Demonstration Object Research". Fiodor dispose de comptes sur les réseaux sociaux Instagram et Twitter, qui détaillent sa vie quotidienne, par exemple lorsqu'il apprend à ouvrir une bouteille d'eau. 

Un robot capable d'aider les astronautes

Une fois arrivé à bord de l'ISS, le robot effectuera différentes tâches sous la supervision du cosmonaute russe Alexandre Skvortsov, qui a rejoint l'équipe de la Station spatiale internationale le mois dernier, selon l'agence de presse RIA Novosti. Il va tester ses capacités dans les conditions d'une gravité très basse. 

À lire aussi
Un satellite (illustration) Propulsé
SpaceX : 60 nouveaux mini satellites lancés, les astronomes alertent sur la pollution

Parmi ses principaux savoir-faire figure notamment celui d'imiter les mouvements humains, ce qui veut dire qu'il pourrait aider les astronautes ou à réaliser leurs tâches. "Il devra réaliser cinq ou six tâches" qui "relèvent du secret", a précisé mercredi Evguéni Doudorov, le responsable de la société qui a conçu Fiodor, cité par la même source. Ses opérations l'amèneront à manier un tournevis ou encore des clés, a néanmoins précisé Alexandre Blochenko, directeur des programmes prometteurs chez l'Agence spatiale russe (Roskosmos), dans un entretien au journal Rossiïskaïa Gazeta

Les États-Unis et le Japon précurseurs

Fiodor n'est pas le premier robot à s'envoler vers le cosmos. En 2011, la NASA a envoyé dans l'espace un robot humanoïde baptisé Robonaut 2, développé en coopération avec General Motors, avec le même objectif de le faire travailler dans un environnement à haut risque. Il est revenu sur Terre en 2018 en raison de problèmes techniques.

En 2013, le Japon a quant à lui expédié dans l'espace un petit robot appelé Kirobo, en même temps que le premier commandant japonais de l'ISS, Koichi Wakata. Développé avec Toyota, Kirobo était capable de parler, mais uniquement en japonais. 

Bien au delà de cette seule mission, les autorités russes, qui considèrent la conquête spatiale comme une question stratégique, ne cachent pas leurs ambitions pour Fiodor et ses futurs petits frères. De telles machines pourraient ainsi effectuer des opérations dangereuses comme des sorties dans l'espace, a expliqué Alexandre Blochenko, directeur des programmes prometteurs chez l'Agence spatiale russe (Roskosmos), à l'agence de presse publique RIA Novosti. 

Dans l'avenir, nous comptons sur cette machine pour conquérir l'espace lointain

Dmitri Rogozine, le directeur de Roskosmos
Partager la citation

Le très patriotique directeur de Roskosmos, Dmitri Rogozine, a montré en août des photos de Fiodor au président russe Vladimir Poutine, en présentant le robot comme "assistant à l'équipage" de l'ISS. "Dans l'avenir, nous comptons sur cette machine pour conquérir l'espace lointain", a-t-il déclaré lors de cette rencontre. 

La conquête de l'espace constitue une source d'immense fierté depuis la période soviétique, mais a subi d'importantes difficultés après la chute de l'Union soviétique. Malgré les promesses très ambitieuses du Kremlin dans le domaine spatial récemment, le secteur a enchaîné ces dernières années d'humiliants accidents et scandales de corruption. La Russie reste malgré tout la seule capable d'envoyer des humains vers l'ISS. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Propulsé Russie Robots
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants