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FIC 2019 : la France veut éviter le scénario catastrophe dans le cyberespace

Pour l'ouverture du Forum international de la cybersécurité à Lille, les autorités ont mis en garde contre la course aux armements numériques des États qui préfigure les conflits de demain.

Un militaire spécialisé dans la cyberdéfense à Lille, lors du FIC 2018.
Un militaire spécialisé dans la cyberdéfense à Lille, lors du FIC 2018. Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

La France prône la désescalade dans le cyberespace. À l'occasion de l'ouverture du Forum international de la cybersécurité (FIC) à Lille, mardi 22 janvier, les autorités ont mis en garde contre la multiplication des capacités informatiques offensives et le risque de voir se constituer un far west digital.

"Les dangers des territoires numériques impactent l'espace public", a souligné le secrétaire d'État auprès du ministère de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui a annoncé lors du discours d'ouverture un renforcement des capacités d'investigation numériques de la DGSI dans les mois à venir.

"Nous faisons face à de nouvelles formes d'attaques, plus inquiétantes", a poursuivi Guillaume Poupard au moment de dresser le bilan des cybermenaces pesant sur la France. Le directeur de l'ANSSI, l'agence en charge de la sécurité informatique des réseaux de l'Etat, s'inquiète particulièrement de la surenchère d'attaques visant les infrastructures critiques, dont certaines, plus insidieuses, dont il n'est pas en mesure de comprendre l'objectif aujourd'hui. 

Des attaques préparant les conflits futurs

"Nous observons le développement d'attaques qui visent à rentrer dans les systèmes d'information sans rechercher des effets immédiats mais pour préparer le terrain à des conflits futurs", a-t-il expliqué. À l'heure de la numérisation des réseaux, les autorités redoutent que ces intrusions servent à positionner des charges offensives qui pourraient être utilisées pour saboter ou détruire des systèmes d'entreprises stratégiques ou d'infrastructures publiques critiques a posteriori.

Pour que les tensions ne dégénèrent pas en conflit, le directeur de l'ANSSI exhorte les pays à coopérer. Il défend à cet égard l’appel de Paris, signé par plusieurs centaines d'acteurs de premier plan l'automne dernier (dont Microsoft, Facebook et Google mais pas par les Etats-Unis, la Russie, ni la Chine) afin de dénoncer l'utilisation d'armes offensives numériques et encadrer la paix dans le cyberespace mondial. Le thème sera aussi à l'honneur du G7 qui se tiendra cet été à Biarritz.

"Si on commence à positionner des charges à explosifs sous tous les ponts de la planète, un jour où l’autre ils vont sauter", avertit Guillaume Poupard. Selon lui, la France doit être "le fer de lance d'un mouvement consistant à dire que le cyberespace n'est pas qu'un endroit où l'on se fait la guerre et que l'ensemble des acteurs ont la responsabilité de ses parler et de se comprendre pour éviter l'escalade".

Une nécessaire coopération internationale

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"C'est un problème de sécurité collective. Même si c'est un domaine très souverain, on ne fait pas de cybersécurité sans alliance aujourd'hui", abonde le général Olivier Bonnet de Paillerets. Le directeur de la cyberdéfense militaire française recevait mercredi au FIC ses homologues européens, japonais et australien pour évoquer la coopération entre les Etats face à des attaques de plus en plus complexes au sein d'un monde de plus en plus interconnecté.

Le chef des combattants numériques de la France espère ainsi "créer un partenariat opérationnel de confiance" et améliorer la gestion de crise, pour mieux "détecter les tentatives d'espionnage sur les modalités d'engagement des opérations extérieures" mais aussi "mieux repérer la mise en place d'outils dormants qui se réveilleront le jour où l'adversaire le voudra pour neutraliser des réseaux". Des scénarios dans lesquels les Etats n'hésitent plus à s'engager aujourd'hui.

En attendant, la France continue d'organiser ses capacités de cyberdéfense. La ministre des Armées Florence Parly a annoncé vendredi que les militaires français, longtemps adeptes d'une stratégie défensive, allaient désormais mener eux-mêmes des cyberattaques offensives encadrées par une doctrine militaire. Cela ne veut pas dire qu'ils ne le faisaient pas avant. "Mais il était nécessaire d'avoir une vraie gouvernance du risque, un cadre légal et des règles d'engagement précise pour une arme aussi complexe avec des effets de contagion", explique le général Bonnet de Paillerets.

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