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Facebook : Mark Zuckerberg sort du silence et admet des "erreurs"

Le patron de Facebook reconnaît des "erreurs" après plusieurs jours de polémique au sujet de l'utilisation indue de données personnelles de ses utilisateurs par une firme britannique.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg.
Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg. Crédit : Josh Edelson / AFP
Paul Véronique
Paul Véronique
et AFP

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, est sorti de son long silence mercredi 21 mars pour reconnaître des "erreurs" après des jours de polémique autour de l'utilisation indue de données personnelles de millions d'utilisateurs du réseau social par la firme britannique Cambridge Analytica.

Facebook a "fait des erreurs", a reconnu le fondateur du réseau sur sa page Facebook. Dans ses premiers commentaires sur cette affaire, il se dit "responsable de ce qui se passe" sur Facebook et promet de permettre aux usagers de mieux contrôler l'utilisation de leurs données personnelles collectées par son entreprise.

"Il y a encore à faire, nous devons aller plus vite et le faire", a-t-il écrit aux plus de 2 milliards d'usagers  du réseau social mais aussi aux actionnaires qui encaissent de lourdes pertes depuis plusieurs jours.

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Les applications douteuses seront bannies

"Nous avons la responsabilité de protéger vos données et si nous ne pouvons pas le faire, nous ne méritons pas de vous servir", a-t-il aussi écrit, ajoutant que le groupe allait examiner de près les applications présentes sur Facebook.

Les applications douteuses ou dont les développeurs refusent de se soumettre aux investigations du groupe seront bannies, affirme Mark Zuckerberg. Les applications tierces auront désormais accès à moins de données, réduites à "votre nom, votre photo et votre adresse mail", promet-il. 

Facebook est au coeur d'un scandale retentissant et est déjà visé par des enquêtes et des plaintes des deux côtés de l'Atlantique, après la révélation le week-end dernier que Cambridge Analytica avait utilisé des données personnelles de 50 millions d'utilisateurs du site. C'est une application de tests psychologiques mise au point en 2013 par le psychologue Alexandre Kogan, qui a recueilli les données pour les utiliser à des fins politiques.

Un coup porté à la confiance des utilisateurs de Facebook

C'est "un coup porté à la confiance entre Kogan, Cambridge Analytica et Facebook" mais c'est "aussi un coup porté à la confiance entre Facebook et ceux qui partagent leurs données avec nous (...). Nous devons réparer cela", dit encore Mark Zuckerberg. Il confirme également que l'application avait été téléchargée par "environ 300.000 personnes qui ont partagé leurs données ainsi que certaines des données de leurs 'amis'". 

"Compte tenu de la façon dont notre plateforme fonctionnait alors, cela signifie que Kogan a pu accéder à des dizaines de millions de données des 'amis'", a-t-il aussi confirmé, ajoutant que Facebook avait modifié sa plateforme en 2014 de façon "à limiter énormément les données auxquelles pouvaient accéder les applications" tierces, auxquelles l'usager accède via son compte Facebook.

Dès lors, de telles applications "ne pouvaient plus demander les données des 'amis' sauf si ceux-ci avaient eux aussi téléchargé l'application", assure le milliardaire.

Des données au cœur du modèle économique de Facebook

Mark Zuckerberg confirme également que le groupe avait appris en 2015, par un journaliste britannique, qu'Alexandre Kogan avait partagé les données avec Cambridge Analytica, spécialisée dans l'analyse de données et la communication stratégique, qui a travaillé pour la campagne du républicain Donald Trump, élu président des États-Unis fin 2016. Cambridge Analytica a nié avoir utilisé ce type de données dans ce cadre même si des déclarations de son patron recueillies par une caméra cachée semblent indiquer le contraire.

Max Schrems, un militant autrichien pour la protection des données, a affirmé que Facebook était au courant dès 2011 des problèmes liés aux applications tierces. Les données personnelles constituent le cœur du modèle économique de Facebook.

Elles permettent de cibler les publicités et autres démarchages, qu'elles soient commerciales ou politiques. Facebook se débat dans des polémiques à répétition, renforcées ces derniers mois, autour de son rôle dans la diffusion de la désinformation ou sa façon de gérer les données personnelles.

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