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Facebook : ce qu'il faut retenir du discours d'excuses de Mark Zuckerberg

Le PDG de Facebook a fait son mea-culpa pour avoir échoué à protéger la vie privée des utilisateurs, dont les données personnelles ont pu être utilisées à des fins politiques.

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Clics à la une du 11 avril 2018 Crédit Image : CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP | Crédit Média : Marie-Pierre Haddad | Durée : | Date : La page de l'émission
lucie valais
Lucie Valais
et AFP

"C'était mon erreur, je suis désolé". Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a prononcé devant le Congrès américain un long discours de mea-culpa. Accusé de ne pas avoir su protéger les données des millions d'utilisateurs de Facebook, dont les données personnelles ont été utilisées à des fins politiques, Mark Zuckerberg a reconnu ses fautes.

"Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur. C'était mon erreur et je suis désolé", a-t-il dit, la voix marquée par l'émotion, lors d'une audition très attendue devant une commission conjointe au Sénat.

Et d'ajouter : "Il est évident aujourd'hui que nous n'avons pas fait assez pour empêcher ces outils d'être utilisés de façon malintentionnée". Après des semaines de polémique, le multimilliardaire de 33 ans avait, pour l'occasion, échangé son traditionnel t-shirt gris pour un costume sombre, a répondu de manière claire et détaillée aux parlementaires qui le questionnaient.

Fuite des données et "manipulations politiques"

Le réseau social, créé en 2004, a selon eux échoué à protéger les données personnelles des utilisateurs et permis des manipulations politiques. La polémique a pris une tournure retentissante mi-mars avec l'éclatement du scandale Cambridge Analytica (CA). Les données de quelque 87 millions d'utilisateurs se sont retrouvées entre les mains de cette firme britannique d'analyse de données. Cette dernière a ensuite travaillé pour la campagne du candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016, Donald Trump. 

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Le groupe aux plus de deux milliards d'utilisateurs est aussi vilipendé depuis des mois pour avoir servi - comme Google ou Twitter - d'outil de désinformation et de manipulation politique, orchestrée selon le renseignement américain par le Kremlin dans le but de favoriser l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Moscou a toujours nié.

Sur la question de l'ingérence russe, Mark Zuckerberg assure qu'il "travaille" avec le procureur spécial Robert Mueller qui enquête sur les interférences venues de Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016, a dit mardi le PDG du réseau social. À la question d'un sénateur sur le fait de savoir si lui-même ou un responsable de Facebook avait ou allait être interrogé par Robert Mueller, Mark Zuckerberg a répondu "je ne suis pas au courant d'une convocation mais je sais que nous travaillons avec eux".

Regagner la confiance des utilisateurs

Comme depuis des semaines, Mark Zuckerberg a répété devant les sénateurs avoir péché par "idéalisme" et "optimisme" et détaillé les mesures passées ou à venir pour rectifier les errements d'autrefois. Mardi 10 avril, il a également assuré que Facebook aurait toujours une version gratuite et estimé que la plateforme n'était pas "un monopole". Avant le début de cette première audition, Facebook a annoncé qu'il allait rétribuer les personnes qui signalent une mauvaise utilisation de données personnelles par des applications tierces.

Regagner la confiance de ses utilisateurs est crucial pour le groupe car son modèle économique est fondé sur l'exploitation des données personnelles, qui permettent aux annonceurs de cibler finement leurs messages publicitaires. Jusqu'ici, Facebook assure ne pas observer d'impact financier malgré un mouvement appelant les utilisateurs à quitter le réseau social et les inquiétudes d'annonceurs publicitaires. Son action a toutefois chuté de près de 15% à Wall Street depuis la révélation de l'affaire.

Une plainte
en nom collectif a par ailleurs été déposée ce mardi devant un tribunal du Delaware (nord-est) par des utilisateurs américains et britanniques affirmant que le réseau social a "échoué à protéger" les informations personnelles de plus de 80 millions de personnes aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

Contre la fuite de ses propres données

"Seriez-vous à l'aise à l'idée de partager avec nous le nom de l'hôtel dans lequel vous avez séjourné la nuit dernière ?", a demandé de but en blanc le sénateur démocrate Dick Durbin au jeune dirigeant de Faceook. Surpris par la question mais visiblement amusé, Mark Zuckerberg a répondu "hum, heu ... non" embarrassé, suscitant les rires de l'assistance.

Et "si vous envoyiez un message à quelqu'un cette semaine, partageriez-vous avec nous les noms des personnes destinataires ?", a aussi demandé l'élu de l'Illinois. "Non, je ne choisirais sans doute pas de partager cela avec vous ici", a répondu Mark Zuckerberg, avant que Rick Durbin n'explicite le sens de ses questions.

"Je pense que l'on est au cœur du sujet : le droit à la confidentialité, les limites du droit à la confidentialité (...) C'est la question de savoir quelles informations Facebook collecte, à qui il l'envoie et s'il a demandé au préalable l'autorisation de le faire". "Je pense que tout le monde devrait pouvoir contrôler la façon dont leurs informations sont utilisées", a assuré en réponse Mark Zuckerberg.

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