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Dix ans après, la tablette Kindle n'a pas vaincu le livre papier

ÉDITO - Le 19 novembre 2007, Amazon lançait sa tablette pour lire des livres. Dix ans après l'arrivée de la Kindle, le livre papier est toujours là.

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Dix ans après, la tablette Kindle n'a pas vaincu le livre papier Crédit Image : AFP / Archives, DAVID MCNEW | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Martial You et Loïc Farge

Et pourtant, c'était séduisant ! Un petit rectangle de plastique de quelques grammes sur lequel vous pouvez lire Guerre et Paix sans emporter les 1.572 pages et les quatre livres avec vous. Pourtant, dix ans après l'apparition de la Kindle (puis de quelques autres "liseuses", comme on dit), le marché pèse à peine 3,5% en France. Cela progresse d'année en année. Cela atteindra peut-être 20% comme aux États-Unis, mais ce n'est pas le raz-de-marée que pouvaient craindre les professionnels du livre.

Guttenberg avait "ubérisé" en son temps les moines copistes. Cette fois, ce qui sauve le livre, c'est d'abord le plaisir sensuel, la relation intime que l'on a avec cet objet-livre, l'extrême mobilité du bouquin qu'on emporte partout avec soi. Finalement, le livre réunit toutes les qualités des smartphones (plaisir, intimité, mobilité). Ce qui a fait le succès de l'iPhone est déjà dans l'ADN du bouquin. Avec, en plus, ce petit plaisir supplémentaire : le livre nous décolle justement du téléphone portable et des écrans, dont nous sommes saturés.

D'ailleurs, on constate que les éditions numériques progressent fortement sur des segments très particuliers : les ouvrages scolaires, loin devant, puis les mangas ou la presse. Et assez peu les romans. Souvent dans le monde des grandes inventions technologiques, vous avez la même intuition, au même moment. La liseuse a été phagocytée (chez les amateurs de technologies) par la tablette de type iPad, qui est apparue grosso modo au même moment et qui rassemblait plus services.

Kindle est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire

Martial You
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Le livre numérique et Amazon n'ont pas fait tant de mal que cela à mal à nos petits libraires de quartier. Depuis dix ans, on maintient un nombre de 3.300 librairies. Amazon pèse 15% du marché des ventes de livres et a surtout séduit les clients des grandes surfaces. Les libraires, eux, se sont adaptés. Leurs magasins accueillent des animations, des dédicaces. Le libraire anime la vie de son quartier. Vous voyez fleurir les conseils du patron sous forme de fiches Bristol. Le libraire redevient un service de proximité.

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Et puis la politique du prix unique sauve aussi le secteur. En France, Amazon ne peut pas vendre ses livres au prix qu'il souhaite. Or, l'Américain avait d'abord pensé attaqué ce marché par le prix. Mais on ne vend pas un livre comme des boîtes de petits pois. Surtout en France. Un livre est unique, son prix aussi - qui remonte à l'époque Jack Lang - a été élargi, en 2011, aux ventes de livres sur Internet.

Les libraires et les éditeurs ont levé leurs barricades. Gavroche a résisté à la charge américaine. Kindle est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire.

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