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Coronavirus : en Chine, une application pour décider des mises en quarantaine

Pour lutter contre le coronavirus, les citoyens doivent installer une application qui détermine leur niveau de contagiosité et décide s'ils doivent rester confinés.

Un fonctionne vérifie le code couleur d'un usager dans le métro de Wenzhou en Chine
Un fonctionne vérifie le code couleur d'un usager dans le métro de Wenzhou en Chine Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Alors que la Chine déploie une débauche de technologies pour endiguer l'épidémie de coronavirus, certains s'inquiètent de voir Pékin profiter de la crise sanitaire pour introduire de nouveaux outils de surveillance dépassant leur objectif initial et accroître son contrôle de la population. 

Dans une enquête publiée le 1er mars, le New York Times rapporte que l'administration chinoise a mis en oeuvre un nouveau dispositif mobilisant le traitement informatique des données personnelles à grande échelle pour réguler la vie des citoyens.

Selon le quotidien américain, les habitants de la ville de Hangzhou et de près de 200 localités du pays doivent désormais utiliser une application pour smartphone qui décide s'ils doivent être mis en quarantaine ou s'ils peuvent continuer d'accéder aux transports en commun et à l'espace public. Le système est en train d'être déployé dans tout le pays.

Des quarantaines décidées automatiquement

Développé par le géant chinois du commerce en ligne aux 1,2 milliard d'utilisateurs Alipay en partenariat avec les autorités locales, le programme attribue un QR code de couleur aux citoyens en fonction de leur état de santé sur la base de leurs réponses à un questionnaire et de l'analyse de leurs données personnelles. Vert s'ils peuvent circuler librement, jaune ou rouge s'ils doivent être mis en quarantaine forcées pour une durée de sept à quatorze jours.

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L'application est désormais le sésame indispensable pour effectuer des déplacements dans les villes concernées. Les citoyens doivent présenter leur QR Code aux nombreux points de contrôle qui ont fleuri dans ces localités. Selon les constatations du correspondant du New York Times, des files d'attente ont commencé à s'allonger à l'entrée des lignes de métro à Hangzhou, où les personnes qui se sont vues attribuer un code jaune ou rouge sont priées de rester à quai. 

Idem pour accéder à la ville, aux espaces publics, aux magasins ou aux restaurants. Il faut montrer patte-blanche aux fonctionnaires déployés par l'administration pour vérifier les codes couleur de chaque passant.

La plupart des citoyens qui ont des codes rouge et jaune vivent désormais comme des parias : ils ne peuvent pas sortir de chez eux ni retourner travailler. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi leur code est rouge ou jaune mais les numéros de réclamation sont généralement occupés, explique le New York Times.

La Chine mobilise le "big data"

Le gouvernement n'a pas clairement indiqué comment le logiciel classait les personnes. Selon les concepteurs du programme, le système analyse les nombreuses données amassées par le géant Alipay afin de déterminer si une personne présente un risque de contamination. Les symptômes de santé sont par exemple croisés avec l'historique de localisation pour savoir si un utilisateur s'est rendu dans une zone à risque ou s'il a visité une personne malade récemment.

En analysant le code source de l'application, le New York Times a constaté que l'application partage des données avec la police chinoise à chaque fois que le QR code d'un passant est scanné à un point de contrôle, suggérant l'établissement d'une nouvelle forme de contrôle social automatique qui pourrait perdurer après la fin de l'épidémie.

Des responsables gouvernementaux ont indiqué que plus de 50 millions de personnes avaient installé l'application au 24 février. Parmi eux, près d'un million de personnes avaient reçu un code jaune ou rouge les privant de déplacements pour une à deux semaines. Un système similaire a été mis en place par le géant chinois de l'Internet Tencent propriétaire de l'application WeChat, qui compte plus d'un milliard d'utilisateurs par mois.

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