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Comment Facebook, Google et les médias français vont chasser les fake news

Les deux géants du web ont annoncé le lancement de plusieurs outils pour lutter contre la propagation des fausses informations avant la présidentielle.

Facebook est accusé d'avoir favorisé l'élection de Donald Trump en laissant proliférer les intox sur son réseau
Facebook est accusé d'avoir favorisé l'élection de Donald Trump en laissant proliférer les intox sur son réseau Crédit : Sipa
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Facebook, Google et plusieurs médias français s’allient contre la désinformation en ligne pour que la campagne présidentielle ne soit pas influencée par les fake news comme aux États-Unis. Les deux géants du web ont annoncé lundi 6 février le lancement de plusieurs dispositifs de signalement des informations erronées, non-vérifiées et autres articles susceptibles de manipuler l'opinion.

Associé à une quinzaine de titres de presse français, Google lance CrossCheck afin d’aider les internautes à vérifier la véracité d’un contenu en ligne. De son côté, Facebook déploie dans l’Hexagone son propre outil de vérification, sur le modèle du dispositif déjà lancé aux États-Unis et en Allemagne ces dernières semaines.

Cette double initiative fait écho à l’inquiétude manifestée récemment par les autorités à l’égard des fausses informations avant d’entrer dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle française. La France, comme l’Allemagne, où se profilent des élections législatives, craint que des campagnes de désinformation ou la propagation de discours haineux sur internet et les réseaux sociaux influencent le résultat des scrutins.

Des contenus vérifiés par des rédactions

Présenté lundi par le réseau First Draft News et le Google News Lab, le site CrossCheck permettra à 16 rédactions partenaires de collaborer pour identifier et vérifier la véracité d’un contenu, d’un article, d’une photo, d’une vidéo ou d’un commentaire en ligne. Les internautes pourront envoyer les informations qu’ils souhaitent voir vérifiés sur la plateforme à partir du 27 février. Une équipe d’étudiants en journalisme du CFJ et de l’EDJ de Sciences Po formés par Google les remettront dans leur contexte. Le flux sera supervisé par l’Agence France Presse.

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Parmi les médias partenaires de ce projet, France Médias Monde (via les Observateurs de France 24), France Télévisions, Global Voices, l'AFP, Libération, La Provence, Les Echos, La Voix du Nord, Le Monde (Les Décodeurs), Nice-Matin, Ouest-France, Rue89 Bordeaux, Rue89Lyon, Rue89 Strasbourg et StreetPress. CrossCheck est aussi soutenu par Facebook qui proposera à ses membres un outil permettant de vérifier les contenus à forte viralité sur la plateforme.

Un pictogramme "danger" sur Facebook

Après les États-Unis et l’Allemagne, le réseau social de Mark Zuckerberg a annoncé parallèlement le lancement de son outil de fact-checking en France. Celui-ci permet de signaler une information douteuse pour la faire analyser par des médias partenaires et de l’assortir d’un pictogramme "danger" s’il s’avère qu’il s’agit d’une information peu fiable. Les utilisateurs désireux de partager ce type de contenus verront alors un message d’avertissement s’afficher sur leur écran.

Un exemple d'article flanqué du pictogramme d'avertissement sur la version américaine de Facebook
Un exemple d'article flanqué du pictogramme d'avertissement sur la version américaine de Facebook Crédit : Facebook

La riposte comporte aussi un volet financier. Les algorithmes de Facebook pourront stopper la mise en avant des articles de désinformation pour rogner les revenus publicitaires qu’ils dégagent. Il s’agit pour l’instant d’une expérimentation avec huit médias partenaires : Le Monde, l’AFP, BFM-TV, France Télévisions, France Médias Monde, L’Express, Libération et 20 Minutes. Les deux dispositifs sont en phase de test, un premier point d'étape sera mené dans deux mois.

Ne pas rééditer le précédent américain

Aux États-Unis, où près d’un Américain sur deux utilise Facebook comme source d’information, le réseau social est accusé d’avoir favorisé l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche en laissant proliférer les articles de désinformation allant dans le sens du discours du candidat républicain. Depuis son entrée en fonction, le 45e président des États-Unis et ses équipes discréditent régulièrement les médias en qualifiant de "faits alternatifs" les fausses informations diffusées par la Maison Blanche.

En France, Alain Juppé et François Fillon ont subi pendant la campagne pour la primaire de la droite des attaques sur leur supposée collusion avec des organisations islamistes radicales à travers la diffusion sur YouTube et sur les réseaux sociaux de contenus les caricaturant en "Ali Juppé" et "Farid Fillon". Idem à gauche pour Benoît Hamon et Emmanuel Macron, grimés en "Bilal Hamon" et "Djamel Macron". La problématique est prise au sérieux par les équipes de certains candidats qui mettent en œuvre des campagnes de désintox.

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