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Clearview, la reconnaissance faciale qui met un nom sur un visage en quelques secondes

Une entreprise américaine a mis à disposition des autorités américaines un outil de reconnaissance faciale à l'efficacité redoutable qui permet d'accéder à toutes les données publiques en ligne d'un individu à partir d'une photo.

La Californie a interdit l'usage de la reconnaissance faciale par les services de police pour trois ans
La Californie a interdit l'usage de la reconnaissance faciale par les services de police pour trois ans Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Avec cette application, rechercher le visage de quelqu’un pourrait bientôt devenir aussi simple que de chercher un nom sur Google. Dans une enquête publiée le 18 janvier, le New York Times révèle qu’une entreprise américaine a mis au point l’outil de reconnaissance faciale ultime. Baptisé Clearview AI, il fonctionne comme un moteur de recherche et peut mettre un nom sur un visage en quelques secondes. Il suffit de lui soumettre la photo du visage d’une personne pour qu’il fournisse des liens vers toutes les images publiques correspondantes, les adresses des sites Web d’où elles sont tirées et toutes les informations disponibles relatives à son identité.

Le système repose sur une base de données gigantesque de plus de 3 milliards de photos publiques que la société prétend avoir aspirées sur Facebook, Venmo, YouTube et des millions d’autres sites Web. Ce fichier va bien au-delà de tout ce qui a déjà été construit par les géants de la Silicon Valley ou le gouvernement américain. À titre de comparaison, les outils de reconnaissance faciale du FBI interrogent une base de données de 641 millions de visages de citoyens américains.

Les outils de Clearview AI sont réservés aux autorités et aux professionnels de la sécurité. Selon le New York Times, plus de 600 services de police et entreprises y auraient déjà recours aux États-Unis et au Canada. Pour faciliter son adoption, l’entreprise a proposé à ses clients une période d’essai gratuite d’un mois et des licences d’utilisation très bon marché. 

Cela a par exemple permis à la police de l’État de l’Indiana d’identifier en quelques minutes un suspect dont le visage ne figurait pas dans les bases de données gouvernementales. D’après le New York Times, l’application pourrait même être embarquée sur des lunettes de réalité augmentée pour identifier n’importe quelle personne dans la rue à la volée.

Vers la fin de l'anonymat public ?

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Identifier n’importe quelle personne sur la base d’une image est un vieux rêve des services de police. Les autorités utilisent déjà des outils de reconnaissance faciale mais ces derniers doivent se cantonner aux images officielles, comme le permis de conduire ou la carte d'identité, et n'ont pas accès à toutes les photos personnelles publiées sur les réseaux sociaux. 

Jusqu’à présent, les entreprises technologiques en mesure de concevoir un tel outil s’étaient bien gardées de le faire en raison des risques que cela soulève pour la vie privée. Pour le New York Times, Clearview AI "brise un tabou" qui pourrait annoncer la fin de l’anonymat public si ce genre de programmes venaient à se multiplier

Mais un certain flou entoure encore le cadre juridique du service qui pourrait violer les conditions d'utilisation des réseaux sociaux en aspirant massivement les photos, même publiques, mises en ligne par leurs utilisateurs. "Sans une loi fédérale très forte sur la vie privée (pour interdire ces collectes d'images), nous sommes foutus", a estimé auprès du New York Times Al Gidari, professeur de droit à Stanford.

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