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Apple a menacé de supprimer l'application Uber de l'App Store

Plusieurs témoins ont confié au "New York Times" avoir vu le patron d’Uber sortir passablement marqué d’un entretien avec son homologue d’Apple.

Un homme utilise l'application Uber sur son smartphone (illustration)
Un homme utilise l'application Uber sur son smartphone (illustration) Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Uber un peu plus dans la tourmente aux États-Unis. Dans une longue enquête sur les méthodes controversées du fondateur de la société de VTC, Travis Kalanick, le New York Times rapporte que Tim Cook l’a directement menacé de supprimer l’application de l’App Store pour avoir enfreint les règles de la plateforme. La scène remonte au début de l’année 2015. Plusieurs témoins assurent avoir vu le patron d’Uber sortir passablement marqué d’un entretien avec son homologue d’Apple qui a bien failli sonner l’exclusion de l’application de l’App Store, ce qui l’aurait coupée de plusieurs centaines de millions d’utilisateurs et aurait quasiment signé son arrêt de mort. 

L’objet du courroux de Tim Cook est la découverte par des ingénieurs d’Apple d’une technique utilisée par Uber pour lutter contre un problème de fraude en Chine. Certains chauffeurs achetaient des iPhone d’occasion et des cartes bancaires volées pour pouvoir commander des courses à partir des comptes de leurs anciens propriétaires. L'application avait alors recours au "fingerprinting", une technique permettant de traquer les appareils même après la suppression du compte ou de l’application de son ancien propriétaire.

Uber rejette ces accusations

Cette pratique est interdite par les règles de fonctionnement de l’App Store. Conscient de sa dérive, Uber aurait alors missionné des ingénieurs pour qu’ils rendent invisible cette technique en rajoutant une ligne de code dans l’application des utilisateurs situés à proximité du siège d’Apple pour que les développeurs de l’entreprise ne débusque par le tour de passe-passe, relate le New York Times. Des ingénieurs d’Apple ont finalement découvert la supercherie et poussé Tim Cook à convoquer Travis Kalanick.

Un porte-parole d’Uber se défend dans The Verge des accusations de profilage des utilisateurs, arguant que cette méthode était utilisée afin de limiter la fraude lorsqu’un téléphone est volé et que ces techniques sont toujours utilisées actuellement dans le respect des conditions d’utilisation définies par Apple. Il assure que l’entreprise ne conserve pas les informations relatives aux clients ayant supprimé l’application de leur smartphone. "Être capable de reconnaître les fraudeurs lorsqu’ils tentent de revenir sur notre réseau est une mesure de sécurité majeure pour Uber", explique-t-il.

Vent contraire

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Ce n’est pas la première fois qu’Uber est épinglé pour des pratiques controversées. L'image d'Uber a été écornée récemment par des informations sur la culture sexiste qui régnerait au sein de l'entreprise et sur l'utilisation d'un logiciel permettant à certains chauffeurs d'éviter d'être repérés par les autorités. Uber est aussi poursuivi en justice par Waymo, la division en charge de la voiture autonome de Google, qui l’accuse d’avoir volé des technologies. Uber récuse ces accusations. 

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