4 min de lecture Connecté

5G : ondes, santé, environnement...Pourquoi l'arrivée de cette technologie inquiète

Censée offrir des débits dix fois plus élevés que ceux de la 4G, la 5G doit arriver en France en fin d'année. Mais elle suscite des inquiétudes pour ses possibles effets sanitaires et environnementaux.

Une grande manifestation contre la 5G a eu lieu devant le Parlement suisse à Berne, samedi 21 septembre
Une grande manifestation contre la 5G a eu lieu devant le Parlement suisse à Berne, samedi 21 septembre Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

"On ne pourra jamais démontrer qu’il n’y a pas de risque avec la 5G". Lâché mercredi 1er juillet lors d'une table-ronde au Sénat par Olivier Merckel, l'expert de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation et de l'environnement) chargé de l'évaluation sur les effets biologiques et sanitaires de la 5G, l'aveu témoigne de la confusion qui règne autour du déploiement du futur standard de réseau mobile que le gouvernement espère toujours pour la fin de l'année après l'attribution des différentes bandes de fréquence à l'automne.

Comme à chaque nouvelle génération de réseau mobile, l'arrivée de la 5G en France suscite une certaine hostilité dans une partie de l'opinion. Ces dernières semaines, des dizaines d'antennes relais ont été vandalisées par des groupes anarchistes à travers le pays. Plusieurs associations et la Convention citoyenne réclament un moratoire sur la question depuis des mois. Et la vague écologiste aux élections municipales a mis en lumière l'opposition d'un certain nombre de nouveaux maires qui appellent à retarder son déploiement. 

À Bordeaux, où a déjà lieu une expérimentation, Pierre Hurmic a promis d'engager un moratoire et de consulter les citoyens sur le sujet. Même son de cloche à Nantes et à Poitiers. La nouvelle maire de Besançon défend pour sa part le principe de précaution et souhaite attendre l'avis définitif de l'Anses, attendu au premier trimestre 2021, pour passer à la prochaine phase. Le ministre de la Santé veut également la conditionner au rapport de l'Anses.

Même si les maires ne peuvent pas s'opposer à l'arrivée de la 5G dans leur commune, ces prises de positions témoignent du climat de défiance qui entoure l'avènement de cette technologie dans le pays. Censée offrir des débits dix fois plus élevés que ceux de la 4G, la 5G est présentée par les industriels comme la pierre angulaire des usages connectés de demain avec un dialogue quasi instantané entre les objets et les infrastructures. Mais elle suscite des inquiétudes pour ses possibles effets sanitaires et environnementaux.

Pas assez de données pour la fréquences des 3,5 GHz

À lire aussi
L'application Airbnb Connecté
Airbnb lance de nouvelles mesures pour prévenir les fêtes non autorisées

Les détracteurs de la 5G craignent que la multiplication des antennes, et des usages qui en découlent, augmente l'exposition des populations aux ondes et génère des troubles sanitaires (cancers, baisse de la fertilité, insomnie, grande fatigue, maux de tête) et cognitifs (problèmes d'apprentissage des enfants, troubles psychosociaux, etc.). Les défenseurs de l'environnement redoutent également un impact sur la biodiversité et pointent un risque d'épuisement des ressources non renouvelables, de destruction des sols et de pollution de l'eau.

Comme l'a rappelé l'expert de l'Anses devant les sénateurs mercredi, il n'est pas encore prouvé que la 5G est dangereuse pour la santé. Mais nous n'avons pas non plus la preuve qu'elle ne l'est pas car les données scientifiques manquent à travers le monde. 

La 5G s'appuiera sur différentes fréquences pour fonctionner. Les premières offres seront lancées sur les fréquences allant jusqu'à 2,4 GHz déjà utilisées pour la 4G, dont l'utilisation ne pose pas de problème sanitaire. Puis la bande 3,5 GHz sera utilisée pour couvrir les zones géographiques étendues. Et la bande 26 GHz, utilisée par les stations météo, entrera en scène pour faire communiquer les objets connectés dans les prochaines années. 

Les scientifiques n'ont pas mis en évidence de risque lié à l'utilisation des fréquences utilisées pour la 4G et pour la bande de 26 GHz. Mais un flou entoure encore celle des 3,5 GHz. Dans un rapport préliminaire publié en début d'année, l'Anses pointait "le manque important" et "l'absence de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels liés aux fréquences autour de 3,5 GHz" et demandait des informations aux industriels pour "mieux anticiper les risques éventuels pour les populations".

Les évaluations n'en sont qu'à leur début

"Dans la bande des 3,5 GHz, la situation est très contrastée. On a beaucoup de données qui correspondent jusqu’à environ 2,5 GHz. À 3,5 GHz on n’a rien parce qu’on a eu très peu de déploiement dans cette bande-là. Les ondes interagissent très différemment avec le vivant selon les longueurs d’onde", a expliqué Olivier Merckel au Sénat mercredi, dans des propos rapportés par Frandroid. Selon lui, seules les premières mesures pourront confirmer une absence de risque. Mais les résultats seront connus quelques mois après le lancement des premiers réseaux commerciaux 5G.

Pour les industriels, la bande des 3,5 GHz ne posera pas de problème. En extrapolant les données connues pour "les bandes de fréquences très proches de la 2G, 3G et 4G", le secrétaire général d'Orange et président de la Fédération des télécoms a estimé mercredi au Sénat que "leurs comportements d'absorption par le corps humain sont tout à fait comparables". De son côté, l'OMS rappelle sur son site qu"à ce jour, et après de nombreuses recherches, aucun effet néfaste sur la santé n'a été mis en évidence avec l'exposition aux technologies sans fil".

Pour faire face aux critiques, le gouvernement a lancé fin juin une mission d'évaluation des risques sanitaires de la 5G. Les résultats sont attendus pour cet automne. Mais il ne devrait pas déroger, sauf revirement inattendu, à son calendrier de déploiement avec l'attribution des fréquences aux enchères dès la rentrée.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Connecté La 5G Santé
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants