1 min de lecture Arnaud Montebourg

Florange : un camouflet pour Arnaud Montebourg ?

Le compromis trouvé sur Florange par Jean-Marc Ayrault avec ArcelorMittal isole le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui se faisait le promoteur d'une nationalisation ou d'une reprise en main du site par un autre investisseur. La présence de l'intéressé au gouvernement est-elle du coup menacée ? Comment faut-il interpréter l'arbitrage de Matignon ? Les solutions défendues par Arnaud Montebourg étaient-elles réellement fiables ?

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La rédaction de RTL Journalistes RTL

Ni reprise, ni nationalisation

C'est le dénouement d'un bras de fer qui opposait le gouvernement à ArcelorMittal depuis plusieurs mois. Le groupe accepte d'investir 180 millions d'euros sur cinq ans, de maintenir en état de fonctionnement les hauts fourneaux s'ils doivent être utilisés plus tard dans le cadre du projet européen de captage de CO2 Ulcos, et d'opérer au fil de l'eau des réductions d'effectifs parmi les 629 salariés en jeu, mais sans licenciements secs.
 
Politiquement, cette issue devrait avoir un goût amer pour Arnaud Montebourg, trublion du gouvernement et favorable soit à l'arrivée d'un repreneur, soit à une nationalisation temporaire du site. Mais il n'a pas su faire pencher complètement en sa faveur l'arbitrage de Matignon. Il est d'ailleurs resté silencieux depuis l'annonce.
  
Chargé du Redressement productif, il a trouvé à Florange un symbole pour son action : une industrie historique à la splendeur fanée (la sidérurgie et les hauts fourneaux), un bassin d'emploi en difficultés et une incarnation presque parfaite du capitalisme transnational dont le ministre dénonce les méfaits, ArcelorMittal. Mais Arnaud Montebourg, qui exaspère parfois jusque dans son camp à cause de ses coups d'éclat, s'est retrouvé isolé dans le gouvernement malgré le succès de sa proposition de nationalisation temporaire qui a rallié de nombreux soutiens sur presque tout l'échiquier politique.
 
Un ministre désavoué ?

Selon une source proche de Matignon, Jean-Marc Ayrault a critiqué le travail de son ministre, disant qu'il n'y avait pas de repreneur "crédible". Ce n'était "pas solide" et "pas bordé", insiste-t-on du côté de Matignon, alors que l'intéressé annonçait depuis plusieurs jours avoir trouvé un repreneur potentiel, prêt à injecter 400 millions d'euros. "Absurde de discréditer son ministre", a pesté sur le réseau social Twitter la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann. "Montebourg désavoué par Ayrault", a réagi par le même biais l'ancienne ministre UMP Nadine Morano.
  
Du côté du gouvernement, il sera toujours possible d'argumenter que le travail d'Arnaud Montebourg, ses bruyantes sorties et son activisme ont été utiles pour faire plier Lakshmi Mittal. Un jeu de rôle prémédité donc, que certains, dans l'entourage de l'Elysée, revendiquaient vendredi soir. Reste à savoir si Arnaud Montebourg en avait été averti...

(avec AFP)

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