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Florange : malgré l'accord conclu par le gouvernement, les syndicats s'estiment "trahis"

Pas de plan social, 180 millions d'euros investis en cinq ans et l'entretien des hauts fourneaux, malgré leur maintien à l'arrêt : l'accord conclu entre le groupe ArcelorMittal et le gouvernement vendredi soir pour la survie du site industriel sidérurgique de Florange ne satisfait pas les syndicats, qui espéraient une nationalisaion. "Trahison", "poudre aux yeux", les mots sont forts et illustrent l'absence totale de confiance que les salariés manifestent envers leur employeur, l'Indien Lakshmi Mittal.

Des syndicalistes d'ArcelorMittal à Florange
Des syndicalistes d'ArcelorMittal à Florange Crédit : AFP / J-C.Verhaegen
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La rédaction de RTL Journalistes RTL

"On pourrait être le cauchemar de ce gouvernement"

Sur place, les syndicats ont accueilli froidement les annonces du gouvernement, la CFDT jugeant même que les salariés étaient "une nouvelle fois trahis" et exigeant une réunion tripartite entre gouvernement, syndicats et direction. "Nous avons été le cauchemar de Nicolas Sarkozy, on pourrait être celui de ce gouvernement", a menacé vendredi son représentant Edouard Martin. "Les rénovations et les investissements, c'est maintenant que nous les voulons, pas dans cinq ans. Nous exigeons que les travaux de rénovation démarrent tout de suite".
  
Le responsable de la fédération de la métallurgie de Force Ouvrière Frédéric Souillot s'est lui déclaré "satisfait" de l'accord conclu, mais il a toutefois redouté de la "poudre aux yeux", signe que les salariés n'ont plus aucune confiance dans leur employeur.

L'Elysée "garde le revolver sur la table"

L'exécutif reste également sur le qui-vive. "Les moyens de pression ne disparaissent pas avec l'annonce de ce vendredi soir", a prévenu l'Elysée. "Si Mittal se comportait comme un homme qui ne respecte pas sa parole, il y a des moyens de pression. On garde le revolver sur la table". Même son de cloche du côté du ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, qui a assuré que le gouvernement suivra avec "vigilance" le respect des engagements

Lakshmi Mittal

La parole de Lakshmi Mittal, la voici : pas de plan social sur le site, et 180 millions d'euros investis en cinq ans dans le site. Le site de Florange emploie 2.700 personnes, dont 629 étaient concernées par une possible fermeture. Matignon a toutefois précisé qu'il y aurait cependant des suppressions de postes induites par les départs à la retraite, qui se feront "au fur et à mesure" mais a assuré qu'il n'y aura ni licenciements, ni mobilités forcées.

Le gouvernement a donc renoncé à l'hypothèse d'une nationalisation du site, un temps envisagée. Celle d'un repreneur n'était pas non plus crédible, malgré les déclarations du ministre du Redressement poductif Arnaud Montebourg, qui avait assuré le contraire. "Une chose me laisse extrêmement interrogatif, que le Premier ministre n'ait pas évoqué de repreneur alors que M. Montebourg avait assuré qu'il y en avait un", a d'ailleurs réagi le secrétaire général de la fédération CFDT de la métallurgie Dominique Gillier. "Je ne comprends pas une telle contradiction entre Bercy et Matignon".
  
L'avenir du site passe par Ulcos

ArcelorMital, qui souhaitait fermer la filière chaude (production d'acier brut, comprenant les hauts-fourneaux), s'est également engagé à "maintenir les hauts-fourneaux" de Florange "en l'état" dans l'attente de la réalisation d'un projet européen de captage et de stockage de CO2, baptisé Ulcos, a expliqué le Premier ministre.

Ulcos (Ultra-Low Carbon Dioxide Steelmaking), proposé pour un des hauts-fourneaux de Florange, est un prototype de captage stockage du CO2 qui doit permettre de réduire considérablement la pollution de l'air par la fabrication de l'acier. Ce projet, dans lequel l'Etat pourrait augmenter sa participation, est en attente de financements européens prévus d'ici fin décembre.

Le site industriel d'ArcelorMittal à Florange

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