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Prostitution : faut-il envoyer les clients en prison ?

Après avoir longtemps divisé la classe politique, le sujet semble faire aujourd'hui consensus. Les députés relancent ce mardi le débat sur la prostitution, entre partisans de sa disparition totale et défenseurs d'un encadrement, en se prononçant sur une résolution sur l'abolition. Le texte est présenté par la députée PS Danielle Bousquet, qui a présidé une mission d'information parlementaire sur la prostitution en France, le député UMP Guy Geoffroy, rapporteur de la mission, et tous les présidents de groupes à l'Assemblée nationale. Une étape symbolique avant un projet de loi plus concret qui cible directement les clients des prostituées. Est-ce vraiment la fin annoncée du plus vieux métier du monde ? L'Assemblée a en tout cas voté à main levée, en fin d'après-midi, en faveur d'une résolution réaffirmant "la position abolitionniste de la France" en matière de prostitution. Le vote sur le projet de loi devrait suivre dans la soirée.

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La rédaction numérique de RTL
et Georges Brenier

Le "plus vieux métier du monde" n'est pas une fatalité

Cette résolution, qui "réaffirme la position abolitionniste de la France en matière de prostitution" vise à "battre en brèche les idées reçues qui laissent à croire que sous-prétexte que la prostitution serait 'le plus vieux métier du monde', elle est une fatalité", expliquent les auteurs.

Le texte précise que les principes abolitionnistes, adoptés par la France en 1960, "doivent être proclamés haut et fort à une époque où la prostitution semble se banaliser en Europe".

Dans la foulée du vote, sera déposée une proposition de loi pour inscrire dans le code pénal "ce qui dans la résolution relève du domaine législatif", comme la pénalisation des clients. Guy Geoffroy préfère parler de "responsabilisation" pour rappeler "que neuf personnes prostituées sur dix sont victimes de la traite des êtres humains".

La pénalisation du client, principale piste à l'étude

Actuellement, recourir à une personne prostituée n'est pas un délit. Mais la mission parlementaire, s'inspirant de la Suède qui sanctionne les clients depuis 1999, a conclu au printemps que la pénalisation du client constituait "la meilleure piste pour voir diminuer la prostitution en France, là où tous les pays qui ont réglementé cette activité l'ont vu augmenter".

Act-Up et Aides, réunis avec le Syndicat des travailleurs du sexe (Strass) et quatorze associations au sein du Collectif "Droits et prostitution" partagent ce constat, affirmant que face à la réduction du nombre de leurs clients, les prostituées seraient contraintes d'accepter des rapports non protégés.

Plus de droits pour les prostituées ?

Le Strass, qui distingue la prostitution librement consentie et la traite des être humains par des réseaux mafieux - qu'il dénonce-, demande plutôtde "véritables droits" pour les prostituées.

Environ 20.000 personnes se prostituent en France, selon diverses estimations. Yves Charpenel, avocat général à la Cour de cassation et président de la Fondation Scelles, la plus importante association de lutte contre la traite d'êtres humains en Europe, était l'invité d'Yves Calvi mardi matin.

Le statut de la prostitution en Europe





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