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Espagne : l'avortement quasiment interdit par la droite

DÉCRYPTAGE - Le gouvernement espagnol a adopté une loi visant à restreindre drastiquement les conditions d'avortement dans le pays.

Une manifestation anti-avortement à Madrid, le 17 novembre 2013.
Une manifestation anti-avortement à Madrid, le 17 novembre 2013. Crédit : PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP
Raphaël Bosse-Platière
Raphaël Bosse-Platière
et AFP

Promesse de campagne en 2011 du conservateur espagnol Mariano Rajoy, le projet de loi supprimant quasiment le droit à l'avortement a été approuvé vendredi par le gouvernement. L'Espagne devient ainsi l'un des pays européens les plus restrictifs dans ce domaine.

La précédente loi était, avec le mariage homosexuel, l'une des réformes phares de l'ex-gouvernement socialiste. Le projet prévoit d'annuler de fait la loi de 2010, qui autorisait l'avortement jusqu'à 14 semaines, voire jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du fœtus.

A titre de comparaison, en France le délai légal d'avortement est fixé "à la fin de la 12e semaine de grossesse, soit 14 semaines après le 1er jour des dernières règles", précise le nouveau site gouvernemental dédié à ce sujet.

Des conditions hyper-restrictives

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Après l'adoption de ce nouveau texte, les pratiques espagnoles vont se rapprocher de celles en vigueur entre 1985 et 2010. Si "la femme [enceinte] n'est l'objet d'aucun reproche pénal", a précisé le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon, les conditions pour avorter seront drastiques.

L'interruption de grossesse devra désormais être "nécessaire en raison d'un grave danger pour la vie ou la santé physique et psychologique de la femme", a expliqué le garde des Sceaux espagnol à l'issue du Conseil des ministres. La deuxième solution pourra être d'invoquer le fait que "la grossesse soit une conséquence d'un délit contre la liberté ou l'intégrité sexuelle de la femme", autrement dit un viol.

Un retour "30 ans en arrière"

La numéro deux du Parti socialiste (PSOE), Elena Valenciano, a dénoncé "un retour en arrière intolérable", appelant les députées de droite à s'y opposer. "Nous n'allons pas revenir 30 ans en arrière", a-t-elle déclaré, accusant Mariano Rajoy d'avoir cédé "à l'aile dure de son parti et à la Conférence épiscopale".

Pour l'ancienne ministre de l’Égalité, Soledad Murillo, "l'extrême droite et le national-catholicisme ont gagné la bataille", confiait-elle dans les colonnes d'El Pais, qui qualifie la nouvelle loi de "plus restrictive depuis le retour de la démocratie" sur son site internet.
 
Environ 2.000 personnes ont manifesté jeudi soir devant le ministère de la Justice aux cris de "Gallardon démission" et "liberté pour mon corps". Sur les réseaux sociaux, plusieurs manifestants ont critiqué une répression policière. C'est notamment le cas de Jaime Alekos, un journaliste indépendant qui a mis une vidéo en ligne sur YouTube.

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